27.06.2008
Pousser les murs

Quand on veut poster une note dans le blog,
et que donc, on passe par la plateforme "Haut et fort",
on trouve le message suivant :
"Vous avez dépassé le quota d'espace disque qui vous est alloué.
Si vous souhaitez libérer de l'espace disque, il vous suffit, via le tableau de bord, de retirer des fichiers. En revanche, si vous souhaitez conserver l'intégralité de vos archives, nous vous proposons de souscrire à l'une de nos deux offres Classic ou Pro."
Alors c'est comment qu'on fait?
Retirer des fichiers, ça me semble ballot, quoique pourquoi pas...
Pour ce qui est de "l'Offre Classique",
voici ce que nous propose "Haut et Fort" :
"Offre Classic (sic!)
L'offre Classic répondra aux besoins de ceux et celles qui souhaite d'avantage de fonctionnalités pour un prix limité.
Blog ou photoblog, vous avez le choix. Avec 250 Mo d'espace de stockage, aucun problème pour stocker des milliers de photos, fichiers sons ou vidéos.
Une question ? Notre équipe technique est à votre disposition pour vous répondre.
Avec l'offre Classic, le bandeau Haut et fort s'efface, vous êtes chez vous !
L'offre Classic est proposée à 5,9 Euros par mois ou 59 Euros par an.
Vous pouvez souscrire à chacune des 2 offres Classic et Pro pour la durée de votre choix (à partir de 3 mois) et sans engagement de renouvellement. Vous pouvez aussi changer d'offre en cours de période.
Cliquez ici pour créer votre blog."
Pro, c'etst carrémént 15 euros/mois... bof...
On fait quoi?
Une collecte? une souscription?
On enlève les "vieilles" notes?
On migre?
Doudourou.
18:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note
Tu parles Charles !

Faut travailler plus, et plus longtemps, et même que bientôt, on va pouvoir percevoir sa jolie retraite de rien et travailler encore, et encore, et encore, et bientôt on va créer un joli machin, n’en doutez pas, pour arroser de subventions de jolis entreprises qui les aiment les seniors, car ils sont la richesse de notre beau pays !
Tu parles Charles !
On apprend aujourd’hui le renvoi de France Musique de quatre personnalités majeures du jazz en France : Claude Carriere, Jean Delmas, Philippe Carles et Alain Gerber. La raison invoquée ? Le dépassement d'âge...
4 sommités, qui (même si je ne suis pas l’ami personnel de Claude Carrière) sont de véritables puits de connaissance, des mémoires et des témoins vivants de l’histoire du jazz. Dans le cas de Gerber, nous avons carrément là un géant, à la plume merveilleuse.
On suppose que peut-être le jazz sera plus djeun’z et hype avec de petits gars qui bondissent sur leur chaise en parlant et qui pourront nous beugler dans les écouteurs, « ‘tin, Trane, c’est d’la bombe bébé »…c’en est désespérant.
Nous sommes à l'heure de la réorganisation de Radio France et de France Télévisions. Alors que l’on parle de suppression des publicités pour faire la part belle à des programmes plus culturels, plus exigeants, c’est malgré tout le jazz qui trinque...
On croit rêver ! Alors que chaque année, l’été venue, festival et salle de concert sont remplis de fondus qui rêvent encore en écoutant Shorter, McCoy Tyner et plein d’autres.
C’est pourquoi, un peu dépité, je vous fais parvenir cette initiative de pétition. Si vous souhaitez y participer. Envoyez un mail à initiales@martinepalme.com en indiquant dans l'objet "pétition France Musique" ainsi que votre nom et profession dans le corps de l'email.
Il en va aussi de l’avenir de cette musique qui perd chaque jour de nouveaux vecteurs de communication.
Et on voudrait empêcher le téléchargement illégal ? On se demande bien pour qui. Ce gros connard braillard de Florent Pagny a encore de beaux jours devant lui !
tivitube
12:00 Publié dans L'espace militant des éxilés | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
24.06.2008
À mauvaise école (II)

Donc c'est plié pour l'école de mes enfants.
