06.05.2008
Chronique des jours qui viennent après la quarantaine
Avant de commencer à me plaindre de mon sort je vous présente mon fidèle compagnon que l'on m'avait volée lundi dernier devant la mairie et qui est réapparu au même endroit une semaine plus tard ! Un mystère de plus qui ne sera pas résolu !
J'ai naïvement cru qu'avoir 40 ans serait à défaut d'une jeunesse retrouvée au moins une sérénité accomplie, mais depuis le début de l'année tout s'emballe et je commence à percevoir de très près ce que travailler plus pour gagner moins veut dire !
Après des humiliations à répétitions chez mon éditeur et un nouveau contrat tout nul qui pointait le bout de sa feuille, j'ai eu la prétention de croire qu'en partant je manquerai à quelques auteurs. Mon égo en a pris un coup quand j'ai vu que nul n'était irremplacable surtout en tant que correctrice ! Je conserve le comité de lecture et quelques évènements annexes et je pars avec toute ma fièrté quand même un peu abîmée.
Comme je suis la reine des opportunistes j'ai un super boulot pour le dauphiné libéré qui m'est tombée dessus, j'ai fait mes calculs (enfin si seulement je savais calculer je serai riche) et je me suis dit que si le salaire était médiocre (je suis indépendante catégorie que je partage aussi avec les prostituées mais tout le monde s'en fiche !) au moins je n'aurai pas de frais de route, je me déplacerais à vélo donc je serai en accord avec mes principes écolo, je me ferai un réseau pour enfin arracher la mairie au prochaine élection et surtout j'irai au spectacle gratos !
De spectacle je fais souvent ceux des salles des fêtes (je pourrai vous parlez d'une soirée cabaret avec des élus ivres morts et limite décents que vous enviriez ma position de priviligiée) des réseaux ce sont tous des grabataires qui vivent dans le passé d'une mairie perdue, et pour ce qui est de pédaler c'est efficace uniquement si je suis dans le coin (pas plus tard qu'hier j'ai pris la voie rapide à vélo pour aller couvrir un départ de feu et j'ai failli mourir 10 fois !)
Bon reste les remplacements au pied levé, ce matin je suis allée voir Sarko qui visité une maternelle d'un bled paumé j'ai donné l'info à ma fille sur son lieu de déjeuner depuis tout le lycée est là et je tremble qu'ils apprennent que je suis une infiltrée !
Je vais aussi souvent au théâtre mais ici seuls Gélas et Bénedetto ont le droit de citer, des soixantehuitards embourgeoisés qiu font la loi dans leur milieu, je m'en suis déjà mise un à dos car je lui ai demandé si il trouvait sa mise en scène de "Mireille" trop moderne pour que j'en comprenne l'essence ou si elle était résoluement 19ème siècle, depuis il ne veut plus que je vienne au première et l'a fait savoir à ma direction.
Je rencontre des auteurs aussi la semaine prochaine ce sera Gaston Kelman, cette semaine j'ai couvert l'attribution de lot pour les maisons Borloo (j'ai demandé au maire si dans développement durable il avait inclu le vieillissement de l'habitat, il m'a fusillée du regard et n'a pas répondu, je cherche encore ce que j'ai fait de mal !) j'ai fait une superbe expo macro sur le végétal qui m'a valu une page entière dans le journal et une invitation au parc de la tête d'or à Lyon pour mettre en mots des images.
Alors de quoi je me plains, peut-être de travailler dur, de me déplacer tout le temps et d'être payée en centimes !
D'avoir cette terrible sensation de toujours être à côté de l'essentiel, chez moi ca part un peu à vaux l'eau entre une aînée qui se dit que si elle a pas son bac elle va prendre une année sabbatique, une cadette qui vomit sa vie à une fréquence inquiétante et reste droite dans ses bottes me traitant de folle paranoïaque quand j'essaie de lui en parler, une benjamine qui se demande à quoi ca sert d'aller au lycée l'an prochain pour trahir son moi profond qui lui peut vivre au fond d'un lit en écoutant de la musique et mangeant des cookies et un mari qui soigne ses angoisses à coup d'herbe aromatique au point de voir la vie comme une distraction ou de toute façon tout finit par passer !
