17.01.2008
La nausée
On avait déjà eu droit au discours de Latran soufflé par Gaino et Gallo : « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. J'assume pleinement le passé de la France et ce lien particulier qui a si longtemps uni notre nation à l'Eglise », où le mari de Carla Bruni n’avait pas hésité à évoquer les "souffrances" infligées au clergé par la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905 (expulsion des congrégations, querelle des inventaires). Pour lui l'interprétation aujourd'hui consensuelle de la loi de 1905 relève d'une « reconstruction rétrospective ». Il en avait alors profité pour balancer le concept fumeux de « laïcité positive », face à une laïcité « épuisée » et menacée par « le fanatisme », jugeant qu’il était dans l'intérêt de la République d'avoir « beaucoup d'hommes et de femmes » qui « croient » et qui « espèrent », le tout agrémenté de termes qui caressent toujours facilement les bigots dans le sens du poil : « morale », « valeurs », « transcendance », « sacrifices », blah blah blah.
Maintenant, à Ryad, c’est l'héritage « civilisateur » des religions et, carrément, les « racines religieuses » du monde qui sont exaltés : « Dans le fond de chaque civilisation, il y a quelque chose de religieux », « c'est peut-être dans le religieux que ce qu'il y a d'universel dans les civilisations est le plus fort ». Un vrai sermon on vous dit : « Dieu qui n'asservit pas l'homme mais qui le libère », « Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme », « Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes », Dieu, toujours Lui, dont le message, le Pauvre, a « souvent été dénaturé ».
Stop, basta, n’en jetez plus !
Cependant, passée la nausée, il ne faudrait pas trop s’étonner de tels propos.
Rappelons-nous qu’en plein débat sur les signes religieux à l’école publique, le pote à Bolloré était pour « réaménager » ou « moderniser », je ne me rappelle plus du terme, la trop fameuse loi de 1905. Idéologiquement, le nabot de Neuilly se place dans une continuité, celle de la Droite Libérale (d’où viennent aussi Raffarin et de gros poissons de l’UMP), DL farouchement anti-laïque au début du XXème siècle. Le cynisme c’est qu’ils ont mené en 2003 LEUR croisade pour la laïcité, mais une laïcité détournée en nationalisme foireux et méfiance vis-à-vis des musulmans (et qui en passant a servi à quelque peu éclipser le débat sur les retraites). Et s’ils avaient pu de surcroît retoucher la loi de 1905, ils ne se seraient pas gênés. Mais c’était encore un peu trop tôt, et pour cela il fallait les pleins pouvoirs. Aujourd’hui l’ex de Cécilia les a, et comment.
Mais je voudrais également en profiter pour rappeler autre chose : que plus de trente ans avant 1905, un gouvernement français avait déjà décrété, de manière on ne peut plus tranchée, la séparation de l’Eglise et l’Etat. Eh oui, on l’oublie trop souvent, mais la loi de 1905 a volé la vedette au texte du PREMIER décret pris, et voté A L'UNANIMITE, par la Commune de Paris en 1871.
Ce texte, le voici :
- 2 avril 1871 -
La Commune de Paris
Considérant que le premier des principes de la République française est la liberté
Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés
Considérant que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la Liberté
DECRETE
Article 1 : L'Eglise est séparée de l'Etat.
Article 2 : Le budget des cultes est supprimé
Article 3 : Les biens dits de mainmorte, appartenant aux congrégations religieuses, sont déclarés propriété nationale.
Article 4 : Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les mettre à la disposition de la nation.
Bien entendu ce texte, comme d’autres et plus généralement beaucoup de ce qui a trait à la Commune, a été patiemment escamoté des mémoires. C’est que les motivations de l’adoption de textes qui vont pourtant dans le même sens sont bien différentes. La Commune est clairement internationaliste, par exemple. De ses représentants, plusieurs sont étrangers (allemands, polonais) et si elle supprime les insignes religieux et les prières à l’école publique, elle ne vise aucune communauté en particulier. Encore moins de visée ethnique implicite. On connaît la fin de la Commune et la répression dont elle fit l’objet.
