30.03.2008

Léontine au soleil

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A bord du Darjeeling Limited

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Ils sont trois – riches - frères américains qui ne se sont pas vus depuis un an, lors de l’enterrement de leur père.

Trois frères aussi disparates qu’un vide grenier à Coulanges la Vineuse et totalement dévarriés, comme on dit par ici.

L’aîné a volé ses bandelettes à Hatchepsout, se trimballe avec son homme de compagnie, muni d’une plastiqueuse, pour rendre rigide les fiches indiquant le programme de la journée. Il a besoin de soutirer des engagements de la part de ses frères, et les entraîne dans ce qu’il appelle une quête, et qui va se révéler être le retour vers la mère, réfugiée dans un monastère bouddhique, à l’autre bout de l’Inde.

Le deuxième a une coiffure à la John Lenon , une grosse moustache, et la libido d’un lapin Fisher Price.

Le troisième a piqué son nez à Cyrano, a été Pierrot de la Lune dans une vie antérieure, sûrement, et collectionne les objets ayant appartenu à son père, et porte toujours sur son crâne le bandeau qu’il met la nuit pour pouvoir dormir, comme s’il fallait qu’en cas d’urgence il s’efface dans le sommeil.

Ils vont monter à bord du train de luxe qui traverse l’Inde, le Darjeeling Limited, et tenter de céder à la volonté farouche de l’aîné de se retrouver en famille. Ce qui suppose de retrouver les liens qui les relient, quitte à souffler en chœur sur une plume de paon.

Ils sont tellement paumés, un égarement d’origine affective, qu’en Inde, dans cette société saoulée de couleurs et d’odeurs, cette société où tout occidental perd ses repères, ils vont se recaler, notamment à l’occasion d’un évènement malheureux qui touche dramatiquement un petit village paumé.

A ce moment là, le film bascule de l’absurde et le fantaisiste, vers l’humain et le touchant, d’une façon assez bouleversante de simplicité.

Avec leur bonne volonté, leur désir d’être mieux avec eux-mêmes et entre eux, nos trois héros arriveront ils à grandir, et à quitter leurs bandelettes, leurs bagages encombrants, et leurs rites d’autistes ?

Pour le savoir, il faut regarder jusqu’au bout ce beau film enchanteur, coloré, humain, touchant, qui a su me séduire.

Le trio d’acteurs, Owen Wilson (la momie), Adrien Brody (le Pierrot) et Jason Schwartzman (le lapin) est formidable, même si on comprend la distance que met la mère avec ces 3 canards agaçants à force d’être enfants.

Le réalisateur de ce film est Wes Anderson, qui porte le même nom que le réalisateur de « There will be blood ». Vous savez, il y a eu un article dans Télérama qui les comparait, tous deux doués, tous deux 35 ans, tous deux nourris de culture cinématographique.

Alors que l’autre faisait la promo de son film – qui est un futur classique et une grande claque cinématographique – rive droite, en minutant ses interviews, l’autre passait le temps rive gauche, emmenant sa copine voir Godard.

L’amour de Paris et de la culture française transparait d’ailleurs plusieurs fois dans « A bord du Darjeeling Limited », ce qui contribue à rendre encore plus sympathique ce film un peu déjanté.

 

Audine

Le livre de Joe

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Quand on fait la connaissance de Joe on a pas spontanément de la sympathie pour ce qu’il représente.

Trentenaire a qui la chance a sourit en peu de temps et sans grands efforts, il est l’auteur d’un seul livre adapté au cinéma qui l’a rendu célèbre et riche.

Pourtant lorsque le téléphone sonne en pleine nuit pour lui annoncer que son père est mourant il n’a personne vers qui se tourner et il est assez peu enthousiaste de retrouver cette petite ville guindée sur laquelle il a fait fortune en raillant tous ses habitants.

Il va devoir retrouver un frère dont il ne fut jamais proche et un père qui ne lui manifesta tout au long de son adolescence ni tendresse ni intérêt particulier.

C’est avec toute sa colère bien nichée au creux de son estomac qu’il va devoir affronter les fantômes de Bush Falls.

« Statistiquement parlant, il est impossible d’écrire un best-seller. De même qu’il est très difficile de se mettre une ville entière à dos. En digne perfectionniste que je suis, j’ai réussi à faire d’une pierre deux coups. Dès qu’il s’agit de se faire remarquer, j’ai toujours été un enfant prodige. »

L’accueil sera a la hauteur de l’affront, agressions verbales, physiques, matérielles.

