30.05.2008

Vie est des-illusions


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Sur que ce film là ne sera peut-être pas celui de l'année, les imperfections sont nombreuses, parfois certaines scène sont un tantinet poussive (des corps nus qui dansent dans un pré fleuri finissant par baiser sans tabou c'est un peu ridicule), on peine à croire que la belle Casta à un jour 50 ans, les enfants ont grandi sans repères mais n'en veulent à personne (ou presque), à vouloir balayer les grands moments de l'histiore de ces 40 dernière années on oubli la profondeur...
Tout ça c'est vrai mais il y a ce formidable élan utopique qui transparait à l'écran, des acteurs sincères en qui l'on trouve tous un peu de nous, un scénario sans prétention qui réussi à nous toucher, aucune violence nulle part si ce n'est de vivre tout simplement.
Finalement 68 n'est pas le propos le plus important, mais y survivre sans se trahir ça c'est la vraie question. Donner naissance à l'individualisme quand en on a vécu en communauté c'est pas mortel mais ca s'ajoute à la déception d'avoir vu tout le monde partir vers d'autres horizons.
Avoir lutté pour que la femme soit libre de ses choix et voir sa fille prendre le chemin opposé ça non plus on en meurt pas, mais c'est une usure de plus. Et ce petit bonhomme devenu homo ca gêne personne si ce n'est qu'il peut mourir d'être libre de baiser à tout va.
Les années passent la solitude s'installe, le monde s'emballe mais le décor lui ne change pas pour cette émouvante Catherine, la verdure, les chèvres, un petit joint de temps en temps et c'est bien ça le bonheur.
Puis un jour l'amour alors que l'âge n'est pas en notre faveur, mais la mort rôde et puis on pleure, on sourit, on s'agace, on y croit ou pas, on choisit ou pas et on disparait discrètement comme on a vécu.
C'est là que le film est réussi, sur le côté taiseux de Laëtitia, sur ces personnages qui refusent de capituler, ou ceux qui l'ont déjà fait, sur nos illusions, nos mensonges pour rester debout et parfois un peu de bonheur à qui il ne faut jamais fermer la porte même, et surtout, si ça n'est pas le bon moment.  Renoncer, mais ne pas se trahir c'est un peu ça le vrai combat non ?

Grazie
(la négresse qui oublie toujours de signer!)

08.05.2008

Trois films dans les salles obscures

J’ai vu un film formidable qu’il ne faut pas que vous loupiez s’il passe par chez vous, il s’agit de « Dans la vie ».

Avant j’ai vu « l’un contre l’autre » et « les citronniers ».

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Le premier, « l’un contre l’autre », est un film allemand et raconte la relation perverse, délétère, dans un couple, où lui est policier, et ça se passe en Allemagne. L’histoire est sombre et sans issue. C’est un film qui n’est pas agréable. La relation est très bien analysée. La femme, agacée et frustrée, aimerait que son mari soit un peu plus viril, dans son comportement général. Et elle se met à le battre pour qu’il réagisse. Peut être ce qui trouble et met très mal à l’aise dans cette histoire, c’est qu’on a envie de secouer aussi ce gros balourd de mari, qui est gentil certes, mais … Et puis qu’en fin de compte, ça n’est qu’une recherche de contact, de dialogue.

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Le deuxième film, « les citronniers », est un très bon film israélien.

Salma, une veuve palestinienne, vit au milieu de son verger de citronniers, qui est placé sur la frontière entre Israël et les territoires occupés. Comme son nouveau voisin est le ministre israélien de la Défense , ses arbres deviennent dangereux, malgré la présence d’un mirador, car ils pourraient cacher un ou des terroristes. Donc le ministre décide de faire abattre les citronniers de Salma. Et elle décide de se battre légalement, en engageant un avocat pugnace, et en allant jusqu’à la Cour Suprême pour faire valoir ses droits.

 

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 (Salma - impressionnante Hiam Habbass)

 

En même temps que l’on voit la lutte de Salma, on observe l’évolution lente et souterraine qui s’opère chez la femme du ministre.

Tous les personnages secondaires de ce film sont fantastiques, avec un mention particulière pour le vieil ouvrier qui a toujours travaillé dans le verger et sert de père adoptif à Salma.