En 1905 le contexte est différent. Sous la pression de l’opinion publique, la IIIe République a déjà laïcisé nombre d’hôpitaux, hospices et cimetières, l’Affaire Dreyfus est passée par là et l’Eglise catholique, à travers sa presse et par la voix de certains de ses prêtres, s’y est distinguée par ses prises de position ignobles. Je ne souhaite pas refaire "l’Affaire" mais je dis simplement que la séparation de l’Eglise et de l’Etat devait se faire, c’était certainement pas complètement "dans l’air du temps", mais c’était une concession minimum à faire d’un côté par la classe dirigeante (en mutation), pour resserrer de l’autre. C’est comme, je l'ai déjà dit, quand on nous ressasse que Mitterrand, dans son Infinie Bonté, a aboli la peine de mort. Là encore, même si l’opinion restait certes divisée sur le sujet, c’était plus ou moins inéluctable, ce serait le contraire, qu’elle n’ait pas été abolie, qui aurait été étonnant.
Bref, comme on va reparler de laïcité ces jours-ci (vous allez voir qu'on va nous marteler qu'il n'est pas question, pour l'instant, d'y toucher, qu'elle est "sacrée", etc.), je souhaitais replacer tout cela dans une perspective historique et essayer de montrer à quel point l'héritier de Pasqua, baptisé catho et trimbalé d’école privée du XVIIème en école privée à Neuilly-sur-Seine, a de la suite dans les idées (même si je sais que vous n'en doutiez pas) et comment, entre mise en scène people et annonces populistes non suivies d'effets, rien, dans tout cela, n'est laissé au hasard.
En effet, la contradiction n'est qu'apparente entre d'une part l'exaltation des valeurs chrétiennes qui participe de cet alignement stratégique et idéologique sur l'Amérique des néo-conservateurs dans leur croisade contre les "infidèles" (et à la pêche à ce qu'il reste de pétrole), et, d'autre part, la défense de la laïcité de 1905. C'est que cette défense de la laïcité "à la française" est, on l'a vu, nettement partisane en réalité. Car sur ce deuxième point il s'agit ni plus ni moins que d'un détournement de l'héritage révolutionnaire, de cette laïcité à la communarde qui n'était en aucun cas un slogan chauviniste, mais bien liée à l'image de l'Eglise catholique comme étant un des principaux soutiens institutionnels des forces réactionnaires et à l'idée que les intérêts de la classe ouvrière exigeaient que l'Eglise soit écartée des affaires de l'Etat ainsi que des écoles. Cette conception était intimement liée aux luttes sociales des dernières années du XIXème siècle, mais cela bien entendu (de même que tout ce qui a trait, au-delà du folklore, à mai 68) a été totalement effacé au profit de la stigmatisation des musulmans (et la création du CFCM n'est qu'une manière de plus de les contrôler), et plus généralement des arabes (entre autres), systématiquement confondus, justement, avec les musulmans.
Pas de doutes, l'actuel chanoine d'honneur de Saint-Jean-de-Latran s'y connaît en « reconstruction rétrospective ». Cette nouvelle variante de la laïcité, « positive », participe d'une vaste entreprise de reconstruction d'une "nouvelle" idée de l'identité dite nationale, qu'il voudrait commune. En notre nom. Contre notre gré. La nausée, décidemment.
Ed.
09:30 Publié dans ce monde-ci n'est qu'une vallée de larmes | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : petit jésus, sectes, on nous prend pour des cons, héritage révolutionnaire, luttes sociales




Commentaires
Moui...
Le problème des religions, de Sarko en particulier aussi, c'est que ceux qui n'y comprennent rien sont souvent ceux qui en parlent le plus...
Ecrit par : télétubs | 17.01.2008
explique-nous...
Ecrit par : edgar | 17.01.2008
Ben j'assie Ed, mais c'est long à expliquer ma position là-dessus, et puis j'ai un max de taff, mais promis, je m'expliquerai...
Je ne trouve pas cela si choquant les propos de Sarko mais leur but caché me semble plus dégueulasse...bon, j'essaie de prendre un peu de temps et je reviens...
Ecrit par : télétubs | 17.01.2008
ok, quand tu voudras/pourras bien sûr.
Ecrit par : edgar | 17.01.2008
Au stade où on en est, il est difficile de savoir si NS
- prépare l'opinion à une offensive de grande envergure contre la laïcité ou ses modalités d'application
_ ou bien si ça n'est qu'un effet d'aubaine, un opportunisme de plus qui consiste à être chrétien à Rome, musulman à Dubaï, juif à Jérusalem et boudhiste au Tibet et...athée à Pyon Yang, s'il y va.
- ou encore une tentative de rééquilibrage vis à vis du caractère trés païen de son comportement personnel ces derniers temps.
Ne chercherait t'il pas ausi à s'attirer les bonnes grâces du monde spirituel pour se payer une petite bénédiction relative à son futur mariage ?
