05.10.2007
Les Experts (épisode 4)
De Valcenciennes au Mohave...
Maroilles, qui semblait hors de lui, c’est à dire à l’endroit qu’il détestait le plus, se planta comme une sorte de baobab non exotique en plein milieu de la salle de pause.
Bruno faisait voyager sa touillette dans un gobelet en plastique, maquillé comme une animatrice de jeux télés au couleur de noël – alors que c’était le début du mois d’avril – et chuchotait dans l’oreille de Zorba-Zorba, qui hochait la tête d’un air entendu, un sourire extasié déformant son visage émacié.Josy semblait quant à elle en plein songe éveillé. Affalée sur une chaise en plastique, les pieds sur une table basse verte à rayures grises, en équilibre, penché en arrière.
Lorsque Maroilles fit résonner son ordre dans la salle de pause, les épaules de Bruno s’élevèrent, projetant le gobelet, rempli de cappuccino (ou seulement de mousse improbable de cappuccino), dans les airs.
Josy, quant à elle ne fit pas le moindre mouvement.
Dans le silence, le gobelet retomba sur le sol, sans que la mousse toxique ne se répande hors du contenant.
« La fausse rousse, dans mon bureau ».
En soupirant légèrement, elle reposa les deux pieds avant de la chaise sur le sol et se leva lentement, sans trembler, sans nervosité.
Zorba-Zorba et Bruno se regardèrent, surpris, puis échangèrent un sourire attendri et complice.
Elle regarda Maroilles, droit dans les yeux : « je te suis », répondit-elle, sans se départir de son calme.
Désormais seul avec Josy, Maroilles laissa échapper la mousse de son ressentiment :
- Je sais à quoi tu joues !, commença-t-il.
- Et à quoi je joue…
- Tu conjures !
- Je ne suis pas une fausse rousse !
- Pardon ?
- Je ne suis pas une fausse rousse !
- Seul le commissaire peut le dire…moi je parie que tu n’en es pas une vraie.
- Et tu parierais quoi là dessus ?
- Ce que tu veux brunette !
- La direction des opérations, par exemple ?
- Pourquoi pas, ce sera toujours ça que tu n’auras pas obtenu à la force du maxillaire ! Si je gagne, je veux que tu te débrouilles pour me faire une copie de la clé de casier de Simone.
- Ok ! ça marche ! Comme si je ne connaissais la couleur de mes poils de chatte…
- Bon sang ce que t’es vulgaire !
- Faut que tu t’y fasses, Maroilles, c’est comme ça que je me fais…l’important, ce n’est pas ce qui sort de ma bouche mais ce qui en…
- Stop ! On s’arrête là !
- Purée, t’as un problème toi ! Bon, on le fait maintenant ? Et n’en profite pas pour te rincer l’œil…
- Et je fais comment sans me rincer l’œil…
- Et bien tu regardes mais tu ne contemples pas…si je perçois la moindre excroissance suspecte à la surface de ton pantalon, le marché est caduque.
- Pas de risque, j’aime pas les brunes !
Sans hâte, Rosy releva les deux cotés de sa jupe, laissant deviner une culotte sans artifice, blanche, sans doute 100 % coton, bienheureusement immaculée. Toujours animé par le même souci de lenteur lascive, elle glissa ses deux pouces opposables entre le tissu du sous-vêtement et l’épiderme de ses hanches, et entreprit de dévoiler à Maroilles l’authenticité colorée de sa pilosité féminine.
Son pubis était soigné, proprement épilé, sans excès. La toison était encore plus rousse que la chevelure.
- Content ?, demanda-t-elle.
- Hum !, grommela-t-il…juste une chose qui m’intrigue, Josy…
Il fouilla dans la poche de sa veste et en extirpa une boite de coloration capillaire de brune à rousse.
- Je n’aime pas les tricheuses.
- Et tu m’as laissé faire, et baisser ma…, où tu as trouvé…
- Je veux la clé avant 18h00, ce soir, démerde-toi comme tu peux.
Josy honora sa dette et transmit un double de clé à Maroilles vers 17h40.
Elle ne souffla aucune parole et s’éloigna en haussant les épaules…ce ne serait sans doute ni la première ni la dernière fois qu’elle tromperait un amant.
Maroilles se dirigea vers la salle des casiers. Celui du commissaire était d’une couleur différente. Orange comme les pseudo-révolutionnaires ukrainiens pilotés par la CIA. Orange comme le Modem Bayrou-iste.
La clé s’enfonça sans accroc dans la serrure et le loquet céda sans plus de cérémonie. Le casier ne comportait somme toute que peu de choses. Une blouse en latex, un lapin en mousse, avec un coté récurrent (pour faire la vaisselle). Plus intéressant, comme l’avait pressenti Maroilles, une clé de la chambre 213 de l’hôtel casino MGM Grand de Las Vegas. Une photo de Simone, souriant de toutes ses dents, appuyé sur une croix en bois, planté dans le sol ; photo qui semblait avoir été prise en plein milieu du désert Mohave…
Nono allait être content. Finalement, ils allaient l’avoir, leur part du gâteau américain.
(Fondu noir. Les premiers riffs du titre « Who Are You » se font entendre, tandis que l’ensemble des rangées de néon du local d’experts explose en tous sens)…
Désolé de créer une autre note, mais, ça ne marchait pas en commentaire.
Sais pas pourquoi...
Télétubs
10:35 Publié dans Observatoire des séries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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