05.09.2008

Des lectures estivales

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Mariolina Venezia

« J’ai vécu mille ans »

302 pages

Gioia porte l’histoire de sa famille depuis quatre générations, en cela rien de bien original puisque c’est notre sort a tous que de traîner des casseroles avant même d’être conçus.

Mais Gioia vient de ce sud de l’Italie ou le temps à commencer avec cet ancêtre coléreux et riche qui posséda une jeune fille mais jamais ne l’épousa. Elle lui fit une descendance de filles si nombreuses qu’il avait renoncé depuis longtemps à voir un naître un héritier mâle qui serait la raison de légitimer cette union contre nature au 19ème siècle. Au cours des longues décennies qui suivirent le bonheur ne fut jamais autrement que furtif, annonciateur d’un plus grand malheur encore que le précédent. Les femmes n’avaient d’avenir que dans le mariage et ce devait de transmettre cet idéal aux filles. Mais même au fin fond d’une Italie arriérée, un souffle de liberté caressa ces belles au sang chaud. Les relations mères filles se firent compliqués, douloureuses, parsemées d’incompréhension, il fallait fuir ce village étouffant. Renier la terre qui collait sous les chaussures, rire de l’ignorance des ancêtres avec leurs superstitions, s’engager peu importe la cause du moment qu’elle donnait une orientation nouvelle. Mais le poids des racines vous ramène à ceux qui vous ont faite, l’ignorer c’est se perdre, traverser la vie dans un état second, en se blessant toujours un peu plus, ignorant la douleur, croyant s’endurcir alors même que la faiblesse vous guette. Alors on regarde tous ces morts dans les yeux et enfin on assume d’être une petite Italienne du Sud. C’est ainsi que Gioia peut guérir en laissant venir à elle les souvenirs, les assemblant pour enfin se redresser.

Un premier roman tout à fait réussi à plusieurs niveaux, d’abords la narration qui vous happe pour ne plus vous lâchez, la saga qui n’est pas sans rappeler le meilleur du cinéma Italien, l’absence complète de complaisance qui pour le coup nous rend indulgent, la construction parfois un peu décousue mais qui s’emboîte pan par pan revisitant au passage l’histoire douloureuse de ce pays qui n’a cessé de faire des erreurs tant par passion que par impulsion et enfin toutes ses femmes fortes, dures, terriennes, de celles qui font les hommes quand ceux-ci croient le contraire.

On va dire que c’est le coup de cœur de la rentrée vu que je n’ai rien lu d’autre en nouveauté !

Cet été j’ai aussi cédé à la trilogie des milléniums qui m’ont rendue captive plusieurs jours à attendre le dénouement d’une intrigue bien ficelée et d’un travail d’écrivain digne du journaliste qu’était Sieg Larsson.

Je me suis passionnée pour « la société des jeunes pianistes » ou les obsessions adolescentes sont troublantes de réalité, ou la musique est si exigeante qu’elle ne supporte pas la médiocrité et ou parfois elle mène à une fin que l’on croit choisie.

J’ai eu bien du mal à finir les deux livres de Hatzfeld sur le génocide au Rwanda, j’ai encore du mal à m’en remettre.

Malavita de Benacquista m’a une fois de plus étonnée et beaucoup plu.

« La pastorale Américaine » m’a émue, faite rire et surtout transporté dans un monde jamais très loin de moi (merci Télétubs)

Jean Teulé est décidément un auteur plein de talent qui redonne vie à des gens que l’histoire n’aurait jamais du oublier !

Benny Barbash a su se mettre dans la peau de ces enfants dont les parents sont toujours sur la brèche et qui guette le naufrage avec effroi et soulagement.

Voilà pour ce qui me reste de mes lectures de l’été, c’est peu, je suis très frustrée de ne pas pouvoir y consacrer plus de temps, mais qui sait un jour peut-être je serai à la retraite !

 

Grazie