Malgré la mobilisation des parents d'élèves, des profs, des élus,
malgré la visite de Bébert "libéral" Delanoë,
c'est plié.
Le poste de soutien lecture a été supprimé
- ça représentait cinq poste dans l'Académie... l'argent qu'on a économisé! -
le poste de CLIN aussi (une classe de français première langue pour les primo arrivant)
et probablement aussi le poste de Toute Petite Section (enfants de 2/3 ans ).
Les nouveaux programmex dignes de l'école de mon grand père seront mis en place à la rentrée.
Les "stages de rattrapages" obligatoires vont s'appliquer en dépit du bon sens.
Les directeurs devront dénoncer les parents sans papier via la "base élève".
On détourne l'effet du droit de grève des profs via le "service minimum" dans l'éducation.
Dorénavant, les grèves des profs feront une brève à la radio,
un entrefilet dans les journaux,
deux secondes à la télé.
Si c'était tout!!
Savez vous qui est responsable des incendies au centre de rétention de Vincennes?
La politique honteuse d'Hortefeux?
Nan...
Cherchez encore...
Ben, les militants d'RESF!
Sissi! ça vous en bouche un coin, hein!
C'est Monsieur Frédéric Lefebvre, un des porte-parole de l'UMP qui le dit :
les collectifs comme RESF se livrent à "des provocations (...) au risque de mettre en danger des étrangers retenus".
"Il n'est pas tolérable que des "collectifs", type RESF viennent faire des provocations aux abords de ces centres au risque de mettre en danger des étrangers retenus"... "L'UMP demande que dans l'affaire de Vincennes toutes les conséquences soient tirées, y compris au plan judiciaire, si la responsabilité de membres de collectifs comme RESF était avérée".
C'est-y pas beau?
Pour la sécu, on a trouvé la solution!
Les malades "longues durées" ont qu'a crevés.
Ou payer une mutuelle super chère.
Et Hop! Voilà un truc réglé!
(Doudourou, vénère!)
19:42 Publié dans L'espace militant des éxilés | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : école, zep, grève, manifestation, darcos, sarko
Du Vent !
16:05 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (62) | Envoyer cette note | Tags : beirut
23.06.2008
Le déjeuner sur l'herbe
La grenouille de la météo ne s'était pas trompée.
En ce dimanche de lendemain de fête de la musique,
le soleil tape à bras raccourcis sur Paris.
Fidèle à lui-même,
M. Dourourou arriva au lieu de rendez-vous à vélo,
le sac à dos chargé de victuailles.
Son fiston le suivait et Mme Doudourou à vélo itou avec la petite dernière sur le siège enfant.
Ils se croient les seuls arrivés et tournent autour de la place la mine sombre.
Soudain deux bras se lèvent et ondulent en cadences.
Ce sont dame Audine et dame Béabab, attablées en terrasse,
et qui sirotent de concert un petit thé.
Embrassades, effusions, émotions, présentations.
Peu après M. Télétubs et Mme Emma Stanton son épouse arrivent à pas nonchalants,
poussant un landau ou se trouvait leur petite fille.
Derechef : embrassades, effusions, émotions, présentations.
M.Télétubs arbore un maillot "Italia Campion del Monde" (ou quelque chose comme ça),
du plus bel effet, et qui fait sensation.
On vante son sens de la provocation en cette période foutebalistique.
Il jure sans grands dieux, mais nul ne veut le croire, que c'est pur hasard
On attend encore M. Balmeyer et Mme Zoridae son épouse, ainsi que leur fils,
animateur de blog concurrent mais néanmoins amis (voir ici et là).
Puisqu'ils se font attendre,
le petit groupe décide de se mettre en route pour gagner l'ombre des arbres.
À peine nous étions nous mis en branle,
que le téléphone vibre dans la poche de M. Télétubs,
et voici nos deux retardataires qui s'élancent vers nous.
Embrassades, effusions, émotions, présentations.
Un débat se fait jour entre M. Doudourou et M. Télétubs sur l'endroit idéal pour établir le bivouaque.