Au fond cette moitié de vie n'est pas une avancée en soi, juste un cap de plus à franchir et moi je nage très mal et j'ai un peu peur de l'eau donc parfois je cours au naufrage, d'autre fois je rame et les moments ou je navigue paisiblement ils sont où ?
Quelle arnaque la vie quand même surtout en étant de gauche dans une région de droite, mais y a pas que la politique dans la vie et les trahisons sont nombreuses.
Je file je vais couvrir la manif des lycéens et bientôt je vous parlerais d'un livre ou d'un truc drôle (si ca existe encore)
Grazie pigiste des grands jours
11:41 Publié dans ce monde-ci n'est qu'une vallée de larmes | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
09.04.2008
Le fil d'Ariane

Un jour, vous allez faire un examen de rien. Vous avez bien des douleurs ici ou là et le médecin affiche une mine qui vous glace, mais vous essayez de pas vous en faire.
Quand j’avais quinze ans, je me disais : « j’ai 15 ans et ça n’est pas passé si vite que ça ». Et j’ajoutais en moi-même : « si je vis jusqu’à 75 ans, il me reste encore quatre fois à vivre ce que je viens de vivre ». Je me suis dit la même chose à 20 ans en me rajoutant 5 ans de plus d’espérance de vie. On est généreux avec soi quand on est jeune. Et puis aujourd’hui, j’en ai 32 et je me dis que si je vis jusqu’à 64 ans, ce sera déjà pas si mal, et ce ne sera que deux fois la vie que j’ai eue jusque là, et que dans le fond, ça passe vite.
Le mec, il va donc faire ses examens. On doit être fin janvier. Et le médecin lui dit, je sais pas comment, avec plein de gentillesse, je sais pas si on peut dire ça avec les formes, enfin, il lui dit qu’il a un cancer du pancréas. Et le 8 avril, un éclair plus tard, il meurt, et c’est tout. A 50 balais et deux trois poussières derrière. 50 ans de quoi au juste ? On fait quoi en 50 ans ? On fait sa vie, on se lève le matin pour aller bosser, on va faire ses courses au supermarché, on attend que ça passe, parfois on fait des queues qui vous volent du temps, en fait, on passe son temps à faire des trucs et des machins qui vous volent du temps, auprès de ceux que vous aimez, auprès d’amis avec qui voudriez passer plus de temps, vous vous dites que vous laissez tout filer, votre temps et celui des autres, vous revenez en arrière et vous vous dites, « tiens à çui-là, j’aurais dû lui dire ça, avant qu’il parte ». Vous avez pas le temps et si ça se trouve, vous êtes à moins de la moitié de votre vie.
Ce que je dis, ça a l’air idiot je sais, idiot comme pas permis, parce que si ça se trouve, tiens, ce soir, je vais me faire culbuter par une voiture ou pas, et faut vivre sans trop regarder devant, enfin, pas tenter de jeter un œil par dessus le mur, parce que la vie après elle ressemble à rien. Mais des fois, j’ai déjà cette impression. Alors comme j’ai peut-être pas trop le temps et que la vie me rappelle à quelques devoirs, qu’elle me dit : « hé, t’atterris gusse ? », je vous le dis : vous êtes bien mes lentilles…tous autant que vous êtes, avec vos caractères de chiens, vos envies taquines, vos grognonneries qui parfois parviennent jusque mon blog (comme ce Doudourou ironique d’hier qui me fiche une piqûre de rappel), vos discussions de tout et même celle de rien. Et parallèlement, je me juge con de me rappeler des nécessités humaines parce qu’un autre que moi est mort ; un mec bien, qui a eu une influence très positive sur ma vie. Et des mecs bien, y en a combien qui meurent chaque jour…mais celui-là, j’ai pas eu le temps de lui dire : « merci ! ».
tivitioub
10:56 Publié dans ce monde-ci n'est qu'une vallée de larmes | Lien permanent | Commentaires (110) | Envoyer cette note
06.04.2008
moustiquaire

Moi j'dis,
c'est des nuisibles,
des espèces de rats,
des genres de cafards,
mais bruyants en plus,
des inactifs,
des dégénérés.
Qui?
Ah ben "les jeunes", bien sûr!
