31.12.2007

Bonne lentille 2008

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28.12.2007

Oscar Peterson ne swingue plus ici-bas



Je voulais déposer ici un hommage à un aimable géant du jazz, Oscar Peterson,
mort le 23 décembre dernier à 82 ans.

Le voici ici dans un "Soft Winds" de belle venue, avec son trio et Joe Pass à la guitare.

Peterson était une sorte de bon géant,
par la taille,
par l’embonpoint,
par la bonhomie communicative,
par la technicité impeccable de son jeu,
par la discographie pléthorique,
par le très grand nombre de concerts donnés au quatre coins du monde,
et par la liste sans fin des jazzmen&women avec lesquels il a joué un jour ou l’autre

Oscar Peterson était un musicien virtuose, plein de brio,
dont le style s'harmonisait très bien avec toutes sortes d'autres styles.

A mon avis, il a ainsi mis de côté l'élaboration d'un style personnel et original,
faisant l'économie d'une certaine exigence...

Mais c’est un musicien qui a su, tel un Michel Petrucciani,
séduire de très nombreux auditeur indifférents au jazz par ailleurs.


DoodooroodoodooorrrroowooohOOOO!

Petite histoire d'un grand patron voleur

 

Il était une fois une grande chaîne d’hypermarchés, dirigée par un grand groupe français.

Comme le pouvoir d’achat des français fait qu’ils peuvent s’acheter bien plus d’écrans plats qu’il y a 3 ans mais beaucoup moins de baguettes de pain sans compter qu’il va falloir économiser pour le chauffage au gaz, le grand groupe français s’est rendu compte que la croissance de leurs bénéfices montait moins vite que si c’était mieux. Sans même parler des lieux de perdition de la consommation dans lesquels se ruent ces français radins que sont les ChefsPrix de tous ordres.

Il y a quelques mois, les services de l’Inspection du Travail se sont aperçu que ce grand groupe comprenait le temps de pause dans le salaire alors qu’il est donné en plus du temps effectif de travail – je vous passe l’analyse juridique – et que donc bref, le taux horaire du SMIC – de 8 euros 27 centimes bruts de l’heure – n’était pas respecté.

Comme on n’est pas méchants dans la profession, l’Inspection du Travail a tout d’abord essayé d’expliquer au grand groupe que non non, on ne pouvait pas faire comme ça, malgré les arguties tirés d’un accord, et que le groupe avançaient, en tentant d’embrouiller tout le monde.

Le ministère a été saisi et a confirmé la position de l’Inspection du Travail, les salariés des hypermarchés du groupe ne sont pas payés au taux du SMIC, lorsqu’ils font partie des catégories payées au lance pierre.

Mais voilà le grand groupe n’allait pas baisser culotte comme ça. Donc des PV ont été mis dans deux régions particulièrement, PV étayés et diffusés nationalement au sein des services de l’Inspection. Les PV sont au Parquet des Tribunaux depuis 6 mois, on attend l’audiencement.

Il y a quelques temps, des représentants du personnel ont saisi les services de l’Inspection du Travail. Ils n’y comprennent que pouic aux feuilles de paie mais surtout à la correspondance avec les heures de la pointeuse.

L’Inspecteur se déplace et rencontre les chefs de l’hyper en question, l’expert comptable étant présent.

Il demande à voir les extractions des pointages.

Déjà, mais que c’est mesquin ont du penser les responsables de l’hyper, l’Inspecteur fait remarquer que les pointages pour les heures de nuit s’arrêtent à 23 h 59 et reprennent à 0 h 01. Donc 2 minutes sont volées aux salariés travaillant aux alentours de minuit. Pffff disent les responsables, mais non, ça se saurait et puis les salariés s’en seraient aperçu !! D’accord dit l’Inspecteur, prenons un exemple. Et, à deux avec l’expert comptable, ils prennent l’exemple d’un salarié, calcule d’après ses pointages la correspondance avec le salaire. A deux, ils ont mis un quart d’heure. Il faut en effet distinguer les minutes travaillées suivant les créneaux horaires différents car elles ne sont pas payées au même taux et surtout, surtout, si les minutes travaillées figurent en tant que telles sur les relevés de pointage, sur le bulletin de salaire, elles figurent … en centièmes d’heures …

Résultat de cette analyse, le système de pointage vole 2 mn par nuit aux salariés concernés.

