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08.05.2008

Trois films dans les salles obscures

J’ai vu un film formidable qu’il ne faut pas que vous loupiez s’il passe par chez vous, il s’agit de « Dans la vie ».

Avant j’ai vu « l’un contre l’autre » et « les citronniers ».

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Le premier, « l’un contre l’autre », est un film allemand et raconte la relation perverse, délétère, dans un couple, où lui est policier, et ça se passe en Allemagne. L’histoire est sombre et sans issue. C’est un film qui n’est pas agréable. La relation est très bien analysée. La femme, agacée et frustrée, aimerait que son mari soit un peu plus viril, dans son comportement général. Et elle se met à le battre pour qu’il réagisse. Peut être ce qui trouble et met très mal à l’aise dans cette histoire, c’est qu’on a envie de secouer aussi ce gros balourd de mari, qui est gentil certes, mais … Et puis qu’en fin de compte, ça n’est qu’une recherche de contact, de dialogue.

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Le deuxième film, « les citronniers », est un très bon film israélien.

Salma, une veuve palestinienne, vit au milieu de son verger de citronniers, qui est placé sur la frontière entre Israël et les territoires occupés. Comme son nouveau voisin est le ministre israélien de la Défense , ses arbres deviennent dangereux, malgré la présence d’un mirador, car ils pourraient cacher un ou des terroristes. Donc le ministre décide de faire abattre les citronniers de Salma. Et elle décide de se battre légalement, en engageant un avocat pugnace, et en allant jusqu’à la Cour Suprême pour faire valoir ses droits.

 

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 (Salma - impressionnante Hiam Habbass)

 

En même temps que l’on voit la lutte de Salma, on observe l’évolution lente et souterraine qui s’opère chez la femme du ministre.

Tous les personnages secondaires de ce film sont fantastiques, avec un mention particulière pour le vieil ouvrier qui a toujours travaillé dans le verger et sert de père adoptif à Salma.

Salma porte en elle toute la fierté du peuple palestinien.

C’est parfois limite un peu chargé en bons sentiments, mais heureusement, comme dit l’avocat – très attachant cet avocat – nous ne sommes pas dans un film américain.

Je vous engage à aller voir « les citronniers », dont le réalisateur est Eran Riklis, c’est un film qui vaut le déplacement.

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Enfin, je viens donc de voir « Dans la vie ».

Et j’ai adoré ce film, qui se passe à Toulon, et qui est fait par un cinéaste peu connu, Philippe Faucon, né en 58 au Maroc.

C’est l’histoire d’Esther, qui est une mère juive, qui a vécu à Oran avant d’être en France, et dont le fils, médecin neurologue, s’occupe avec amour. Mais comme elle est handicapée, en fauteuil, et ne peut rien faire seule, et que le fils a les moyens, elle a une infirmière et une dame de compagnie. Parce que la dame de compagnie est neuneu, c’est finalement la mère de l’infirmière, Halima, une marocaine musulmane, qui va venir faire la dame de compagnie. Entre les deux femmes, outre les affinités dues à l’âge et à la culture, une forte amitié pleine de vrais sentiments, d’écoute et de générosité, va se développer.

C’est un film plein d’humour, et par ailleurs, qui n’évite jamais les sujets graves, comme le corps handicapé, le racisme, l’imprégnation de la religion, que l’on voit surtout respectée par Halima et sa famille.

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(Esther)

 
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(Halima)

Les deux actrices, non professionnelles, sont époustouflantes, et elles sont superbes.

C’est encore, un film sur la femme, et quelle femme !!! la femme dans sa chair, et surtout, la femme de caractère, qui prend son chemin seule, et qui malgré son âge, sa culture, la religion et la pression énorme de la société et même, un comble, ses propres enfants normatifs, va poursuivre suivant ce qu’il lui semble bien de faire.

Demain, j’appelle ma mère pour lui dire qu’il faut absolument qu’elle voit ce film.

Et vous, surtout surtout, ne manquez pas « Dans la vie ».

Audine