Faudrait éradiquer tout ça,
s'en débarrasser une bonne fois,
tous au poteau
... mais y'a pas le droit.
mais heureusement il y a la boîte :
le "Mosquito" qu'y z'appellent ça,
ou "Beethoven",
çui-là qu'est mort sourdingue.
C'est très bien,
c'est pas vilain,
et c'est bien commode,
ça côute pas trop de sous, 950 euros.
Une "arme sonore de dissuasion anti-ado",
qu'a dit l'inventeur du bastringue, Howard Stapleton.
Pu b'soin de fusil de chasse!
Y'en a en Suisse et pi en Hollande,
et pi chez les anglais.
Et maint'nant y'en a en France.
On n'arrête pas le progrès.
Moi j'lentend pas,
mais les jeunots ça leur casse les pieds.
Et les oreilles.
Ben c'est bien fait!
y z'avaient qu'à pas.
Et moi j'suis ben tranquille chez moi.
Mais j'sais pas pourquoi mon p'tit n'veux y viens pu m'voir...
L'père doudourou
17:52 Publié dans ce monde-ci n'est qu'une vallée de larmes | Lien permanent | Commentaires (66) | Envoyer cette note
20.03.2008
"je me ferais crever, si j'étais à votre place."

L’heure a sonné et on annonce la fin programmée d’une femme souffrante et implorante.
Regardez les ces Diafoirus à chapeau pointu turlututu, empesés dans leur rigide moralité et leurs lâches certitudes.
Les voilà qu’ils tournent autour de l’Elephant Woman, agitant leur stéthoscopes, mais de quoi donc est ce qu’elle est morte ?
Et les journalistes d’égrener les hypothèses.
Un vil et traître médecin lui aurait il administré une dose létale, désobéissant ainsi à un serment hypocrite, révérant la vie jusqu’au moindre flageolement du neurone survivant ?
Aurait elle elle-même avalé le poison, se le procurant hors des frontières peut être, tant notre imbécillité fait de la mort une question de kilomètres ?
Ou les excroissances qui lui exorbitaient l’œil, lui allongeaient le nez en Pinocchio tragiquement petit frère d’ET, lui assommaient les méninges, la Maladie Mortelle a-t-elle eu raison de Chantal Sébire ?
Presque nos décideurs préfèrent, finalement.
Car enfin, enfreindre les lois, ça ne se fait pas.
Déchirons donc ces entrailles, examinons les viscères, découpons son corps, autopsions la culpabilité, qui est coupable, il faut le savoir, si ça n’est pas la Maladie ?
Chantal Sébire, coupable de manque de patience, sûrement.
Dans cette société tellement malsaine et si adoratrice de la mort qu’elle l’éloigne et l’idolâtre, en privant ainsi l’être humain lambda de la possession du cours de sa vie, il vaut mieux que Chantal Sébire soit morte de Maladie Mortelle.
Et pas de mains humaines.
Nous avons eu droit aux marionnettes habituelles, la ronde des médecins, des prêtres et des hommes d’Etat.
Tous se lavent ainsi les mains, en bon Judas.
Eh quoi, n’y a-t-il pas les soins palliatifs ?
Interdit de ricaner, interdit d’expliquer que la question n’est pas là, il a été décidé pour vous que votre mort ne vous appartient pas, et dites merci au monsieur de proposer les soins palliatifs. Comment ça, vous n’en voulez pas ??
Mais puisqu’Ils savent mieux que vous !
Et Chantal Sébire s’est traînée au milieu des caméras, a vendu sa dignité contre le droit de mourir, elle a marchandé, ma difformité contre ma mort, regardez comme je la mérite.
Hein, hein ?
Non on lui a répondu, démerde toi.
Ta dignité devant les caméras, c’est du pipi de chat.
Chantal Sébire est morte de cruauté.
Et c’est dégueulasse.
Vivement qu’on soit humains.
Audine
(le titre est tiré de "le malade imaginaire" de Molière, et il s'agit d'un oeil qu'il faut crever pour renforcer l'autre, d'après un médecin imaginaire)
21:56 Publié dans ce monde-ci n'est qu'une vallée de larmes | Lien permanent | Commentaires (178) | Envoyer cette note
22.01.2008
des petits trucs pour votre ordi !
pour éviter une vallée
de larmes !
ailleurs il y a Ronce'Art et ici ce serait bien si on apportait toutes et tous une petite Pierre , non ?