Pourtant quelques personnes ne s’oublient pas il y a Wayne l’ami de toujours avec qui Joe vécu une vie moins douloureuse durant son adolescence, celui qui était la star de l’équipe de basket à qui la vie souriait à pleine dents bien que ce fut pour mieux les lui enfoncer dans la chair.

Sammy qui fut le troisième larrons tout juste débarqué d’une autre banlieue dont la mère fut l’objet de ses fantasmes des années durant.

Puis il y avait Carly « une ancienne petite amis, c’est un flingue planté dans votre estomac. Mais un flingue qui n’est plus chargé. Aussi ne ressent-on qu’un déclic vide et mécanique au fond du ventre ».

Ce premier grand amour qu’il a eu tant d’ardeur à détruire lorsqu’ils étaient étudiant « le pire, dans tout ça, c’est que je crois bien l’avoir fait exprès ».

Tout s’écroule autour de lui, son père meurt, son frère est un étranger, la maladie menace et les vieilles rancunes sont toujours à vif.

Alors Joe fait revivre celui qu’il fut pour y découvrir un gamin privé de la tendresse d’une mère qui a du devenir un homme auprès d’un père et d’un frère que le sport unissait sans jamais trouver sa place.

Il ressent dans sa chair ce drame qui consume aujourd’hui cet ami qui n’était pas à l’image de l’homme tel qu’il doit être.

Mais les choses sont parfois plus complexes qu’elles n’y paraissent, chacun porte sa douleur et l’histoire n’a pas le seul aspect de sa propre vision.

«Lorrsque, comme moi on évolue dans la vie en cumulant les erreur de jugement, on finit par prendre ses décisions avec une sorte de hardiesse inconsciente ».

Au cours de son séjour Joe va devoir grandir, se débarrasser de sa rage, devenir moins égocentrique et accepter le fait que sa solitude si douloureuse fut aussi une compagne encombrante qui ne laissa la place à personne pour le révéler à lui-même.

Alors que le départ est proche il pourra enfin entendre celui qui fut l’objet de toute sa haine « Nous faisons tous des erreurs. Mais nos erreurs, elles, ne nous font pas. Si c’était le cas, nous serions dans la merde jusqu’au cou. Surtout deux sales cons comme toi et moi ».

La perte de ceux que l’on aime est aussi faite pour redresser le cap, comme si leur souvenir vivait en nous et qu’elle se montrait plus exigeante que nous même.

 

On peut regretter cette fin un peu trop prévisible mais la vie ne peut-elle pas parfois se repentir dans la mémoire ?

Le style cède parfois à la facilité d’une ironie éculée, mais ça n’est pas fait sans talent.

Quant aux questions que soulève l’histoire elles sont universelles, que reste-t-il du petit crétin d’ado en nous ? Qu’aurions nous à lui dire à ce jour ? Les parents ont-ils été si malveillants que nous aimons à le penser ? Quant on quitte nos racines dans la colère n’y sommes nous pas à jamais ancrés ?

Il décrit avec merveille cette année de transition qui nous habite avant d’en finir avec le lycée, celle ou l’on veut croire que tout va durer pour le meilleur et le pire, que nos amours seront éternels, nos amitiés défieront le temps, mais qu’au fond on sait fragiles.

Cet état de latence qui nous habite dans un espace temps suspendu, la trouille comme seule partenaire celle de « devenir » pour ne plus « être ».

  Grazie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

27.03.2008

Il ya longtemps que je t'aime

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A défaut de lecture, je suis allée voir le dernier Philippe Claudel, qui est son premier film en tant que réalisateur.
J’avais vu la bande -annonce qui m’avait intrigué, forcément la rencontre de deux sœurs qui ne se sont pas revus depuis 15 ans.
Mais le mieux pour ce film, c’est encore d’en dire moins, je savais juste que le personnage de Juliette incarnée par Kristin Scott Thomas, à sa sortie de prison est accueillie pa sa sœur Léa (Elsa Zylberstein)

Car le charme du film réside dans le fait qu’on découvre les éléments peu à peu, on ne sait pas qui sont ses deux sœurs, étrangères l’une à l’autre ?
Pourquoi Juliette est allé en prison ? pourquoi Léa n’a pas donné de nouvelles ?