Salma porte en elle toute la fierté du peuple palestinien.

C’est parfois limite un peu chargé en bons sentiments, mais heureusement, comme dit l’avocat – très attachant cet avocat – nous ne sommes pas dans un film américain.

Je vous engage à aller voir « les citronniers », dont le réalisateur est Eran Riklis, c’est un film qui vaut le déplacement.

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Enfin, je viens donc de voir « Dans la vie ».

Et j’ai adoré ce film, qui se passe à Toulon, et qui est fait par un cinéaste peu connu, Philippe Faucon, né en 58 au Maroc.

C’est l’histoire d’Esther, qui est une mère juive, qui a vécu à Oran avant d’être en France, et dont le fils, médecin neurologue, s’occupe avec amour. Mais comme elle est handicapée, en fauteuil, et ne peut rien faire seule, et que le fils a les moyens, elle a une infirmière et une dame de compagnie. Parce que la dame de compagnie est neuneu, c’est finalement la mère de l’infirmière, Halima, une marocaine musulmane, qui va venir faire la dame de compagnie. Entre les deux femmes, outre les affinités dues à l’âge et à la culture, une forte amitié pleine de vrais sentiments, d’écoute et de générosité, va se développer.

C’est un film plein d’humour, et par ailleurs, qui n’évite jamais les sujets graves, comme le corps handicapé, le racisme, l’imprégnation de la religion, que l’on voit surtout respectée par Halima et sa famille.

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(Esther)

 
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(Halima)

Les deux actrices, non professionnelles, sont époustouflantes, et elles sont superbes.

C’est encore, un film sur la femme, et quelle femme !!! la femme dans sa chair, et surtout, la femme de caractère, qui prend son chemin seule, et qui malgré son âge, sa culture, la religion et la pression énorme de la société et même, un comble, ses propres enfants normatifs, va poursuivre suivant ce qu’il lui semble bien de faire.

Demain, j’appelle ma mère pour lui dire qu’il faut absolument qu’elle voit ce film.

Et vous, surtout surtout, ne manquez pas « Dans la vie ».

Audine

30.03.2008

A bord du Darjeeling Limited

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Ils sont trois – riches - frères américains qui ne se sont pas vus depuis un an, lors de l’enterrement de leur père.

Trois frères aussi disparates qu’un vide grenier à Coulanges la Vineuse et totalement dévarriés, comme on dit par ici.

L’aîné a volé ses bandelettes à Hatchepsout, se trimballe avec son homme de compagnie, muni d’une plastiqueuse, pour rendre rigide les fiches indiquant le programme de la journée. Il a besoin de soutirer des engagements de la part de ses frères, et les entraîne dans ce qu’il appelle une quête, et qui va se révéler être le retour vers la mère, réfugiée dans un monastère bouddhique, à l’autre bout de l’Inde.

Le deuxième a une coiffure à la John Lenon , une grosse moustache, et la libido d’un lapin Fisher Price.

Le troisième a piqué son nez à Cyrano, a été Pierrot de la Lune dans une vie antérieure, sûrement, et collectionne les objets ayant appartenu à son père, et porte toujours sur son crâne le bandeau qu’il met la nuit pour pouvoir dormir, comme s’il fallait qu’en cas d’urgence il s’efface dans le sommeil.

Ils vont monter à bord du train de luxe qui traverse l’Inde, le Darjeeling Limited, et tenter de céder à la volonté farouche de l’aîné de se retrouver en famille. Ce qui suppose de retrouver les liens qui les relient, quitte à souffler en chœur sur une plume de paon.

Ils sont tellement paumés, un égarement d’origine affective, qu’en Inde, dans cette société saoulée de couleurs et d’odeurs, cette société où tout occidental perd ses repères, ils vont se recaler, notamment à l’occasion d’un évènement malheureux qui touche dramatiquement un petit village paumé.

A ce moment là, le film bascule de l’absurde et le fantaisiste, vers l’humain et le touchant, d’une façon assez bouleversante de simplicité.

Avec leur bonne volonté, leur désir d’être mieux avec eux-mêmes et entre eux, nos trois héros arriveront ils à grandir, et à quitter leurs bandelettes, leurs bagages encombrants, et leurs rites d’autistes ?