Cette querelle menace de tourner au pugilat, mais - grâce au ciel! - ce ne fut point le cas,
et il s'accordèrent sur un endroit superbe, ombragé par des arbres centenaires...
"comme dans Totoro", révasse M. Doudourou toujours poète.
M. Doudourou déploie une grande couverture,
qui rappelle à Mme Audine une couverture appartenant à sa grand-mère,
et à M. Dorham la tunique de Charlton Heston dans Ben-Hur.
Au milieu des rires la couverture est installée,
réalisant une parfaite hétérotopie foucaldienne en bonne et due forme.
Les victuailles sortent des paniers de toutes part,
offrant un agréable spectacle à la vue et a l'olfaction,
avant que de réjouir le palais.
Au menu : melon, taboulé, taboulé aux crevettes, salade de riz, cake aux olives, jambon, fromage, pain, gateau et vin rosé à profusion.
De tous côtés et en tous sens ce ne sont que propos brillants,
considérations profondes et graves,
anecdotes piquantes,
mots d'esprits mémorables,
tandis qu'à droite et a gauche s'égayent les bambins,
souvent en compagnie de l'un ou l'autre de leurs parents.
Mais il n'est de bonnes compagnie qui ne se quitte, Hélas!
Mme Béabab doit nous quitter pour répéter le rôle tragique qui sous peu la rendra célèbre.
Mme Doudourou part conduire sa petite fille à un goûter d'anniversaire
Puis M. Télétubs, dame Emma Stanton et leur adorable fillette doivent partir à leur tour.
C'est l'heure pour M. Balmeyer, Mme Zoridae, Mme Audine, M. Doudourou et son fils d'explorer le parc de Bercy,
vacillant cependant, dans une touffeur certaine.
La petite bande est au bord de l'effondrement,
lorsque M. Doudourou signale à l'attention de ses compagnons d'infortune,
une onde fraîche autant que rafraîchissante,
une cascade jaillissante qui coule en un doux murmure non loin de là - voir la photo -.
C'est en volant, presque, qu'ils gagnent cet endroit paradisiaque.
Une brise opportune et légère circule près de cette oasis.
Les petits pataugent, s'éclaboussent en riant,
font flotter de frêles vaisseaux de bouts de bois.
En attendant M. Edgar, qui avait évoqué la possibilité de sa venue,
Mme Zoridae, Mme Audine et Mr Doudourou agitent diverses questions de littérature, d'écriture, d'arts...
Mais la journée tire à sa fin,
et il faut se rendre à l'évidence,
Edgar ne viendra pas...
Fourbus mais heureux, petits et grands se souhaitent le bonsoir,
avant que de prendre le chemin du retour...
Doudourou
09:21 Publié dans c'est arrivé près de chez vous | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : bercy, jardin, pic-nic, lentilles
22.06.2008
Bientot les vacances !
Emma
21:16 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (48) | Envoyer cette note
17.06.2008
Six Feet Under, série de gauche
Elles sont plutôt rares les productions américaines à succès dans lesquelles on peut voir, comme dans la série Six Feet Under , un protagoniste reprocher à un autre d’avoir favorisé l’élection de George W. Bush en 2000 en votant pour le candidat écologiste Ralph Nader plutôt que pour le démocrate Al Gore. En général, lorsqu’un film grand public ou une série laisse transparaître une orientation politique, un spectateur à la sensibilité de gauche doit plutôt s’attendre à se voir révéler, ou confirmer, que les personnages qui l’ont ému, auxquels il s’est identifié et attaché, professent des opinions très éloignées des siennes. Se sachant minoritaire, il s’est résigné à cet hiatus entre ses pratiques culturelles et ses convictions. Les réalisateurs qui partagent ses idées ne parviennent qu’exceptionnellement à fédérer un large public : ils sont victimes à la fois de la période historique, d’un système audiovisuel surtout voué à conforter la domination, et des limites de leur propre langage.