Une seule raison qui vaille d’aller voir ce film : l’interprétation de Kristin Scott Thomas, qui semble encor’ derrière ces barreaux, loin de la vie du dehors.

Et puis il y a la petite sœur, celle qui a fait sa vie, qui voudrait rattraper les années perdues par sa gentillesse.

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La rencontre ne se fait non sans heurts, et puis il y a les personnages secondaires.
Les plus attachants sont le prof de français , Laurent Grévill


1808280806.jpg(un ange passe)

 

et le policier qui semble encor’ plus perdu que l’ex prisonnière, les barreaux peuvent être inconscients. Il est joué par Frédéric Pierrot. Ce nom ne vous dira rien , mais plus sûrement si je vous dis qu’il jouait le p’tit ami de Mathilde Seignier dans “Une hirondelle ne fait pas le printemps”. c ben vrai ça !

1538811685.jpgCe nom ne vous dira rien , mais plus sûrement si je vous dis qu’il jouait le p’tit ami de Mathilde Seignier dans “Une hirondelle ne fait pas le printemps”. c ben vrai ça !

Seul bémol, mais de taille la fin ratée.  N’est pas Lars Von Trier, qui veut !
Surtout  dans un récit au long cours  tout en subtilité et puis  tout d’un coup,  patatrac, Philippe Claudel a lui-même eu peur de son héroïne..et  a voulu nous faire repartir dans nos foyers l’âme tranquille...avec une justification très politiquement correcte en deux coups de cuillères à pellicule.

Le mystère aurait bien plus eu de poids que cette explication bâclée et peu crédible.

Mais bon cela n’a pas suffi à gâcher mon plaisir de ce beau portait de femmes, et me donne envie d’ouvrir un bouquin de Claudel.

Comme quoi le cinéma !

Beabab 

26.03.2008

Navigation en eaux troubles

Demain s'ouvre à Charleville-Mézières le procès Fourniret. Fourniret, z'avez entendu causer ?
Le tueur des Ardennes, qu'y disaient (bonjour la comm, d'ailleurs ...). Eh bien voila : ouverture le 27 mars, durée du procès : environ deux mois. Bon.

Le tribunal siégera à l'intérieur du palais de Justice, en plein centre-ville. Ce palais de Justice, dont on va, par ailleurs, supprimer une partie (tribunal de commerce) par les bons soins de notre garde des sceaux ...

Depuis plusieurs mois, de lourds travaux ont été engagés à ce sujet : salle d'audience entièrement refaite, chapiteau en dur installé sur le parvis, directement relié par vidéo, ... mais c'est le dispositif de sécurité qui est le plus impressionnant : toutes les rues sont barrées, les résidents possèdent des passes (et même des badges ouvrant des barrières pour certaines rues), une école primaire se trouve au beau milieu de la zone (imaginez les contrôles à 11 h 30 et 16 h 30 pour les "heureux parents").

Surcoût du dispositif lié à la sécurité : 1,9 millions d'euros ... pas si mal, n'est-ce-pas, devant une population économiquement déshéritée ...

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Bon. La Justice doit être rendue.

Et ce, même si l'accusé (et sa complice) est la dernière des charognes, ce qui n'est sans doute pas loin d'être le cas. La démocratie veut et exige cela.

N'empêche.
On aurait quand même pu limiter les dégats. Financiers, je veux dire.

Jugé pour sept meurtres, il va forcément prendre la peine maximale (qui est de trente années incompressibles, je le rappelle). On aurait peut-être pu "alléger" le dispositif, non ?

Je sais. Il reste les familles des victimes.

Je ne peux (ni ne veux) pas m'exprimer à leur place quant au besoin ou non d'un tel gigantisme autour de ce procès.

Plus notre monde avance, plus il navigue sur les rives de l'absurde. Méfions-nous, ce fleuve rend fou.
On devrait faire une pause, un peu.
Archie.

24.03.2008

et d'un blog sympa (et ça sera tout, ouf !)

http://autravailetc.blogspot.com/

J’ai découvert ce blog par hasard.

Ecrit par Machin, il décrit la vie de bureau d’une plume à la fois tendre et acide.

C’est drôle, très drôle.

Et doué.

Je vous le recommande, et je vous recommande de lire en commençant par le début (attention ça prend du temps), pour connaître les aventures de bureau du Roux, de Corinne, ce qu’est une phobie de couloir, comment serait la vie avec SuperMétro, comment les cantines peuvent rendre addict au pâté en croute, les occupations diverses que l’on peut avoir dans l’open space, et tout ça.