Pour le savoir, il faut regarder jusqu’au bout ce beau film enchanteur, coloré, humain, touchant, qui a su me séduire.

Le trio d’acteurs, Owen Wilson (la momie), Adrien Brody (le Pierrot) et Jason Schwartzman (le lapin) est formidable, même si on comprend la distance que met la mère avec ces 3 canards agaçants à force d’être enfants.

Le réalisateur de ce film est Wes Anderson, qui porte le même nom que le réalisateur de « There will be blood ». Vous savez, il y a eu un article dans Télérama qui les comparait, tous deux doués, tous deux 35 ans, tous deux nourris de culture cinématographique.

Alors que l’autre faisait la promo de son film – qui est un futur classique et une grande claque cinématographique – rive droite, en minutant ses interviews, l’autre passait le temps rive gauche, emmenant sa copine voir Godard.

L’amour de Paris et de la culture française transparait d’ailleurs plusieurs fois dans « A bord du Darjeeling Limited », ce qui contribue à rendre encore plus sympathique ce film un peu déjanté.

 

Audine

27.03.2008

Il ya longtemps que je t'aime

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A défaut de lecture, je suis allée voir le dernier Philippe Claudel, qui est son premier film en tant que réalisateur.
J’avais vu la bande -annonce qui m’avait intrigué, forcément la rencontre de deux sœurs qui ne se sont pas revus depuis 15 ans.
Mais le mieux pour ce film, c’est encore d’en dire moins, je savais juste que le personnage de Juliette incarnée par Kristin Scott Thomas, à sa sortie de prison est accueillie pa sa sœur Léa (Elsa Zylberstein)

Car le charme du film réside dans le fait qu’on découvre les éléments peu à peu, on ne sait pas qui sont ses deux sœurs, étrangères l’une à l’autre ?
Pourquoi Juliette est allé en prison ? pourquoi Léa n’a pas donné de nouvelles ?

Une seule raison qui vaille d’aller voir ce film : l’interprétation de Kristin Scott Thomas, qui semble encor’ derrière ces barreaux, loin de la vie du dehors.

Et puis il y a la petite sœur, celle qui a fait sa vie, qui voudrait rattraper les années perdues par sa gentillesse.

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La rencontre ne se fait non sans heurts, et puis il y a les personnages secondaires.
Les plus attachants sont le prof de français , Laurent Grévill


1808280806.jpg(un ange passe)

 

et le policier qui semble encor’ plus perdu que l’ex prisonnière, les barreaux peuvent être inconscients. Il est joué par Frédéric Pierrot. Ce nom ne vous dira rien , mais plus sûrement si je vous dis qu’il jouait le p’tit ami de Mathilde Seignier dans “Une hirondelle ne fait pas le printemps”. c ben vrai ça !

1538811685.jpgCe nom ne vous dira rien , mais plus sûrement si je vous dis qu’il jouait le p’tit ami de Mathilde Seignier dans “Une hirondelle ne fait pas le printemps”. c ben vrai ça !

Seul bémol, mais de taille la fin ratée.  N’est pas Lars Von Trier, qui veut !
Surtout  dans un récit au long cours  tout en subtilité et puis  tout d’un coup,  patatrac, Philippe Claudel a lui-même eu peur de son héroïne..et  a voulu nous faire repartir dans nos foyers l’âme tranquille...avec une justification très politiquement correcte en deux coups de cuillères à pellicule.

Le mystère aurait bien plus eu de poids que cette explication bâclée et peu crédible.

Mais bon cela n’a pas suffi à gâcher mon plaisir de ce beau portait de femmes, et me donne envie d’ouvrir un bouquin de Claudel.

Comme quoi le cinéma !

Beabab 

24.03.2008

d'un chef d'oeuvre : Blade Runner

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Un chef d’œuvre du cinéma de science-fiction :

Blade Runner

De Ridley Scott

(auteur de « Alien le 8e passager », « Gladiator », « Thelma et Louise », « 1492, Christophe Colomb », « American Gangster » … )

Si vous avez l’occasion, allez (ou retournez) voir Blade Runner, sorti en 1982, mais dont Ridley Scott a achevé la version finale en … décembre 2007.