Il faut savoir que le système de pointage du groupe est national, il est le même dans tous les hyper du groupe.

Pas de petites économies …

Mais l’Inspecteur ira de surprises en surprises.

Des tonnes et des tonnes de pointage sont « corrigés ».

Le responsable explique qu’ils sont corrigés pour des causes précises, par exemple, oubli de pointage ou erreur bref, mais chaque fois les régularisations sont signées et approuvées par le salarié, il ne peut pas les montrer tout de suite parce que c’est rangé mais il les enverra.

L’Inspecteur rentre au bureau avec ses kilos d’extraction de 6 mois de pointage.

Il commence par examiner les corrections de pointage échappant aux raisons données par le responsable, cad les pointages normaux, pairs (autant d’entrées que de sorties). Il en trouve environ 450. 450 qui donc n’ont aucune justification, ni aucune régularisation approuvée par le salarié bien sur. Sur les 450, il met en évidence 120 « régularisations » non justifiées dépassant 20 mn supprimées aux horaires du salarié.

Par ailleurs, il liste et liste des tableaux avec des régularisations qui auraient du avoir des signatures de salarié mais n’en ont pas, il remplit 16 pages. Certains salariés ont par exemple un pointage à 5 heures 30, et la « régularisation » indique 10 h 01 puis sortie à 11 h 23 et voilà, certaines « régularisations » font revenir le salarié en plein après midi pour travailler 5 mn entre 15 h et 15 h 05, bref …

L’Inspecteur me raconte qu’il a vu des instructions internes interdisant aux « managers » - c’est le nom moderne des chefs de rayon – de faire faire des heures supplémentaires – enfin, d’en faire payer plus exactement.

Donc l’Inspecteur s’apprête à verbaliser les responsables de l’hyper pour le délit de travail dissimulé par dissimulation d’heures – ce qui est une forme de travail illégal.

Mais là, il vient de recevoir les rares misérables justificatifs signés par les salariés.

Il s’avère qu’il y a des salariés qui ont une signature évolutive, d’une façon difficilement explicable.

Alors l’Inspecteur, en soupirant, envisage d’ajouter un délit d’obstacle à ses fonctions, ils se foutent vraiment du monde, il me dit.

Audine

25.12.2007

Voiles, Plumes, Bulles

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 (enfin "Voiles Plumes Bulles" ou comme dirait le copain de ma fille "Elle Ouvre les Volets et ça Fait s'Envoler l'Oiseau", faut dire que le truc le plus pervers qu'il fait, c'est regarder avec ma fille la série des Columbo (il a bientôt toute la collec des dvd) (y a quelque chose comme 13 saisons), l'hiver, parce qu'autrement, c'est la pêche à la dorade sur le pont de Sète. Là pour Noël, il est tout content, il a eu les Fantômas, avec De Funes, son second Héros. Je précise qu'il a 25 ans.)

(je me sens punk avec lui dans l'appart.)

23.12.2007

JOYEUX NOEL

Joyeux Noël à tous!!!! ...Et n'oubliez jamais de chuchoter, de dire, de crier, de hurler aux personnes qui vous sont chères, que vous les aimez!!... Rackham.

Le Noël des uns et le Noël des autres

21.12.2007

Trop de mauvaise musique tue la musique...

Je ne serai peut-être pas trop disponible en ces temps de noël; entre célébrations chrétiennes et familiales, alors, je prends quelque temps pour vous souhaiter à tous, en toute sincérité...de joyeuses fêtes et le plein d'espérance.

@ Doudourou - ça se passe commentaires.

@ Grazie - déclaration d'amour déjà faite.

@ Beabab - aussi.

@ herbie - les lions ne bouffent pas toujours les canards.

@ Duga - mes respects et "mon" respect

@ Rackam - t'arrête de faire ta mauvaise tête ?

@ Audine - bon, toi tu sais...

@ tous les autres.
et
même @ GDS (prends le temps d'aller jusque la fin de la vidéo; la fin est une merveille, elle est là l'espérance, dans le souffle d'un saxophone).