Surtout si vous vous ennuyez au bureau.

 

 

 

publié par Audine

d'un chef d'oeuvre : Blade Runner

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Un chef d’œuvre du cinéma de science-fiction :

Blade Runner

De Ridley Scott

(auteur de « Alien le 8e passager », « Gladiator », « Thelma et Louise », « 1492, Christophe Colomb », « American Gangster » … )

Si vous avez l’occasion, allez (ou retournez) voir Blade Runner, sorti en 1982, mais dont Ridley Scott a achevé la version finale en … décembre 2007.

Deux copies de cette version circulent en France, mais on peut se procurer le DVD (Ultimate Edition, qui présente des tas de bonus et les 5 versions du film !).

Je suis allée le voir avec ma fille qui ne le connaissait pas, et j’avoue que moi-même, c’était loin loin loin …

Dans cette version finalement finale, Ridley Scott a tout gommé ce qui adoucissait le constat du film, il a ajouté quelques combats, et retiré le seul ciel bleu qui existait pour en faire un ciel de nuit.

Souvenez vous : Harrisson Ford est un « Blade Runner », cad qu’il chasse les Répliquants, des robots quasi humains, et qu’il faut éliminer sur Terre, et ne garder que comme soumis à l’homme.

L’action se déroule dans un Chinatown futuriste, dominé par un immeuble en forme de pyramide, où se trouve le siège de la Tyrell Cie , qui fabrique ces robots. Il pleut tout le temps et la pollution maintien une lumière glauque, qui a du mal à percer, dans cet univers où on sent l’influence de Moebius. En bas, les bas fond, grouille une foule indistincte, attifée par des oripeaux sortis des pires cauchemars de Christian Lacroix. Sur les façades des gratte-ciels, est projetée une publicité géante pour Coca Cola ou pour des pilules, des encouragements à s’expatrier sur Mars, et de la pub pour les répliquants.

Le propos du film, adaptation hallucinée du roman de Philip K Dick « Do Androids Dream of Electric Sheep ? », est de montrer que l’homme a perdu son humanité et que les robots commencent à en avoir, en éprouvant des émotions, des sensations, et des souvenirs. Alors, qu’est ce qu’un homme ?

 

Juste avant de mourir d’une crise cardiaque, PK Dick a pu visionner une partie du montage du film et n’avait pas tari d’éloges sur l’œuvre de Ridley Scott.

C’est un film crépusculaire, terriblement désenchanté, avec des personnages inoubliables (le chef des Répliquants révoltés, la femme au serpent, la gymnaste amoureuse et bien sur, Rachel, qui apprend douloureusement à se connaitre), des acteurs prodigieux, des images qui impressionnent la rétine à jamais. On sort de la salle en compagnie de Roy Batty (incarné par Rutger Hauer, fascinant, qui a totalement improvisé le célèbre monologue clef de la fin !!), de Rachel (incarnée par Sean Young, parfaite), Rick Deckard (Harrisson Ford, jeune ... et avec le jeu d’Humphrey Bogart !!!), et une mélancolie poisseuse, et on garde au fond de soi un petit coin pour ce film exceptionnel, qui reste une référence pour les films de science-fiction.

Ne le loupez pas, s’il passe de par chez vous.

 

Allez, quelques images :

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publié par Audine

de quelques bd

1338704413.jpg Exit wounds – Rutu Modan, Pinhas-Delpuech

L’histoire se passe à Tel Aviv, sur fond d’attentats kamikazes, qui s’égrènent au fil des jours, aussi lassants que meurtriers, quotidiens, et appris par les israélites avec un fatalisme amer.

Un jeune homme, Kobi, est chauffeur de taxi. Un jour, Numi, une fille de la bonne société de Tel Aviv, qui fait son service militaire et qui est surnommée «  La Girafe  » rapport à son physique, vient trouver Kobi. Elle lui explique qu’il a sûrement été la victime anonyme d’un attentat.

Numi, à la recherche de la relation amoureuse avec le père, et Kobi, à la recherche du père dont l’image est aussi furtive que la balle d’un snipper, partent enquêter sur le mort anonyme mais surtout, sur qui était ce père.

Exit Wounds est le mot pour définir la blessure que fait une balle à la sortie du corps : inattendue, parfois plus compliquée à cicatriser.