Le monde du spectacle et des médias est le plus souvent en affinité profonde avec l’ordre du monde : les histoires et les mythes qu’il met en circulation sont des histoires et des mythes de droite et travaillent pour la droite, même s’ils ne se présentent pas toujours sous cette étiquette. Ce rouleau compresseur culturel rend d’ailleurs un peu dérisoire le principe d’égalité du temps de parole accordé aux représentants des partis politiques en période électorale.
Tandis que journaux télévisés et émissions d’« information » perpétuent indéfiniment des clichés qui ne sont jamais interrogés, privilégient le sensationnel, cultivent la peur, désignent des boucs émissaires, l’« industrie du rêve », elle aussi, coupe l’herbe sous les pieds de la gauche. Car elle produit du rêve, certes, mais aussi, à part quasiment égale, de la haine de soi. Elle apprend au public que tous ceux qui ne correspondent pas à ses critères de richesse, de pouvoir, de succès, d’élégance vestimentaire et/ou de perfection plastique sont ringards et méprisables; en lui étalant au visage la réussite et la félicité de ses stars, elle l’humilie, elle entretient sa rage et sa frustration. Quand, détournant les yeux de la page ou de l’écran, il regarde autour de lui, il n’a pas envie de s’organiser avec les autres pour améliorer les conditions d’existence qu’il partage avec eux : il cherche plutôt le moyen de fausser compagnie à tous ces ratés et de fuir les endroits minables où il végète injustement avec eux. La sorte de rêve produite par la société du spectacle est celle que Flaubert — comme j’ai essayé de le montrer dans La Tyrannie de la réalité — avait déjà parfaitement décrite dans Madame Bovary, alors que ce système était balbutiant : un rêve qui, au lieu de conforter le rêveur, de lui permettre d’enrichir et d’approfondir le monde dans lequel il vit, produit au contraire chez lui une « passion de la rectification », un désir de table rase, une colère aussi stérile qu’inépuisable, dans laquelle il peut finir par engloutir toute son énergie, contre la non-conformité et l’insuffisance de ce qui l’entoure.
Si l’on peut considérer Six Feet Under comme une série « de gauche », ce n’est pas seulement en raison des scènes — de toute façon rares et furtives — où ses personnages parlent politique ; ni en raison des quelques piques anti-Bush très drôles qui l’émaillent ; ni de sa satire des multinationales — registre abandonné dès la fin de la première saison, au terme d’une lutte héroïque et victorieuse contre les « requins nazis » de chez Krohner ; ni de sa crudité sexuelle ou de son recours aux drogues comme ressort comique ou onirique. C’est aussi, et peut-être surtout, parce qu’elle ne se plie à aucun des diktats énumérés plus haut et qu’elle ne joue jamais sur le complexe d’infériorité sociale du spectateur.
Aucune trace de bling-bling dans son esthétique. En la regardant, il ne se mêle pas à notre plaisir une vague frustration à l’idée qu’on ne conduit pas une voiture de luxe ou qu’on ne rentre pas dans une taille 36. Les personnages peuvent être charmants, mais ils n’ont pas le visage lisse, le brushing impeccable, la silhouette irréellement mince et les tenues pimpantes qui sont de mise dans la plupart des autres séries — y compris dans Lost, où c’est au mépris de toute vraisemblance, puisque la survie sur une île déserte après un crash aérien paraîtrait justifier, a priori, un minimum de débraillé. Très loin de la banlieue cossue et ripolinée de Desperate Housewives, un grand nombre de scènes se déroulent dans la maison sombre et vieillotte des Fisher, qui doit rappeler à plus d’un spectateur celle de ses parents ou de ses grands-parents, et dont l’atmosphère est d’autant plus déprimante qu’elle abrite à la fois le domicile de la famille et son entreprise de pompes funèbres ; il faudra attendre les derniers épisodes de la dernière saison pour qu’elle ait droit à un coup de frais qui symbolisera le passage de relais entre les générations.
