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11.05.2008

Donne nous aujourd'hui notre pain de ce jour (3) - La poubelle des luttes

L’histoire que je vais vous raconter, je le jure, est une histoire vraie. Toute ressemblance avec des personnes existantes est purement volontaire.

Voici la véritable histoire de la Reine des Poubelles.

 

-         mais ils ont déclaré la guerre, ces cons !!

Comme il fulmine, monsieur Charque. Il tend un index :

-         s’ils veulent jouer au con, vont me trouver !!

Cette dernière saillie laisse songeur Dégé. Il agite ses pieds sous sa chaise.

Charque a remarqué le décrochage de son Directeur Général.

-         quoi vous n’êtes pas d’accord Dégé ?

-         Sisi, je vais aller à la pêche aux renseignements.

Charque se rengorge, réajuste sa cravate noire à pois rouges, et sort du bureau de Dégé en claquant virilement la porte.

C’est qu’il n’a pas l’habitude de se laisser faire.

Lorsqu’il est arrivé à la tête de l’hyper, il y a six mois, ça n’a pas fait un pli.

Ah ils se sont crus malins, à taguer sur les murs du magasin des dessins de requin ! Comme si se moquer du nom de quelqu’un est acceptable.

Se sont vite calmés. Sept licenciements et la lutte des classes n’existe plus chez Paradiz, le Pays des Gens Heureux, comme dit la pub. Quatre ont été filmés dans les réserves en train de voler des boites d’œufs, un saucisson, des croques monsieur Paradiz, et des strings roses taille 44, et trois ont été surpris en faux arrêts de maladie. Enfin en vrais, mais un repeignait sa barrière, l’autre refixait des tuiles sur son toit et le troisième était absent de son domicile. Sûrement à la plage !

Un entretien avec Dégé plus loin, finis les emmerdeurs et les tags inopportuns. D’une pierre deux coups.

Charque a néanmoins gardé SA militante CGT. Elle s’appelle Arlette, comme l’autre.

Charque la juge inoffensive. Bien trop larmoyante, ça doit être l’effet pré ménopause. Et puis, c’est pratique d’avoir une caution sociale. Regarder, chez Paradiz, le Pays des Gens Heureux, comme on accepte les revendications – c’est normal, c’est normal, il faut que chacun s’exprime – et comme on encourage le dialogue social.

D’ailleurs, Charque a pour projet de déposer un accord sur l’implantation d’équipe de suppléance le week-end. Et pour ça, il lui faut un délégué syndical. Arlette sera parfaite en approbatrice de l’augmentation du pouvoir d’achat.

 

« Madame A. est demandée à l’Administration ! Madame A. est demandée à l’Administration !»

Arlette traîne des pieds dans les réserves et manifeste sa mauvaise humeur en shootant dans un carton au milieu du couloir de circulation.

Mauvais rangements, racks surchargés, palettes qui menacent d’effondrement, des allées de circulation sans séparation piétons, des Manitous conduits à toute allure par de jeunes intérimaires qui se passent de klaxonner. Et toujours pas de comité d’hygiène et sécurité dans cette putain de boite.

Le carton se renverse et découvre des dvd vendus par lots de trois.

Arlette soupire, remet le carton sur les dvd, crache dessus, pointe le majeur vers la caméra, et articule silencieusement : « Caramba, encore raté ! ».

 

-         monsieur Dégé vous attend, susurre Carole, la secrétaire du pôle administratif.

La caution sociale entre dans le bureau, et s’affaisse sur le fauteuil qui fait face à Dégé.

On dirait un troll, qu’elle se dit. Arlette n’a jamais vu de troll, mais quand même.

Dégé est penché sur un dossier de photos qu’il feuillette d’un air ennuyé.

Arlette résiste à la tentation de se pencher pour regarder les pieds du troll sous son bureau.

Elle attend qu’il commence.

-         dites ma chère Arlette – c’est comme ça qu’il parle, Dégé, quand il veut marquer un peu de distance méprisante avec son vis-à-vis – ma chère Arlette, vous n’êtes pas sans ignorer que des bandes de … de rôdeurs viennent envahir nos poubelles et piller leur contenu ?

Arlette ne répond pas. Elle est en train de se demander si elle préfère que Dégé soit lapidaire et blessant direct, ou qu’il soit mielleux et détourné.

-         il apparaît qu’ils ont monté une coordination, les Gueux de la Banlieue Rouge. Vous êtes au courant ?