Tivitioub

Petit point quant au travail illégal et à son contrôle

 

Ed me relance sur « la chasse aux travailleurs étrangers » et l’attitude des services de contrôle et de l’Inspection du Travail en particulier.

Ca risque d’être un peu didactique, accrochez vos ceintures.

Vous vous souvenez peut être de la définition du travail illégal. Le travail illégal est une notion exposée à l’article L 325-1 du code du travail, qui regroupe les qualifications juridiques de :

-          travail dissimulé (soit en dissimulant une activité – par ex une boite non immatriculée au registre du commerce – soit en dissimulant des salariés – par ex on ne leur donne pas de bulletin de salaire et on ne verse pas de cotis pour la sécu et leur retraite soit encore en dissimulant un nombre d’heures – par exemple on prend un serveur pour l’été à mi temps et il fait 60 heures, seul le mi temps figure sur le bulletin de salaire, et il perçoit (ou pas …) un complément en espèces)

-          le prêt de main d’œuvre alors qu’on n’est pas une boite d’intérim et que ce prêt est à but lucratif

-          le marchandage parce qu’en plus de ce prêt de main d’œuvre, il y a préjudice pour les salariés prêtés (qui du coup, ne bénéficient pas des avantages de la convention collective de la boite qui les utilise par exemple)

-          fraude aux allocations chômage

-          emploi d’un travailleur étranger sans titre de travail

Lorsque le décret du 31 mai 2007 définissant les missions du ministère Hortefeux est paru en précisant dans les missions qu’il est chargé  « en liaison avec le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales et le ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité, de la lutte contre le travail illégal des étrangers», cette mission avait soulevé une forte contestation et pour cause.

D’une part le travail illégal est un ensemble d’infractions – hormis la fraude aux allocations chômage –  dont le responsable pénal est l’employeur et lui seul, d’autre part mettre l’accent sur le « travail illégal des étrangers » est discriminatoire, d’autant qu’il est très marginal, que l’on considère le travail illégal du point de vue de l’employeur ou du point de vue du « salarié » cad de l’exploité. Enfin, le fait qu’Hortefeux ait cette mission « en liaison avec le ministre du travail » ne pouvait qu’inquiéter les services de l’Inspection du Travail.

En effet, seuls les inspecteurs du travail ont un droit d’entrée sur les lieux de travail. Leur refuser l’entrée des locaux est passible de la correctionnelle. J’avais en son temps expliqué pourquoi les services de la PAF (Police aux Frontières) ou même d’autres corps de contrôles étaient fort contents d’être accompagnés de l’Inspection du Travail, afin de leur servir « d’ouvre boite ». Ainsi un OPJ ne peut entrer dans des locaux de travail que s’il constate un flagrant délit, ce qui est quand même rare de constater de l’extérieur notamment en matière de travail dissimulé. La rédaction de cette mission d’Hortefeux pouvait donc induire que les services de l’Inspection du Travail soient à la disposition des autres corps de contrôle et en particulier de la PAF , afin que ceux-ci puissent aller contrôler les étrangers qu’ils rencontraient lors de ces contrôles … et opérer ainsi les reconduites à la frontière demandées dans leurs objectifs de travail.

C’est pourquoi le décret d’attribution avait fait l’objet d’une requête en Conseil d’Etat par 3 syndicats des services du ministère, requête en annulation pour excès de pouvoir.

Fin novembre, le Conseil d’Etat a rendu sa décision et a rejeté la requête. Cad qu’il n’a pas annulé le décret d’attribution et Hortefeux est bien chargé de la lutte contre le travail illégal des étrangers.

Mais comme le dit le Lamy dans un article du 26 novembre dernier (Semaine Sociale Lamy commentant l’arrêt du Conseil d’Etat du 14 novembre n° 307860), il s’agit d’une victoire (d’Hortefeux) à la Pyrrhus.