La prouesse de Six Feet Under, c’est d’aborder la vie de manière aussi frontale et honnête que la mort, sans rien occulter de ses difficultés, de sa cruauté, de sa brutalité — ce qui rend les moments de grâce encore plus forts ; c’est de montrer des personnages névrosés, déboussolés, tâtonnants ; et d’exploiter cette matière, habituellement bannie des productions grand public, avec un tel sens de la dramaturgie, un tel humour qu’au lieu de prendre ses jambes à son cou, on est vissé à son écran. Certes, la série ne propose pas à proprement parler un idéal ; mais, au moins, elle ne renforce pas le crédit de ces « idéaux » à la fois tyranniques et dérisoires que sont la réussite matérielle, la voiture de luxe ou la taille 36. Et elle fait aimer au spectateur des personnages qui lui ressemblent, ce qui n’arrive pas si souvent.
Par ailleurs, son dispositif narratif entremêle les destins de gens particulièrement nombreux, et aussi différents que possible les uns des autres par leur âge, leur caractère, leur origine culturelle ou leur milieu social : non seulement les membres de la famille Fisher, mais aussi les proches des morts dont celle-ci a la charge de préparer l’enterrement, ainsi que ces morts eux-mêmes, qui s’avèrent on ne peut plus bavards et remuants. À chaque nouvel épisode, les héros font donc la connaissance d’un mort différent et de ses parents ou amis ; la rencontre a des résonances profondes dans leur manière de mener leur propre vie. Le secret de la série réside peut-être dans ce foisonnement d’ouvertures sur des univers singuliers et dans la sagesse qu’il traduit obscurément : l’attachement à la vie n’est pas conditionné par son caractère heureux, ou pas uniquement, comme le croient les producteurs de bluettes et les forcenés de la « positive attitude », mais tient avant tout à sa richesse, à sa diversité ; ce dont l’écrivain suédois Harry Martinson exprimait l’intuition : « Une pensée qui n’est pas vraiment formulée mais qui le frappe soudain à la manière d’un doute l’aide à se cramponner et se maintenir. Il y a tellement de choses, de toutes sortes. La consolation est à trouver dans la multiplicité. Les composantes de cette multiplicité se consolent au moyen de leur pluralité. Tout est d’une richesse très variée et personne ne peut affirmer qu’il connaît le fond. C’est pourquoi nous pouvons toujours fouiller dans cette pluralité. »
Extrait de "Rêves de droite" de Mona Chollet (livre que je recommande tout comme la série SFU)
13:16 Publié dans Observatoire des séries | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : six, feet, under, sfu, série, américaine, gauche
Que devient Bernie?
Le 9 juin dernier, Le Parisien nous a donné une réponse à cette question - que tout le monde se pose - en image, à l'occasion de la publication d'un article relatif au lancement de la fondation de l'ancien président de la République.
Le temps des privilèges de la démonarchie est révolu. Quel triste sort pour l'ancienne première dame de France...
11:27 Publié dans c'est arrivé près de chez vous | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : bernadette, chirac, balai, balaie, parisien, jacques, sarkozy
16.06.2008
Esbjörn Svensson : mort soudaine et regrettable d'un grand pianiste et non moins grand musicien
Esbjörn Svenson, est mort...
C'était un jeune pianiste suédois et surdoué de 44 ans.
Il est mort lundi d'un débile accident de plongée, non loin de Stockholm.
Il est essentiellement le créateur du Esbjörn Svensson Trio
- appelé plus souvent sous l'acronyme de E.S.T.-
avec le bassiste Dan Berglund et le batteur Magnus Ostrom.
EST c'était un trio bien repésentatif du jazz de ces 10 dernières années,
un jazz décomplexé, presque,
qui ne craint pas de fleurter avec le rock, l'electro ou la pop,
qui n'a pas peur de la popularité et du grand public,
qui ne postule pas à tous coups une supériorité de la marge,
du groupuscule ou de l'underground.
Du rock, E.S.T. récupère l'énergie, les mélodies accrocheuses pour l'oreille,
et un certain sens du bidouillage électronique du son,
et du jazz, il garde l'exigence harmonique et rythmique,
et le rôle centrale de l'improvisation,
de l'aventure risque-tout tout-à-fond.