-         bah oui.

-         Mais, vous les connaissez ?

-         Bah non.

Arlette a choisi une attitude minimaliste.

-         mais vous ne voyez pas qu’ils gênent vos luttes ? Pourquoi sans travailler, ils auraient accès à nos produits ? Alors que nos clients les paient, sans parler de nos salariés, n’est ce pas ?

-         heuuuu

-         si vous êtes au courant de leurs projets, il serait des intérêts des salariés que vous m’en parliez, ma petite Arlette. Pour l’instant, nous sommes désarçonnés par ces attaques contre la propriété privée, mais nous envisageons de mettre en œuvre des produits d’éloignement.

-         Hein ?

-         Oui enfin, vous voyez ! ne soyez pas naïve : nous allons devoir arroser les poubelles d’eau de javel, pour rendre impropre à la consommation nos déchets. Ce sont nos déchets, nous en sommes responsable voyez vous ?

-         Bien entendu, je vous en parle sous le sceau du confidentiel, mais ne venez pas après me reprocher d’aggraver les conditions de travail des employés des réserves. J’ai budgété des masques respiratoires, d’ailleurs, d’ores et déjà.

-         Des masques ??

-         Je compte sur vous, si par hasard vous connaissez cette coordination de Gueux, pour faire en sorte qu’ils évitent de surcharger les tâches de nos salariés, ma chère Arlette.

-         Mais enfin, pourquoi vous ne laissez tout simplement pas la Coordination tranquille ? vous savez que ce sont des gens qui n’ont pas de boulot, qui ont peut être de la famille à nourrir et qui …

-         Ma petite Arlette, votre problème, c’est que vous ne faites pas la différence entre la compassion et le compassionnel. Si la première est une vertu, qui fait honneur a celui qui en manifeste, la compassion devient un réflexe, et est même très néfaste lorsqu’elle se substitue à la réflexion politique.

-         Hein ?

-         Mais oui ma petite Arlette, le compassionnel ne guérit pas le mal, il ne fait que le recouvrir d’un voile sombre et nébuleux, le museler sous des pleurs inutiles et dissonants.

-         Ca sera tout, ajoute Dégé, en agitant ses jambes sous sa chaise et en refermant le dossier de photos.

Dans le hangar qui sert de QG à la Coordination des Gueux de la Banlieue Rouge , Nic, le leader, fait le point tout en distribuant des bières aux autres membres du Comité.

-         t’as que des Kro ? demande Olivier.

-         Ouais ben passe commande la prochaine fois ! réplique le patron des lieux.

-         On est ici pour organiser la diffusion de cette pétition, reprend Nic en brandissant un paquet de feuilles.

Mart, Dom, L.Mome, Omer et Frane s’emparent des tracts et les parcourent.

-         mais ça veut dire quoi, « halte à la propagation des HD dans les poubelles des gros » ? demande L.Mome.

-         c’est les Hautement Dangereux. C’est le Comité des Médecins du Travail Solidaires qui m’a signalé que ça se faisait : ces salauds versent des produits chimiques dangereux dans les poubelles pour ne pas qu’on les pille.

-         Ah bon ?? mais ça se fait ?

-         L.Mome, soupire Nic, est ce que tu es pour que les Gueux s’intoxiquent à cause de ces richards qui ne veulent pas qu’on fouille dans leurs poubelles ?

-         Ben non mais …

-         Arrête de discuter après les virgules. Ne te trompe pas de combat !

Trois revendications sont présentes dans la pétition. Il s’agissait de dénoncer la présence de produits hautement dangereux dans les bennes, de revendiquer le placement des poubelles hors de l’enceinte de l’hyper marché à des créneaux horaires négociés avec la Coordination des Gueux, et last but not least, comme avait ajouté fièrement Nic en fin de pétition, de réclamer le départ immédiat de Charque.

-         A qui tu veux faire signer cette pétition ? demande Mart la bouche pleine d’un sandwich à la merguez.

-         Ben aux clients pardi ! répond Nic. Finis ta merguez et signe aussi ! Mais auparavant, demandons un rendez-vous au boss.

 

C’est comme ça qu’une délégation de la Coordination des Gueux traverse la cour des livraisons, longe les quais le long desquels sont rangées les bennes, sagement alignées par ordre alphabétique.

C’est dans la benne J qu’ils l’ont trouvée.

 

Elle mesure 51 centimètres, a des grands yeux noirs bridés, tend un poing fermé sur son désespoir, et est mauve de colère.