Le dessin est subtil, avec des points de vue souvent en contre plongée, comme la couverture, un trait fin et précis. L’histoire est habilement menée, à la fois tendre et désillusionnée, lucide et avec une touche d’espoir final, qui dit « la vie continue ».

J’ai bien aimé cette bd qui nous plonge dans un pays qu’on ne connaît pas, qu’on devine dur et d’une énergie réaliste, et l’errance de ces deux jeunes adultes qui semble une parabole de l’errance d’Israël.

 

 

 

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Un peu avant la fortune – Dupuy, Berbérian, Denis

Parfois ça fait peur d’avoir de la chance, surtout quand la chance est monstrueuse.

C’est l’effet que ça fait à Etienne, la peur. Du coup, le timide, l’effacé, le looser qu’il est dans le fond, est pris de vertige. Et inconsciemment ou pas, il va mettre cette chance à l’épreuve et rencontrer des drôles de personnages, poétiques et effrayants.

En prenant sa vie en main, lui le détective qui passait son temps à regarder la vie des autres.

C’est une histoire toute simple – dont la fin est un peu neuneu, enfin c’est ce que je trouve quand ça dit que l’amûr triomphe toujours – avec des dessins sobres, expressifs et des couleurs tour à tour chaudes ou nocturnes.

C’est un bel album, qui attire par son esthétisme, dont l’histoire est douce.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Petites éclipses – Fane, Jim

C’est un gros bouquin à la couverture souple, édité par Casterman.

C’est l’histoire de 3 couples de trentenaires, qui vont passer 4 jours ensemble dans une maison du sud de la France , pour observer une éclipse de soleil.

En attendant la grande éclipse solaire, ce sont des tas de petites éclipses dans leurs amitiés qu’ils vont vivre, avec des non dits mis en plein jour, des tensions qui s’installent, des aveux qui s’échangent.

Le récit vise et reprend un à un tous les personnages, introduit une espèce de guérisseuse du cœur qui va mettre plus d’un grain de sel. C’est quelques fois un peu lourd, un peu insistant sur le même personnage, ça manque … d’ellipse.

Le dessin est très souvent en gros plan (c’est du noir et blanc), resserré, le texte remplit les blancs, ça peut lasser à la lecture.

Je suis revenue néanmoins avec plaisir pour observer le trait, très expert, un manuel pour dessiner des personnages !

A se faire prêter par curiosité.

 

 

 

 

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La gueule du loup – Tronchet

C’est un gros album cartonné de Futuropolis, à 19 euros.

C’est une histoire de Tronchet, alors vous connaissez Tronchet, le père de Raymond Calbuth et de Jean-Claude Tergal.

Ca situe et d’une l’humour et de deux, le dessin, toujours aussi entouré, affirmé, qui ne laisse aucune équivoque, ni poésie bien sur, mais c’est le cadet de ses soucis à Tronchet, la poésie.

Ici, nous avons un médecin, François (ce qui change un peu la catégorie sociale et va donc mettre le personnage plus à l’aise et dans sa vie et avec les femmes), qui va être confronté à un défi de séduction par une roumaine mystérieuse.

Il va être aidé dans ses tribulations par Jacky Mousselin, un être délirant, qui fait ce qu’il peut et que c’est bien utile parfois.

J’ai trouvé que c’était assez drôle, bien mené, peut être un chouïa long à la fin tout de même.

(il y a 106 pages !).

Tronchet maîtrise parfaitement le scénario, le dessin et la mise en page, un bel album de professionnel.

 

 

 

 

 

 

 

 

1987082703.jpg Le combat ordinaire – tome 4 – Planter des clous – Manu Larcenet

Est il encore nécessaire de présenter Larcenet et ses histoires de gens simples et attachants ?Le combat ordinaire est une suite de 4 tomes donc, dans laquelle Marco, photographe dépressif, quitte la région parisienne pour se mettre au vert. Il rencontre une jeune femme, se rapproche de ses parents, réfléchit sur ses origines et sa condition sociale, erre et médite, médite et erre, et boit.

Dans le tome 4, Marco devient père, et se complait dans ses interrogations, et le constat désabusé de ses imperfections mais aussi de la faillite des luttes sociales.

Marco est attachant mais avouons le, c’est parce qu’on ne vit pas avec lui.