A moins qu'il ne soit trop tard ? Auquel cas, il ne fait que "rendre la monnaie"
Cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant, mes petites remarques n'enlèvent rien à la dimension politique et à la portée historique de ton texte sur la notion de laïcité.
Duga
Le hic
Ecrit par : Duga | 17.01.2008
Ah oui, j'avais oublié de dire que bien évidemment derrière ces déplacements dans le golfe et les discours "civilisateurs", il y a des accords militaires, des centrales nucléaires et du pétrole.
Sarko était accompagné de Morin, Lagarde, Kouchner et des dirigeants de Total, Suez et Areva
Sarkozy aux Emirats: accords sur une base militaire française et sur le nucléaire
15/01/08 16:37:58
AFP
http://www.menstep.com/actualite-126051-golfe-france-diplomatie-defense-sarkozy-emirats-prev.html
Ecrit par : edgar | 17.01.2008
Bien dit, Ed.
Ma nausée avait déjà commencé à Dakar avec l'homme noir trop près de la nature pour avoir vraiment évolué, et se poursuit avec nos racines chrétiennes en passant par l'exigence de laïcité positive.
Ecrit par : Audine | 17.01.2008
Le problème avec Sarko, ce n’est pas tant le propos, que l’arrière propos. Souvent il énonce des évidences.
Par exemple, est-ce que les religions, dans l’histoire, ont eu un rôle civilisateur ?
Et bien cela, historiquement, c’est évident.
Que ce soit dans la Grèce ou la Rome Antique, en Palestine, dans toute l’Asie, partout dans le monde, cela ne peut se nier.
Aujourd’hui, les dix commandements de l’Ancien Testament nous semblent un peu dépassés (quoique…) mais tout ce qui est inscrit dans l’Exode, dans ce que l’on attribue à tort ou à raison à l’existence de Moïse constitue la base « juridique », législatrice de tout le peuple juif (et sans doute de tous les peuples frontaliers)…quand ils ont été écrits à l’époque, l’humanité ne donnait pas beaucoup de prix à la vie d’autrui…
Lorsqu’il dit de nos racines qu’elles sont chrétiennes, on ne peut pas non plus le contredire. Ce serait comme nier que nos racines sont latines. Qu’est-ce que cela change fondamentalement…enfonçage de portes ouvertes, on a presque l’impression qu’il vient d’ouvrir un bouquin d’Histoire…ce n’est sans doute pas cela. Quoique si l’on remonte plus loin, on peut aussi dire que nos racines comportent pas mal de mythologies gauloise et germanique…
Ces simples vérités cachent donc une arrière-pensée, qui veut exclure l’autre.
Lorsqu’il dit que les religions peuvent avoir un rôle dans la transmission de valeurs, je suis tout aussi d’accord. C’est encore une évidence, mais une évidence bien plus subtile qu’il veut bien le dire.
La base de la religion chrétienne, par exemple (qui est la mienne) est difficile à définir, car bien plus diverse et complexe que l’on veut bien le dire. Certaines valeurs fondatrices collectives, en constituent le socle : l’Amour, la solidarité nécessaire entre les hommes, le respect de la vie.
Ces valeurs sont assez vastes et complexes en elles-mêmes pour que les interprétations soient différentes au sein même de l’Eglise. On a tendance à croire que la transmission de ces valeurs est transversale. Mais c’est une grave erreur. Le Pape n’est finalement qu’un évêque (les évêques s’appelaient tous papes avant, de Papa, qui signifie père) élu par ses pairs.
Une fois transmis dans les Eglise, les discours varient de droite à gauche, comme toujours.
Le respect de la vie peut laisser le champ à l’extrémisme anti IVG, mais il peut aussi laisser le champ à de nombreux humanistes bien plus éclairés : les religions sont à l’image des sociétés, elles présentent le pire et le meilleur.
Mais c’est un autre débat. Répondre aux multiples accusations auxquelles les religions font l’objet est encore plus fastidieux. Laissons cela de coté.
Bref, ces deux grosses évidences le sont tellement qu’elles ne veulent presque rien dire, tout comme un débat qui pourrait avoir lieu entre un croyant et un athée sur les mérites ou les crimes des religions.
Le problème de Sarko, c’est que lorsqu’il dit ce qu’il a dit au Vatican, ou récemment en Arabie Saoudite vient en contrepoint d’autres déclarations, faisant état de son peu de piété. Il déclarait avant l’élection : « je suis catholique de tradition, pas de foi. Il m’arrive d’aller à la messe mais bien souvent, je suis déçu par les sermons que j’y entends ».