 

Dégé voulait être le seul parrain, mais comme Nic a menacé d’une pétition, ils se sont partagé l’éducation de la Reine des Poubelles.

Evidemment, la légende de sa naissance n’a pas toujours été facile à assumer, pour la Reine des Poubelles.

Néanmoins, au vu des différentes périodes traversées notamment lors de son adolescence, dont la période assez pénible, pour ses parrains, des gardes robes Kill Bill, les épreuves endurées lui ont fortifié le caractère.

Il n’est pas rare de la voir traverser crânement le Paradiz avec une cravache à la main et un piercing à la narine droite.

 

Chez Dégé, elle a appris des recettes culinaires et l’art de la photo. Elle a aussi pris goût à la littérature pornographique, allez comprendre.

Chez Nic, elle a compris tous les mécanismes des luttes sociales et est capable de descendre jusqu’à huit demis en énumérant les stratégies militantes recensées à ce jour, de la pétition à la grève de la soif.

 

La Reine des Poubelles  a fait carrière comme manager chez McDo. A trente deux ans, elle a déclaré un ulcère à l’estomac permanent, qu’elle soignera avec des séances de reiki. Elle finira par coucher avec le guérisseur.

 

Devant les portails de la cour de Paradiz, cinq poubelles jaunes sont alignées en début de nuit les jours impairs, cinq poubelles bleues les jours pairs.

La délégation menée par Nic a eu gain de cause sur la libre disposition, mais pour moitié : il s’agissait d’éviter la mise à disposition massive afin d’éviter l’appel d’air qu’elle pourrait produire.

Le dialogue social a produit ses effets.

Charque n’est parti que pour diriger un Paradiz plus grand. Il a été remplacé par Xavier B., qui a la réputation d’être ouvert aux négociations.

Arlette est partie à la retraite, elle a ouvert une soupe populaire qui accueille les sans abris avec leurs animaux : il n’y a pas de raison de ne pas aider ceux qui aiment les animaux, non plus.

Dégé attend avec une certaine impatience mais secrètement, la venue de petits enfants, même aux yeux bridés. Du moment qu’ils ne sont pas portés sur la cravache.

 

Au loin, gyrophare allumé et tournant, arrive le camion benne de la commune.

Courant à coté de poubelles en poubelles, des africains très noirs et portant des bonnets de laine colorés s’échangent des propos que nul ne comprend.

 

 

Audine

 

Commentaires

C'est fou ce que ce texte a de captivant, il s'emballe, on le croit devenu fou, puis il est a nouveau maîtrisé et cette tranche de vie nous rappelle que l'imagination n'est jamais aussi forte que l'existence et qu'elle ne vaut d'être vécue que croquée par Audine.

Ecrit par : grazie | 12.05.2008

Audine, tu m'étonneras toujours.

Je rentre hier soir, ce matin, quatre lessives et du boulot. Je rallume l'ordinateur, je fonce sur mes favoris et, bingo, je trouve ta chronique, géniale, comme toujours.

Ecrit par : Fleur d'Hiver | 12.05.2008

Grazie : merci !!!

Fleur d'Hiver : juste pour te signaler car peut être ne l'as tu pas vu, j'ai ouvert un blog à moi toute seule, essentiellement pour y (re) mettre les Chroniques d'Europe, au fur et à mesure, et puis aussi les Chroniques en cours.
Comme on a décidé de faire une liste des liens qui mènent aux blogs individuels des Lentilles, tu peux facilement y accéder en cliquant dessus, Anodine Audine, là --------------------------> (mais en haut)

Voilà, histoire de te donner un peu plus de lectures !!
Et, merci pour ton mot !

Ecrit par : Audine | 13.05.2008

Ah et puis il faut que je précise : ce texte a été rédigé dans le cadre d'un exercice d'atelier d'écriture / "concours" lancé par Dorham / Tivitioub, sur son blog, Extraball. C'est sur le thème : les poubelles des supermarchés (et ce qu'on fait des "déchets" qui atteignent la date limite de consommation, mais sont encore consommables). La paupérisation fait que les pauvres (appelons les gens et les choses par leur nom) vont de plus en plus fouiller dans les bennes des hypermarchés pour se nourrir.
Pour l'actualité de ce concours d'écriture, il faut aller voir sur le blog Extraball. Dorham / Tivitioub a fait un texte, mais auparavant, Zoridae en avait fait un, puis Gaël a fait une petite série sur le mode du roman noir (vous trouverez les liens sur Extraball).