C'est Cactus au fait de son moi de janvier !
un chti truc si vous avez un vieil ordi portable avec possibilité de rajouter de la mémoire vive : un exemple : je roulais avec du 258 et tout ramait quant me vint rouge l'idée subite : pourquoi ne pas regarder coté barrretttes éventuelles ; de rajouter alors 2 barrretttes de 512 ce qui me fait dépasser 1 giga : pour 60 euros mon ordi PORTABLE ( c'est plus facile de rajouter de la mémoire vive ) de faire Rolls au lieu d'en racheter un et depuis je revois la vie en rose coimme après 81 et sa vague !
alors , à vous !
17:52 Publié dans ce monde-ci n'est qu'une vallée de larmes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17.01.2008
La nausée
On avait déjà eu droit au discours de Latran soufflé par Gaino et Gallo : « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. J'assume pleinement le passé de la France et ce lien particulier qui a si longtemps uni notre nation à l'Eglise », où le mari de Carla Bruni n’avait pas hésité à évoquer les "souffrances" infligées au clergé par la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905 (expulsion des congrégations, querelle des inventaires). Pour lui l'interprétation aujourd'hui consensuelle de la loi de 1905 relève d'une « reconstruction rétrospective ». Il en avait alors profité pour balancer le concept fumeux de « laïcité positive », face à une laïcité « épuisée » et menacée par « le fanatisme », jugeant qu’il était dans l'intérêt de la République d'avoir « beaucoup d'hommes et de femmes » qui « croient » et qui « espèrent », le tout agrémenté de termes qui caressent toujours facilement les bigots dans le sens du poil : « morale », « valeurs », « transcendance », « sacrifices », blah blah blah.
Maintenant, à Ryad, c’est l'héritage « civilisateur » des religions et, carrément, les « racines religieuses » du monde qui sont exaltés : « Dans le fond de chaque civilisation, il y a quelque chose de religieux », « c'est peut-être dans le religieux que ce qu'il y a d'universel dans les civilisations est le plus fort ». Un vrai sermon on vous dit : « Dieu qui n'asservit pas l'homme mais qui le libère », « Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme », « Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes », Dieu, toujours Lui, dont le message, le Pauvre, a « souvent été dénaturé ».
Stop, basta, n’en jetez plus !
Cependant, passée la nausée, il ne faudrait pas trop s’étonner de tels propos.
Rappelons-nous qu’en plein débat sur les signes religieux à l’école publique, le pote à Bolloré était pour « réaménager » ou « moderniser », je ne me rappelle plus du terme, la trop fameuse loi de 1905. Idéologiquement, le nabot de Neuilly se place dans une continuité, celle de la Droite Libérale (d’où viennent aussi Raffarin et de gros poissons de l’UMP), DL farouchement anti-laïque au début du XXème siècle. Le cynisme c’est qu’ils ont mené en 2003 LEUR croisade pour la laïcité, mais une laïcité détournée en nationalisme foireux et méfiance vis-à-vis des musulmans (et qui en passant a servi à quelque peu éclipser le débat sur les retraites). Et s’ils avaient pu de surcroît retoucher la loi de 1905, ils ne se seraient pas gênés. Mais c’était encore un peu trop tôt, et pour cela il fallait les pleins pouvoirs. Aujourd’hui l’ex de Cécilia les a, et comment.
Mais je voudrais également en profiter pour rappeler autre chose : que plus de trente ans avant 1905, un gouvernement français avait déjà décrété, de manière on ne peut plus tranchée, la séparation de l’Eglise et l’Etat. Eh oui, on l’oublie trop souvent, mais la loi de 1905 a volé la vedette au texte du PREMIER décret pris, et voté A L'UNANIMITE, par la Commune de Paris en 1871.
Ce texte, le voici :
- 2 avril 1871 -
La Commune de Paris
Considérant que le premier des principes de la République française est la liberté
Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés
Considérant que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la Liberté
DECRETE
Article 1 : L'Eglise est séparée de l'Etat.