Ici ils interprètent "When God created the coffee break",
au festival de Jazz de Juan les Pins en juillet 2003.
EST était un trio passionnant,
riche d'une potentialité extraordinairement fertile .
Potentialité qui a coulée lundi, au large de Stockholm...
22:05 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : esbjörn svensson
15.06.2008
Donne nous ... (5) - William (suite et fin)
(je recommande fortement de lire la première partie avant celle là et de ne pas lire les commentaires avant de lire cette partie là. Mais bien sur, chacun fait comme il veut !)
« Elle a mangé votre reine ! » a dit la blonde.
William réprime un agacement et ne corrige pas par « pris ma Dame ».
William préfère les brunes piquantes aux blondes sucrées, n’importe comment.
Et qui a dit que William a bon caractère ?
La brune se mordille les lèvres et flaire un piège qu’elle n’a pas détecté.
William avance un cavalier qui met en échec le Roi et la Dame.
Quand le club ferme, William rentre chez lui. Il shoote dans une canette de bière qui fait un bruit de torrent incongru. Il repense à des vers de Victor Hugo : « Son corps, couvert de lames vertes, Semble un mouvant amas de boucliers d’airain. Son sommeil fait le bruit d’un torrent souterrain. Quand il a soif, sa gueule, ouverte, vaste, horrible, Boit tout un fleuve avec un aboiement terrible».
Chez William tout est rangé au cordeau.
William aime la précision. Pour gagner sa vie, il est transcripteur de rapports de vérification techniques en termes juridiques. Aujourd’hui, William a transcrit un rapport de vérification d’une grue à tour Potain de 50 mètres. Si vous insistez un peu, William peut expliquer : le limiteur de course, l’anémomètre, le limiteur de moment, le lest, et citer les règlementations adéquates. Si vous vous intéressez vraiment, William peut détailler : l’Europe et les directives, les décrets d’application et les perpétuelles recherches pour savoir exactement où en sont les obligations. Ca énerve William ça aussi, passer deux heures de temps de travail à la recherche d’une directive sur l’espacement des paliers dans les fûts de grues à tour pour préserver le coût cardiaque du grutier grimpeur.
William pense que ce qu’on sait doit être posé clairement.
Sur un mur de l’entrée de chez William, une feuille A4 est épinglée avec cette inscription : « L'homme est une corde tendue entre la bête et le surhumain - une corde au-dessus d'un abîme. Nietzsche ».
Sophie, la brune du club d’échecs, trouve William beau et est assez fascinée par l’éclat de sa peau cuivrée et son sourire de publicité. Sophie trouve William beau mais fiévreux, une lueur moite du regard, un débit à staccato cachant des silences esquivés.
Après la fermeture du club, elle lui propose d’aller boire un verre.
Elle lui raconte un spectacle qu’elle a vu, l’Enfer, dans lequel joue Romane Bohringer.
Pierre Pradinas, le metteur en scène, a réalisé une adaptation libre du texte de Dante Alighieri. Elle lui raconte la Divine Comédie et ses neufs cercles de l’Enfer, de plus en plus profonds, et qu’il faut traverser pour se sauver. William trouve que Dante n’est pas très logique. Il place dans le 7e cercle les violents coupables d’homicides, tourmentés par les flèches de trois centaures et bouillis dans une mare de sang, puis dans le 8e cercle les Trompeurs, dont les flatteurs et les adulateurs, plongés dans une fosse répugnante. William met dans un coin de son esprit Dante pour y réfléchir plus tard.
Sophie lui explique que l’Enfer d’aujourd’hui est débordé par la foule grouillante, que Pierre Pradinas a imaginé l’ordonnancement de l’Enfer. Elle raconte en riant les sponsors tel que Maltoro et Cona-Cona, et les shows proposés par un Bernard Satan avec un portable collé à l’oreille en permanence.
William regarde Sophie finir son verre et ses doigts nerveux jouer avec ce qui sert de mélangeur. Il a envie de lui prendre la main et de porter ses doigts à sa bouche, et de lui faire un peu mal.