Enfin, hasard, pas si hasardeux hélas, le Parisien a fait un article qu'on peut lire en ligne sur le sujet (des pauvres et des poubelles, pas des blogueurs !), aujourd'hui même :
http://www.leparisien.fr/home/info/vivremieux/articles/ILS-TROUVENT-LEURS-REPAS-DANS-LES-POUBELLES-DES-MAGASINS_298495831

Ecrit par : Audine | 13.05.2008

Hallucinant cet article du Parisien!

Et j'entendais encore hier de distingués économistes qui expliquaient que non, non, les inégalités ne se creusaient pas en France, du tout, au contraire, presque!
GGrrrrr!!

Ton texte, du coup apporte de l'humour la dedans, heureusement,
un humour grinçant, certes, mais quand même.

"les Gueux de la Banlieue Rouge", Ouwwarf!
ça va faire trembler dans les chaumière!
et ça se termine par une scène presque de crèche,
l'enfant non pas dans une étable,
mais dans une poubelle de supermarché.
tu as fais fort!

Ecrit par : doudourou | 13.05.2008

C'est une situation grave car hier ils en ont parlé sur la 6 ou l je sais même plus, ma fille était affalée avec son copain dépressif, regardant d'un oeil distrait la misère du bout de la rue sans s'émouvoir alors qu'elle s'insurge contre le gouvernement Birman !
Inutile de vous dire que ça m'a énervée et que j'ai rué dans les brancards sans que ça ne change rien !

Ecrit par : grazie | 13.05.2008

"un voile sombre et nébuleux", quel style ce Dégé quand même! J'aime beaucoup ce texte Audine, l'accélération au milieu, les ellipses, les détails... sans pitié mais avec tendresse quand même, c'est ça l'humour quand c'est réussi... la kro c'est déjà pas si mal, de nos jours, les gueux militants résistent à la bière hard discount et ils ont bien raison.

Ecrit par : edgar | 13.05.2008

Merci Audine.

Ecrit par : Fleur d'Hiver | 13.05.2008

Merci Ed.

Pour être complète, Dégé est fortement inspiré par de "vrais" dialogues - sur le Net.
Je suis d'ailleurs un peu déçue : il y a quelques clins d'oeil, mais aucune des personnes concernées n'a laissé de message, et je ne sais même pas si cette histoire a été lue par les concurrents de l'atelier !! Enfin, pas grave !

Le principal, c'est qu'elle vous plaise.

Ecrit par : Audine | 15.05.2008

J'ai vu hier à la télévision un reportage sur les gens qui se nourrissent en fouillant les poubelles des grands magasins.

La honte totale. Il s'agissait pour la plupart de personnes ayant un petit boulot ou une petite retraite mais qui sont trop pauvres pour se nourrir correctement.

Ecrit par : Fleur d'Hiver | 16.05.2008

"Ma petite Arlette, votre problème, c’est que vous ne faites pas la différence entre la compassion et le compassionnel. Si la première est une vertu, qui fait honneur a celui qui en manifeste, la compassion devient un réflexe, et est même très néfaste lorsqu’elle se substitue à la réflexion politique."

ça, c'est grand. Ton texte, si tu le permets, je vais le lire encore. Je ne suis pas bien sur de situer tout son monde même si le taulier commandeur de Kro me dit quelque chose.

Flute, je me demande si je ne suis pas ce Mart. Ou pire ce Dégé (à cause de la littérature porno et des recettes).

Oh, tu vas me dire que je me plante.
Tu sais Audine, il y a toujours un écart entre comment on se perçoit et comme les autres vous perçoivent.

Quant à la Reine des Poubelles...ouaouh, tu concurrences carrément Vollmann, là non ?

Bon, je vais te décevoir en tapant à coté de toutes les cibles (je suis nul en devinettes)...

J'aime ce texte, parce que dans son outrance (le truc de la négociation, et des masques) il dénoue le capitalisme dans ce qu'il a de plus noir. On lit et on se dit que c'est possible, que ce cynisme est possible (un peu comme dans l'histoire de trader fou que j'avais composé) ; souvent, on se dit à soi-même que ce n'est pas possible, pas envisageable, que les gens aient l'âme si sale et pourtant...

Et puis alors, cette parabole est d'autant plus noire qu'elle nous fait trouver de l'or dans une poubelle pour ensuite nous rendre compte qu'il ne s'agit que de contreplaqué. C'est magistral.