Article 2 : Le budget des cultes est supprimé
Article 3 : Les biens dits de mainmorte, appartenant aux congrégations religieuses, sont déclarés propriété nationale.
Article 4 : Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les mettre à la disposition de la nation.
Bien entendu ce texte, comme d’autres et plus généralement beaucoup de ce qui a trait à la Commune, a été patiemment escamoté des mémoires. C’est que les motivations de l’adoption de textes qui vont pourtant dans le même sens sont bien différentes. La Commune est clairement internationaliste, par exemple. De ses représentants, plusieurs sont étrangers (allemands, polonais) et si elle supprime les insignes religieux et les prières à l’école publique, elle ne vise aucune communauté en particulier. Encore moins de visée ethnique implicite. On connaît la fin de la Commune et la répression dont elle fit l’objet.
En 1905 le contexte est différent. Sous la pression de l’opinion publique, la IIIe République a déjà laïcisé nombre d’hôpitaux, hospices et cimetières, l’Affaire Dreyfus est passée par là et l’Eglise catholique, à travers sa presse et par la voix de certains de ses prêtres, s’y est distinguée par ses prises de position ignobles. Je ne souhaite pas refaire "l’Affaire" mais je dis simplement que la séparation de l’Eglise et de l’Etat devait se faire, c’était certainement pas complètement "dans l’air du temps", mais c’était une concession minimum à faire d’un côté par la classe dirigeante (en mutation), pour resserrer de l’autre. C’est comme, je l'ai déjà dit, quand on nous ressasse que Mitterrand, dans son Infinie Bonté, a aboli la peine de mort. Là encore, même si l’opinion restait certes divisée sur le sujet, c’était plus ou moins inéluctable, ce serait le contraire, qu’elle n’ait pas été abolie, qui aurait été étonnant.
Bref, comme on va reparler de laïcité ces jours-ci (vous allez voir qu'on va nous marteler qu'il n'est pas question, pour l'instant, d'y toucher, qu'elle est "sacrée", etc.), je souhaitais replacer tout cela dans une perspective historique et essayer de montrer à quel point l'héritier de Pasqua, baptisé catho et trimbalé d’école privée du XVIIème en école privée à Neuilly-sur-Seine, a de la suite dans les idées (même si je sais que vous n'en doutiez pas) et comment, entre mise en scène people et annonces populistes non suivies d'effets, rien, dans tout cela, n'est laissé au hasard.
En effet, la contradiction n'est qu'apparente entre d'une part l'exaltation des valeurs chrétiennes qui participe de cet alignement stratégique et idéologique sur l'Amérique des néo-conservateurs dans leur croisade contre les "infidèles" (et à la pêche à ce qu'il reste de pétrole), et, d'autre part, la défense de la laïcité de 1905. C'est que cette défense de la laïcité "à la française" est, on l'a vu, nettement partisane en réalité. Car sur ce deuxième point il s'agit ni plus ni moins que d'un détournement de l'héritage révolutionnaire, de cette laïcité à la communarde qui n'était en aucun cas un slogan chauviniste, mais bien liée à l'image de l'Eglise catholique comme étant un des principaux soutiens institutionnels des forces réactionnaires et à l'idée que les intérêts de la classe ouvrière exigeaient que l'Eglise soit écartée des affaires de l'Etat ainsi que des écoles. Cette conception était intimement liée aux luttes sociales des dernières années du XIXème siècle, mais cela bien entendu (de même que tout ce qui a trait, au-delà du folklore, à mai 68) a été totalement effacé au profit de la stigmatisation des musulmans (et la création du CFCM n'est qu'une manière de plus de les contrôler), et plus généralement des arabes (entre autres), systématiquement confondus, justement, avec les musulmans.
Pas de doutes, l'actuel chanoine d'honneur de Saint-Jean-de-Latran s'y connaît en « reconstruction rétrospective ». Cette nouvelle variante de la laïcité, « positive », participe d'une vaste entreprise de reconstruction d'une "nouvelle" idée de l'identité dite nationale, qu'il voudrait commune. En notre nom. Contre notre gré. La nausée, décidemment.
Ed.
09:30 Publié dans ce monde-ci n'est qu'une vallée de larmes | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : petit jésus, sectes, on nous prend pour des cons, héritage révolutionnaire, luttes sociales