En effet, après avoir botté en touche en expliquant que l’inspection du travail est sous l’autorité du ministre du travail alors qu’il est juste mis à disposition d’Hortefeux, ce qui signe la garantie de préservation du statut des inspecteurs – garantie formulée par une convention internationale, tout de même – le Conseil d’Etat a élaboré toute un cadre pour cette mise à disposition, …  cadre qui va permettre largement à l’Inspection du Travail de trouver appui pour continuer à refuser le rôle de chasseur d’étrangers.

Ainsi le Conseil d’Etat assure que le décret « ne saurait avoir légalement pour effet de faire obstacle à l’exercice par les inspecteurs du travail de leurs fonctions principales au sens de l’article 3 de la convention n° 81 de l’Organisation Internationale du Travail, de priver ces derniers de la liberté que leur reconnaissent les stipulations de l’article 17 … ou d’affecter l’indépendance qui leur est garantie …  » et suit une liste de tout ce que le ministre Hortefeux devra respecter dans ses relations avec l’Inspection du Travail.

Pendant qu’on attendait la décision du Conseil d’Etat, le Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’Etat allait être saisi d’un projet de décret car, le ministère Hortefeux était créé sans personnel propre et donc l’adaptation du statut des personnels qui allaient servir ce Ministère était « nécessaire et urgente ». En clair, il fallait à Hortefeux la possibilité d’affecter du personnel à son ministère, et, notamment cités, les inspecteurs de l’Action Sanitaire et Sociale et … les Inspecteurs et Contrôleurs du Travail (si ça ne s’appelle pas être têtu …).

Je vous passe le suspens et vous indique tout de suite qu’une mobilisation expresse a permis que Xavier Bertrand fasse retirer cette partie là du décret.

Autre disposition en vigueur depuis le 11 mai : les employeurs souhaitant embaucher des salariés étrangers, doivent adresser une copie de leurs titres de travail à la Préfecture , qui doit leur répondre dans les deux jours pour leur préciser si c’est ok ou pas. En cas de non réponse de la Préfecture dans un délai de 48 h, l’employeur peut employer, il est dégagé de son obligation. Cette disposition a été mise en place pour éviter que l’employeur argue de son ignorance de la forme des papiers pour employer un étranger qui visiblement présente des faux papiers (bon j’ai déjà eu comme question : est ce qu’une carte vitale ça va comme preuve qu’il est en situation régulière ? parce que si on lui donne la sécu hein ??) (la réponse est non …). Gros succès : je me suis laissée dire que la Préfecture de Paris était confrontée à 20 % de faux papiers, ce à quoi visiblement ils ne s’attendaient pas (autant) mais d’après un autre collègue, c’est de l’intox.

Les employeurs peuvent se passer de faire ces démarches si le travailleur est inscrit à l’ANPE car, depuis juillet dernier, … l’ANPE doit accomplir exactement la même saisine de Préfecture.

Si bien que l’on peut considérer que l’étau se resserre pour les travailleurs étrangers en situation irrégulière. Autour de leurs exploiteurs aussi.

Ce qui laisse la place à un débat nourri sur : comment contrôle t on le travail illégal, jusqu’à quelles frontières, et en assumant (ou pas) quelles conséquences ?

En attendant, des agents de l’Inspection du Travail et de l’ANPE et autres services Emploi Formation ont formé un réseau semblable à RESF, et un blog a été créé, dont Ed avait rappelé les coordonnées :

http://refi.over-blog.org/

Discussion, débat et positions dans les commentaires ?

Audine

 

 

Deux derniers films à voir avant 2008

Deux films pour une même ambition celle de nous apporter un peu de bonheur en ce début de siècle où tout fout le camp !

Deux petites pépites à ne pas rater.

 

 

« La graine et le mulet » c’est la résignation d’un homme qui a consacré sa vie à un travail aliénant et une famille nombreuse qu’il a un jour quittée pour une autre .

C’est un homme qui se demande ce qu’il va laisser à cette même famille maintenant qu’il n’a plus de statut et que la fin est proche.

Il est silencieux Sliman, il observe mais ne dit rien son regard est pourtant affligé face à ses fils en qui il ne se reconnaît pas, il est las des difficultés de chacun, il est prêt à renoncer à ce projet complètement fou de retaper un vieux bateau en « restaurant de couscous de poissons »

Oui mais voilà cette spécialité c’est son ex-femme qui la prépare le mieux et l’argent n’est pas au rendez-vous pour faire du bateau un palace.