Bon, je ne dis pas quelle déception me ronge l’estomac à chaque fois que j’entends un de ses piteuses démonstrations syllogistiques.
Penser cela et énoncer les deux ou trois évidences susmentionnées, c’est déjà témoigner du caractère non pas civilisateur des religions, mais de leur supposé capacité d’aliénation. La religion est alors un carcan qui permet à un homme de marcher bien droit dans le bon sentier. La religion devient une sorte de prison mental dans lequel l’homme doit apprendre la conformité.
C’est cela que cela veut dire. La religion devient un instrument totalitaire.
Lui n’écoute les sermons qu’à moitié mais le menu peuple, assez idiot pour les écouter peut rompre avec tout ce qu’il a d’animal en lui…
La vérité, c’est qu’il n’y comprend rien. La preuve, sa politique toute entière !
Malgré ce que l’on peut en penser de la religion, c’est précisément tout le contraire.
Il suffit à chacun d’entrer dans une Eglise chrétienne pour constater que (ce n’est peut-être pas si récent mais on peut au moins dater cela du concile Vatican II) le discours fait justement appel à la responsabilité de chacun. La religion transmise en ce sens n’est alors qu’une sorte d’appui afin d’aller vers un affranchissement total. Dans l’absolu (un peu comme dans l’idéal communiste), si l’homme se réalise tout à fait, toute idée de justice faisant corps avec le chemin de tout être humain, l’autre corps, social, se régule de lui-même, sans besoin d’inscrire ici et là des lois puisqu’elles sont par nature partagées, universelles.
Je suis extrêmement surpris de constater jour après jour à quel point les communistes et les chrétiens n’ont jamais été capables de s’entendre, car, même si les moyens sont quelque peu différents, l’apogée de leur message est précisément le même : nivellement des inégalités, affranchissement de la judiciarisation humaine, partage d’un idéal universel (je précise que « catholique » signifie « universel », mais dans un sens plus large car il inclut également la donnée temporelle, on pourrait donc dire que catholique signifie universel et de tous temps).
La seule différence notable, c’est que le communisme souhaite imposer cette liberté via certaines transitions politiques et économiques et que le christianisme en appelle à la responsabilité individuelle et collective des hommes (dans les deux cas, c’est bien entendu totalement utopique).
Tu as dit il y a peu de temps que tu ne pensais pas Edgar (à quelques exceptions près) que des sociétés socialistes aient vu le jour dans toute l’Histoire. Je suis entièrement d’accord avec ça. Le stalinisme n’est pas le socialisme.
Et ce n’est en aucun cas parce que Mao a existé que l’idéal communiste ou marxiste est pareillement mauvais.
On le sait, l’homme est habile à détourner les idées philosophiques.
De la même façon, ce n’est pas parce que l’Inquisition a existé ou que les Borgia ont eu des papes que la religion est mauvaise.
C’est exactement le même principe.
Si l’on met de coté la question de la Foi (qui est pourtant centrale mais sur laquelle il est encore trop long de s’exprimer), la Religion permet l’accès à des vérités universelles, permettant de donner aux hommes des clés pour vivre mieux.
Mais cela, Sarkozy s’en contrefout.
Il continue à manier les concepts, en les trahissant, comme il l’a fait avec l’identité française, avec la Marseillaise, Blum, Jaurès…
Les manipuler comme des gadgets, afin d’incarner ce quelque chose qu’il ne parvient pas à définir lui-même.
Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est là le costume parfait du faux prophète qu’il endosse à chaque fois qu’il tente d’imposer son didactisme dément mais je n’en pense pas moins, à vrai dire.
Je précise, pour en avoir souvent parlé avec plusieurs prêtres que l’Eglise s’accommode parfaitement de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. L’ensemble des évêques de France (dont on peut lire les lettres trimestriels) sont de plus anti-sarkozystes au possible.
A la veille de l’élection par exemple, La lettre des évêques de France s’étaient montrés particulièrement hostiles aux principes de civilisation défendu par Sarkozy et avait mis en garde contre la stigmatisation des populations immigrées, tout en insistant sur la richesse qu’elles nous apportaient.
Attention, donc, de ne pas attaquer le sens de ses phrases.
Elles n’enfoncent que des portes ouvertes.
Je crois qu’en fait, c’est purement tactique : il n’attend que cela qu’on l’attaque là-dessus. Après il pourra faire la vierge effarouchée et dire qu’il ne s’agit là que d’évidence et que l’on ne peut plus rien dire.