Dis, tu me donnes les clés où la torture continue jusqu'à ce que j'ai lu 15 fois ton texte ?
Sinon, je t'envoie un mail, mais...

Ecrit par : télétubs | 18.05.2008

Heuuuuuuu non je te dis tout de suite : tu n'es pas dedans. Et les clins d'oeil sont par rapport à une dispute - où je n'ai pas un rôle hyper brillant d'ailleurs ! - sur PMA, sur le billet de Nicolas parlant de la pétition pour mettre en arrêt maladie Sarko.
Les protagonistes sont Nicolas, Didier Goux, Benji (la benne J ...) et quelques autres figurants qui sont des commentateurs, et ... moi.

Merci Tivi ! je ne voulais pas te faire de reproches hein ! juste faire rire. Je pensais que tu avais lu ces échanges sur PMA.

Ecrit par : Audine | 18.05.2008

Ah, c'est cette fameuse dispute. Non, je ne l'ai pas lu. Putain, je suis vraiment déconnecté de tout...

Sinon, cette reine des poubelles m'interroge depuis tout à l'heure.

Je suis certain en effet, peut-être comme toi, qu'à ce train là, on va faire de l'humanitaire national (on a déjà le hard discount avec produits périmés, les fameux "à consommer de préférence avant le")...
Je trouve que ton texte est de loin le plus terrifiant...

Je me sens petiot de ne pas l'avoir lu tout de suite (ni celui de Balmeyer), parce que je crois que c'est le plus convaincu par le sujet, le plus "touché". Tous les autres ont un coté un peu distancié (peut-être aussi celui de Nicolas, le 2e)...

Enfin, vraiment, et je le dis à tous, je ne vous oublie pas, vous êtes tous mes lentilleurs préférés mais je suis vraiment atrocement débordé, étouffé par ce capitalisme qui s'est piqué de me filer des responsabilités (la prochaine fois que ça m'arrive, je démissionne)...

Je dis ça parce que Grazie m'a également interrogé sur mon absence par mail.

Vous embrasse tous.

télétubs.

Ecrit par : télétubs | 18.05.2008

Tout est mort Télétubs est devenu capitaliste il joue le jeux du système !

Ecrit par : grazie | 18.05.2008

Ouais, mais, t'inquiète Grazie, faut voir aussi que je ne suis pas trop du genre à traiter mes boss avec parfaite déférence.
Ils vont peut-être vite s'en mordre les doigts...

Vendredi, j'ai décliné une réunion en disant à mon chef : "comment vous faites pour assister à autant de réunions, moi, comme je bosse, j'arrive pas à trouver le temps..."

Ecrit par : télétubs | 18.05.2008

Les crises de réunionites sont la mort du travail !
C'est dingue le nombre de fois ou il faut se réunir pour ne rien se dire ou parfois se faire lyncher en public !

On est sauvé tu n'as rien perdu de ta verve

Ecrit par : grazie | 19.05.2008

Vis à vis du capitalisme, mon modèle reste Icare, il s'envole puis explose majestueusement en plein vol...

Ecrit par : télétubs | 19.05.2008

C'est une belle métaphore, Icare c'est une sorte de Tapis alors ?

Ecrit par : grazie | 19.05.2008

Tapie ?
Ouais, en quelque sorte.

Ecrit par : télétubs | 19.05.2008

Cet homme incarné la réussite à une époque ou il était de bon ton d'avoir de l'argent et de le montrer (un modèle du sarkozysme)
Et puis il s'est brûlé les ailes, même si il n'est pas mort il l'est au moins des médias !

Ecrit par : grazie | 19.05.2008

Tapie, déjà à l'époque, c'était l'écoeurement total.
Je me souviens de son émission là, où il passait dans les gradins, pour donner ses leçons. Il a même fondé une école, à Béziers, je ne sais pas ce qu'elle est devenue, d'ailleurs.
L'école du volontarisme social individuel, du "si tu veux tu peux", du "tu mérites ton destin". Celui qui ne réussit pas n'a pas de couille.

A partir du moment où on n'a pas lynché des types comme ça, on a été foutu.
Quand je pense qu'il a été bien vu de la Gauche ...

Ecrit par : Audine | 19.05.2008

Je pense bien qu'il était bien vu de la gauche, il a même été ministre de la ville.