Le 4e tome est dans la lignée des 3 précédents, ce qui à la fois, ne nous fait pas bouder notre plaisir mais en même temps, déçoit légèrement (qu’a tu ressentis, Béabab ?).

Il y a aussi ces transitions brutales, entre le lieu du travail et des luttes sociales, et la maison avec la petite fille, sorte de havre de paix, où Marco se vautre, vivant de l’air du temps ?

Larcenet a voulu achever cette série, ça se sent. Le tome 4 ne dépare pas, certes.

Le point d’orgue restera donc avec cet arrière goût de blessure, dans cette campagne si magnifiquement décrite, et qui donne tout de même bien envie de quitter la ville (surtout si on a des tendances contemplatives).

 

publié par Audine

23.03.2008

La famille Savage

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Il est des âges ou l’on se doit d’affronter nos vieux démons, même si ceux-là on le visage familier d’un père.

En plus de devoir définitivement grandir il faut voir ses parents vieillir irrémédiablement, sans rémission possible.

C’est bien ce qui arrive à Jon et Wendy tout deux empêtrés dans des vies qui ne décollent pas.

Ils ont l’instruction mais pas la réussite

Le talent mais pas l’envie suffisante de le mettre en valeur.

L’amour mais pas toujours au bon endroit.

Alors quand ce vieux père qu’ils ont fui refait surface il faut mettre tout ça de côté pour affronter une réalité devant laquelle la fuite ne solutionne rien, il ne reste qu’a s’unir pour y faire face.

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Nous ne saurons rien du genre de père qu’il fut mais au vu des vies bancales qu’ont ses enfants on se doute bien qu’il n’a pas été celui qui les a élevés à des sommets.
La démence le guette, c’est un autre homme qui leur revient et qu’il faut inévitablement placer dans un « mouroir ».
Wendy voudrait sentir cet amour qui lui a fait défaut avant qu’il ne lâche prise, Jon lui a déjà pris ses distances et n’attend que la fin sans rancune, mais si fragile qu’un œuf au plat servit avec amour le fait pleurer.
Tout deux sont seuls au monde, en proie à une reconnaissance qui ne vient pas, en attente d’un amour dont ils ne perçoivent rien, même sur la fin.
Seul le silence se partage avec leur père et lorsqu’une dispute éclate entre les deux enfants adultes celui-ci met son sonotone en sourdine rabat sa capuche et plonge dans le vide.
Peut-être leur dit-ils qu’il n’est déjà plus là, qu’il faut l’accepter, qu’il ait fait comme il a pu avec ces moyens, quelle importance maintenant ?
Il serait bon pour eux qu’ils l’entendent.
Mais il ne dira rien et s’en ira sans faire de bruit, laissant deux orphelins car la mort « c’est donc ça ».
Une autre vie s’ouvre alors à eux, moins pesante, plus entreprenante et surtout plus libre, car la mort c’est aussi la renaissance de ceux qui restent surtout quand elle arrive au terme d’une vie.

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Les acteurs sont tellement crédibles qu’ils finissent par dégager ce sentiment si singulier que peut-être la fratrie confrontée à ce qui l’a construite « les parents », avec cette complicité dans les gestes, ces mots qui blessent, cette sensation d’avoir été écrasé et bien sur cette incroyable solidarité inscrite en chacun au moment le improbable.
Seymour a un jeux fait de lassitude, de soupir, de larmes cachées et de tendresse refoulée.
Laura Linney elle est restée espiègle, idéaliste, avec un amour débordant et un manque de confiance handicapant, sincère et maladroite elle est la petite fille qui attaque pour se protéger.
Pas de pathos avec des explications larmoyantes sur une enfance difficile, ses adultes là ne trompent personne ils en sont encore prisonnier.
C’est bien le présent qui captive le réalisateur, celui qui débouche sur un avenir juste un peu plus positif.
Là ou notre cinéma indépendant est nombriliste celui là est généreux, là ou le notre se complait a ne pas vouloir reconnaître que la nouvelle vague est derrière nous, les Américains réinventent un genre, celui de filmer au plus près ce que la société ne veut pas voir, ce qu’elle cache honteusement, cette vieillesse qui débouche sur une mort certaine.
Un film juste et touchant qui peut-être nous rend meilleur pour quelques heures.

Grazie

Et la tradition, Pascal ?

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JOYEUSES  PACKS  A  TOUS !!!

Archie                                      

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