Cette tactique éprouvée a déjà bien fonctionné.
En revanche, l’attaquer sur tout le reste en prenant appui sur celles-ci peut aider.
Sortant de ce contexte, l’on peut par exemple mettre en rapport ce que Sarkozy dit du libéralisme sauvage et les lois dont il est l’auteur et qui n’ont jamais autant fait pour le libérer de toutes entraves. Comparer par exemple sa politique et ce que Vatican II dit du capitalisme. C’est le grand écart, je peux vous dire.
Pour la religion, c’est la même chose : mettre en parallèle de ce que dit la religion chrétienne sur la nécessaire fraternité entre les hommes et puisqu’il se dit chrétien sur le traitement de la question de l’immigration en France.
Voilà.
Ce n’était peut-être pas très clair,
Mais j’ai essayé de faire vite…
Pardonne-moi les quelques approximations.
Ecrit par : télétubs | 17.01.2008
La phrase qui m'avait le plus frappée était :
"Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacé le curé ou le pasteur".
Et d'un il ne parle ni de rabbin ni d'imam, ou éventuellement de bonze.
Et de deux c'est limiter de façon scandaleuse le rôle de la famille, de l'entourage, et de l'école!
Pourquoi parle-t-il ainsi?
D'abord ça fait parler, ça agite les milieux laïques, tout cela à partir de lui, autour de lui, à propos de lui, et ça le fait mousser, il est le centre des débat, une fois de plus, et c'est exactement ce qu'il veut, être au centre en permanence.
Ensuite oui, il y a l'aspect néo-cons.
Ils sont effrayés par le fracas et la fureur du monde,
et cherche des moyens de contrôle et d'organisation des multitudes.
Parce que bien sûr,
ils ont ouvert la boîte de Pandore en démantibulant toutes les règles, toutes les solidarités, tous les repères.
Ils essayent à présent de faire rentrer le chaos dans une boite contraignante,
en passant par la religion,
elle même contrôlée par les communautés.
Sarkozy s'inscrit à merveille dans cette logique.
Télétubs, ta prudence m'étonnes.
Tout chrétien que tu sois, tu ne peux pas accepter ce projet de société.
Pour l'oubli de la Commune, oui, c'est vrai.
On m'en n'a quasiment pas parlé à l'école,
je n'ai découvert cette période que beaucoup plus tard.
Et encore à présent bien peu sont ceux qui ont des lumières sur cette période cruciale.
Ecrit par : doudourou | 17.01.2008
Ben, je ne sais pas si tu as lu ma longue réponse...
Je suis prudent parce que je crois que c'est un piège...
La seule phrase qui m'a réellement choquée est celle que tu cites. Elle est terriblement à coté de la plaque. Historiquement. Socialement.
"l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal" - ça c'est qui me terrifie le plus. Scinder comme cela l'homme...ce type est fou, y a pas d'autres possibilités.
Ecrit par : télétubs @ Doudourou | 17.01.2008
"Télétubs, ta prudence m'étonnes."
comme on écrivait nos posts en même temps, je n'avais pas lu ta longue réponse...
Ecrit par : doudourou | 17.01.2008
Ah, et bien sur que non, je n'accepte pas cette société. L'état et la religion séparée, c'est parfait comme ça. Bien sur.
Ecrit par : télétubs @ Doudourou | 17.01.2008
Je le trouve singulièrement culotté, Nicolas,de vivre au vu de tous en contradiction totale avec les préceptes de la religion et de s'en réclamer, comme modèle moral.
Modèle moral pour les autres, comme d'hab.
Serrez vous la ceinture, moi je vis comme un millardaire.
Ecrit par : Fleur d'Hiver | 17.01.2008
"Serrez vous la ceinture, moi je vis comme un millardaire",
ha mais tu oublies "heureux les pauvres...", etc...,
et puis être riche n'est pas un péché.
Certes pour la charité, il y a des efforts à faire...
D'autre part il n'est pas si libertin, il se marie à la fin,
souvent, oui, mais bon...
Ecrit par : doudourou | 17.01.2008
Marié ou pas, l'église dont se réclame Nico ne reconnaît pas le divorce, donc, en l'état actuel des choses, NS vit "dans le péché"
Ecrit par : Fleur d'Hiver | 17.01.2008
C’est cela finalement le discours de Sarkozy : Pauvres, courbez l’échine en ce bas monde, Dieu vous le rendra.