C’est sans compter sur la débrouille de son énergique belle-fille, et de sa famille qui à nouveau se soude autour du projet.

Les tensions s’apaisent le temps d’un soir, et la solidarité d’un clan laisse place à celles qu’ils ont jusque là maudite mais qui vont sauver une soirée qui aurait pu tourner au drame quand la semoule s’est envolée avec la frivolité maladive d’un fils malhonnête en amour.

Cette scène finale est superbe autour d’un ventre qui est le fantasme autant que le berceau de

L’homme.

 

 

Un endroit perdu, peu attrayant, des immeubles au milieu du désert et une fanfare de la police égyptienne perdue dans un pays hostile qui s’est trompé d’endroit et qui est coincée jusqu’au lendemain.

Le costume est impeccable, un peu désuet, la fierté nationale est aussi guindée que son dirigeant.

Les visites sont si rares dans ce bout du monde que Dina n’aura a cœur que d’accueillir au mieux ces hommes si mal à l’aise.

On parle en anglais, on évite la politique, tout le monde est polis et finalement les langues se délient, les histoires sont étrangement communes, des vies ni héroïque ni plus malheureuse que d’autres, le temps est passé et le bilan est bien triste.

La jeunesse elle se fait comprendre partout poussée par un même désir celui d’aimer, de séduire quel que soit l’endroit.

Alors quand un peu de détente est offerte à Dina elle serait bien à mal de la refuser.

Car le jour le lève vite et l’histoire sera promptement oubliée, juste une parenthèse dans cette monotonie.

 

Les deux films sont servis par des acteurs formidables, justes et tellement vrais, la mise en scène est remarquable et la caméra s’attarde sur des visages touchants.

19.12.2007

Un homme, une vie, et c'est fini......

 

 Un homme

 

Une vie, un  homme on peut parfois le résumer à ça « on ne peut réécrire l’histoire, il faut prendre la vie comme elle vient. Il faut tenir bon et prendre la vie comme elle vient »

Devant cette tombe quelques personnes dont l’affliction sont sincères et les autres qui font leur devoir, celui de fils qui jamais ne trouva le lien qui unit, conditionné par un divorce que jamais il ne digéra. Les ex épouses qui depuis longtemps déjà n’avait guère plus d’illusion sur les qualités intrinsèques de cet homme qu’elles avaient aimé et qui avait su se faire haïr par ses faiblesses autant que par ses petites lâchetés.

Une fille, sa fille celle pour qui il fut toujours « mon père ce héro » qui lui donna tant et ne reçu que peu sans jamais se plaindre, admirable fille qui fut son seul vrai bonheur, sa réussite mais qui n’eut pas la vie qu’elle méritait ce qui attisait son immense culpabilité.

Un homme c’est fait d’une vie qui souvent lui échappe, de plaisirs égoïstes et quelquefois de bravoure et de générosité.

C’est d’abords un enfant, celui de parents aimant et fidèle, un frère qui lui inspira admiration et respect, sentiments qui au seuil de sa vie se feront aigris par cette santé qui jamais ne l’a trahie, ce double tant contemplé dans l’enfance qui devient un homme vieux et insolent d’énergie quand lui se transforme en vieillard souffreteux.

Un mari rôle qui lui convint si peu que jamais il n’excella dans la pérennité du couple et finit, seul et couard «ce n’est pas une bataille, la vieillesse, c’est un  massacre »

Cet homme n’a pas de nom, c’est un mort parmi d’autre, c’est lui, c’est nous, c’est vous.

C’est le témoignage d’un auteur sur la fin qui rôde, la sincérité de ses craintes qui l’étouffent, la maladie qui toujours peu frapper avec douleur, au mieux elle ne dure pas au pire elle s’installe pour devenir votre présent.

 C’est l’absence de futur et ce terrible constat qu’une vie n’est rien quand elle a atteint son but en longévité, un jour vous êtes hors du temps, des gens et de l’amour. Le corps devient châtiment là ou il fut un jour plaisir, la transformation se subit et se cache, il ne reste que la résignation, celle de finir quand on ne peut plus devenir.

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