Pour moi, c'était une sorte de joueur de bonneteau, avec quelque chose d'attirant, de séduisant, qui aveuglait tout le monde et dont la vraie personnalité ne s'est révélée que tardivement. Tiens, c'est bizarre ça me rappelle quelqu'un d'autre. Hâbleur, bonimenteur boni-menteur. Hélas, celui-là est au sommet.

Ecrit par : Fleur d'Hiver | 19.05.2008

Bien vu de la gauche ?
Pas tant que ça. Je suis certain que c'est de là qu'on l'a dézingué ! Il était ministre de Miterrand, il ne faut pas l'oublier. En bon florentin, il savait comment surfer sur les popularités. Il a surfé sur celles de Lang ou de Kouchner, et puis, Edith Cresson, premier ministre, Schwetzer a la santé...etc.

Ils se sont servis de lui et quand il est devenu trop gênant, ils l'ont abattu au lance-roquettes !

Ecrit par : télétubs | 19.05.2008

Comment un érudit comme mitterand pouvait avoir un tant soi peu de fascination pour cet arrogant personnage ?

Ecrit par : grazie | 19.05.2008

Grazie, comme le bourgeois a de la fascination envers celui qui l'encanaille. Plus sérieusement, ce n'était guère qu'un coup médiatique, comme le peuvent l'être aujourd'hui les nominations ministérielles de Rama Yade ou Fadela Amara, ou Martin Hirsch...

Ecrit par : télétubs | 19.05.2008

Je me souviens de mitterand dans les guignols (à l'époque ou ils étaient drôles) qui regardait Tapie et qui pensait "il me fascine, il est bête mais il me fascine"
Ils n'étaient pas loin de la vérité je crois.
La politique est toujours mystérieuse surtout quand on a des illusions et qu'on la fréquente de près !

Ecrit par : grazie | 19.05.2008

C'est vrai que c'est intriguant, cette fascination de la gauche et notamment de Mitterand pour Tapie.
Je crois que les tours de passe passe les arrangeaient : ça évitait de se dire qu'il fallait toujours lutter. Tapie représentait le mythe du gagnant.
C'est à partir de là que ça s'est propagé, la Lingua Quintae Respublicae, la propagande du quotidien et son bourrage de crâne d'un monde insupportable : les accords gagnant/gagnant, les développeurs syndicaux, le positivisme (avec Carrefour), la détermination pour évacuer le déterminisme, et surtout la reproduction des schémas sociaux, cette espèce de mantra : "le faible c'est les autres" (que j'aide, et donc qui dépendent de moi).
Bref ... Tapie, vraiment l'initiateur du nouveau beauf de Cabu.

Ecrit par : Audine | 19.05.2008

Tapie, c'était une façon de ne pas choisir entre libéralisme et socialisme,
de n'opter ni pour l'un ni pour l'autre ("ni-ni")
de faire un genre de social démocratie à la française,
de laquel on peut aider les riches et le pauvres EN MÊME TEMPS,
où les riches tirent les pauvres de leurs richesse,
où, en effet, il suffirait de vouloir pour pouvoir,
ce qui dispense d'investir dans l'aide sociale.

Je ne sais pas si le PS est clairement sorti de cette idéologie ou non-idéologie.

Ecrit par : doudourou | 19.05.2008

Bonne question ça !
Vu que les statuts admettent la fatalité du marché, je crois qu'on en est pas sorti de sitôt. C'est le grand écart ! Mais au moins, ça a le mérite d'être moins hypocrite.

Ecrit par : télétubs @ doudourou | 19.05.2008

Je vous rassure les amis le PS n'est pas sorti du tout de ça, par exemple dans ma région ils se revendiquent à 80% de Strauss Kahn !
En même temps il est du coin c'est peut-être pour ça ?
eT j'avoue aussi que durant la campagne la royale me l'avait rendu presque sympa !

Ecrit par : grazie | 19.05.2008

Chance ! J'ai trouvé quelques cailloux dans mon dahl ce midi.

Quelques alluvions dans la scène :
- Charque , le requin, qui a pique sa cravatte chez les fakirs de Dorham.

- Claude Gueux, le personnage de Hugo qui va au bagne pour avoir volé un pain.

- Dom : un Antillais sans le sou (son oncle Tom n’apparaît pas) ?

- Xavier B. ouvert aux négociations : Bertrand.

- La quatrième béatitude : Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés.

Après je donne ma langue au chat. Ce n'était pas qu'un jeu de devinettes, j'ai aimé l'histoire...

Ecrit par : mtislav | 09.06.2008

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