Peuple, ne pense plus, ne réfléchit pas, c’est mauvais pour toi : Prie !
Fuis l’école où l’on te forme un esprit critique et remet-en à la religion, à la croyance, à la foi.
L’idéologie de droite s’appuie sur la théologie chrétienne, en particulier sur un point fondamental d’après moi : C’est la notion de charité.
Rien de plus méprisable que ces bigotes bourgeoises qui ont leurs bonnes œuvres, et qui pensent s’acheter une place au paradis pour pas cher et se donnent bonne conscience en faisant l’aumône au petit peuple.
C’est le même raisonnement qui prévaut pour justifier les salaires faramineux des grands patrons : l’ouvrier lui est redevable et doit être content des miettes qui lui sont redistribuées généreusement.
C’est un préalable incontournable du discours du pote de Bolloré : laissons les riches s’enrichir, et précipitez vous pour ramasser ce qui déborde.
La notion de solidarité est tout autre. Il ne s’agit plus d’une offrande qui repose sur le bon vouloir des nantis dont sont dépendant les démunis, mais d’un devoir de solidarité, dont les règles sont établies par l’Etat.
Dans l’esprit, la charité et la solidarité sont à l’opposé. L’une asservit, l’autre préserve la dignité.
Le fait religieux m’intéresse sous l’angle historique car il est le reflet, un témoignage d’une époque dans laquelle il s’inscrit pleinement.
L’écriture des évangiles, c’était un tout petit peu avant la Commune de Paris de 1871, Ed. Ces textes étaient relativement progressistes, et non dénués de bonnes intentions. Demander aux riches de faire l’aumône constituait une sorte d’avancée sociale. Imaginer un Etat souverain qui oblige les plus riches à être solidaire des plus démunis était inconcevable en ces temps et en ces lieux.
D’une certaine façon, c’est cette régression que le mec de Carla Bruni veut nous fourguer : une société où les riches asservissent les plus pauvres et, selon leur bon vouloir, leur font la charité.
Amen.
Ecrit par : 93-93 | 17.01.2008
Diviser pour mieux règner, tout en s'appuyant sur des racines soi-disant communes, voire universelles. Tout en restant suffisamment vague en même temps, comme il se doit. Pas mal joué, faut reconnaître.
En plus ça fait quand même un moment que le concept de civilisation est assez douteux, non?
Ecrit par : aliz | 17.01.2008
http://www.rue89.com/2008/01/17/sarkozy-en-egypte-trois-avions-pour-un-sejour
Comment taire ...
Ecrit par : 93-93 | 18.01.2008
"ça fait quand même un moment que le concept de civilisation est assez douteux, non?"
ça c'est certain. Même si cela s'est fait lentement avec le temps.
Malgré l'aspect de modernité affiché par le gouvernement Sarkozy, il n'y a pas plus passéiste comme position.
D'une part, cela va à l'encontre des valeurs chrétiennes qu'il prone par ailleurs mais surtout à l'envers de l'évolution du monde. Libéralisme, mondialisation et civilisation, cela n'a aucun sens.
Ce type est abruti. Et personne ne songe à lui faire remarquer, c'est consternant. Dans 5 ans, il aura réussi à faire de la bouillie mentale avec tous les concepts qui seront tombés de sa langue trop pendue.
Ecrit par : télétubs | 18.01.2008
La question que je me pose est "est-il bête ou pervers ?" Esssaie-t-il de nous bourrer le crâne avec une bouillie de mots ? Croit-il un seul instant à ce qu'il dit, a-t-il des vérités successives et contradictoires ?
Je me demande si son admiration pour l'Amérique ne le pousse pas à faire comme les Américains qui fourrent Dieu dans tous leurs discours, et qui prêtent serment sur la Bible, ce qui m'a toujours choquée.
Je pense que peut-être, comme sa vie privée choque les bons bourgeois cathos qui ont en grande majorité voté pour lui, il essaie de les reconquérir avec ses bondieuseries.
Ecrit par : Fleur d'Hiver | 18.01.2008
Avec l'aimable autorisation de l'auteur de la note, je rajoute une illustration. Bien sûr on me dira qu'encore une fois c'est un peu rentre-dedans, mais je considère qu'on n'est jamais trop ferme dans ces questions.
Ecrit par : aliz | 18.01.2008
certains sont catholiques , d'autres cathodiques
certains chrétiens , d'autres crétins
certains les 4 à la fois
et là c'est la crise de foie gras , non ?
Ecrit par : Cactus excommunié | 22.01.2008
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