Finalement il jette un œil à sa montre, va dans les toilettes, se fait sa piqûre dans la peau du ventre, ressort et chacun d’eux repart de son coté.
William est fatigué, il ne dîne pas et va se coucher directement.
William préfère les brunes piquantes aux blondes sucrées, mais c’est la blonde Valérie qu’il ramène chez lui, un soir de pluie où sur le parking, elle s’aperçoit que sa voiture n’a plus de batterie.
Valérie n’est pas farouche, elle a une peau de pêche et une odeur de vanille.
En attendant que William lui serve un verre, elle reluque la bibliothèque, un mélange de livres d’histoire, de vulgarisation médicale, d’atlas et de droit. Elle feuillette un code pénal et lit une page cornée et surlignée de jaune, c’est l’article 64 : « Il n'y a ni crime ni délit, lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l'action, ou lorsqu'il a été contraint par une force à laquelle il n'a pu résister ». Elle parcourt les titres : Tanaka, Hidden horrors, Japanese war crimes in World War II ; Edward Russell of Liverpool, The Knights of Bushido, a short history of Japanese War Crimes ; PRoteinaceous Infectious particle ONly.Elle trouve que William est bien sérieux.
Il lui apporte un whisky bien tassé sans glaçon. Valérie ôte son pull qui est humide.
De la main, il attire son visage vers sa bouche et il l’embrasse. Puis il pose son verre, va vers la salle de bain, et rapporte une poignée de préservatifs, qu’il jette sur la table basse. Valérie pose son verre, en prend un et ouvre l’emballage.
C’est ainsi que ça a commencé, sans trop de bavardages.
Ca a commencé dans le salon puis ça s’est poursuivi dans la chambre.
William a de l’huile de noix de coco, dont il enduit Valérie pour ensuite la nettoyer lentement avec sa langue, pendant qu’elle gémit va plus vite va plus vite t’arrête pas, puis il part chercher une bombe de crème chantilly dans le frigo, et ils s’en recouvrent mutuellement, sans prendre le temps de toujours l’enlever, et leurs corps en se frottant l’un à l’autre font des bruits mouillés, et comme ils ont laissé la fenêtre ouverte, de temps en temps, un insecte vient se brûler à la lampe de chevet en émettant un bruit d’expiration sifflante.
Valérie, qui est technicienne d’analyse dans un laboratoire de biologie médicale, est partie nue et les cheveux collés aux toilettes et est revenue en commentant le poster de l’île de Nauru « on dirait une mitochondrie ». « T’as le sens de l’observation » lui a répondu William et il s’est mis à lui mordiller les fesses pendant qu’elle se trémoussait.
Ils ont dormi aussi un peu, pendant que la nuit entrait dans la chambre. A six heures et demie, William s’est réveillé, comme d’habitude.
Il est allé aux toilettes, puis il a ouvert le frigo et bu à même une bouteille de lait.
A moins le quart, il est allé dans la salle de bain et il a fait sa piqûre de quinacrine et de polysulfate de Pentosan, assis sur le rebord de la baignoire.
En se relevant, il vacille un peu et s’appuie sur le lavabo. Il pense au prion, saloperie. Il a envie de boire un litre d’eau de Javel.
William a la maladie du Kuru. C’est une encéphalopathie spongiforme transmissible. Le visage tordu, le médecin lui a dit « son mode de transmission a pu être relié à un rite funéraire anthropophage » et William s’est retenu de l’empaler sur sa lampe de bureau.
Pense à Nietzsche. Et la force mentale, qui ralentit la maladie. Qui ralentit.
N’empêche, sa jambe gauche tremble sans raison.
C’est là, dans la salle de bain, que William a pris sa décision.
William préfère les brunes piquantes aux blondes sucrées mais tant pis.
Il a de la place dans le congélateur, il connaît les techniques de dépeçage. Il est contraint par une force à laquelle il ne peut résister. Il va le faire. N’importe comment, sa fin n’est pas loin, sa faim n’est pas loin.
En allant chercher un grand couteau dans la cuisine, William se demande dans quel cercle de l’Enfer Dante aurait mis les cannibales.
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