Deux copies de cette version circulent en France, mais on peut se procurer le DVD (Ultimate Edition, qui présente des tas de bonus et les 5 versions du film !).

Je suis allée le voir avec ma fille qui ne le connaissait pas, et j’avoue que moi-même, c’était loin loin loin …

Dans cette version finalement finale, Ridley Scott a tout gommé ce qui adoucissait le constat du film, il a ajouté quelques combats, et retiré le seul ciel bleu qui existait pour en faire un ciel de nuit.

Souvenez vous : Harrisson Ford est un « Blade Runner », cad qu’il chasse les Répliquants, des robots quasi humains, et qu’il faut éliminer sur Terre, et ne garder que comme soumis à l’homme.

L’action se déroule dans un Chinatown futuriste, dominé par un immeuble en forme de pyramide, où se trouve le siège de la Tyrell Cie , qui fabrique ces robots. Il pleut tout le temps et la pollution maintien une lumière glauque, qui a du mal à percer, dans cet univers où on sent l’influence de Moebius. En bas, les bas fond, grouille une foule indistincte, attifée par des oripeaux sortis des pires cauchemars de Christian Lacroix. Sur les façades des gratte-ciels, est projetée une publicité géante pour Coca Cola ou pour des pilules, des encouragements à s’expatrier sur Mars, et de la pub pour les répliquants.

Le propos du film, adaptation hallucinée du roman de Philip K Dick « Do Androids Dream of Electric Sheep ? », est de montrer que l’homme a perdu son humanité et que les robots commencent à en avoir, en éprouvant des émotions, des sensations, et des souvenirs. Alors, qu’est ce qu’un homme ?

 

Juste avant de mourir d’une crise cardiaque, PK Dick a pu visionner une partie du montage du film et n’avait pas tari d’éloges sur l’œuvre de Ridley Scott.

C’est un film crépusculaire, terriblement désenchanté, avec des personnages inoubliables (le chef des Répliquants révoltés, la femme au serpent, la gymnaste amoureuse et bien sur, Rachel, qui apprend douloureusement à se connaitre), des acteurs prodigieux, des images qui impressionnent la rétine à jamais. On sort de la salle en compagnie de Roy Batty (incarné par Rutger Hauer, fascinant, qui a totalement improvisé le célèbre monologue clef de la fin !!), de Rachel (incarnée par Sean Young, parfaite), Rick Deckard (Harrisson Ford, jeune ... et avec le jeu d’Humphrey Bogart !!!), et une mélancolie poisseuse, et on garde au fond de soi un petit coin pour ce film exceptionnel, qui reste une référence pour les films de science-fiction.

Ne le loupez pas, s’il passe de par chez vous.

 

Allez, quelques images :

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publié par Audine

23.03.2008

La famille Savage

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Il est des âges ou l’on se doit d’affronter nos vieux démons, même si ceux-là on le visage familier d’un père.

En plus de devoir définitivement grandir il faut voir ses parents vieillir irrémédiablement, sans rémission possible.

C’est bien ce qui arrive à Jon et Wendy tout deux empêtrés dans des vies qui ne décollent pas.

Ils ont l’instruction mais pas la réussite

Le talent mais pas l’envie suffisante de le mettre en valeur.

L’amour mais pas toujours au bon endroit.

Alors quand ce vieux père qu’ils ont fui refait surface il faut mettre tout ça de côté pour affronter une réalité devant laquelle la fuite ne solutionne rien, il ne reste qu’a s’unir pour y faire face.

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Nous ne saurons rien du genre de père qu’il fut mais au vu des vies bancales qu’ont ses enfants on se doute bien qu’il n’a pas été celui qui les a élevés à des sommets.
La démence le guette, c’est un autre homme qui leur revient et qu’il faut inévitablement placer dans un « mouroir ».
Wendy voudrait sentir cet amour qui lui a fait défaut avant qu’il ne lâche prise, Jon lui a déjà pris ses distances et n’attend que la fin sans rancune, mais si fragile qu’un œuf au plat servit avec amour le fait pleurer.
Tout deux sont seuls au monde, en proie à une reconnaissance qui ne vient pas, en attente d’un amour dont ils ne perçoivent rien, même sur la fin.
Seul le silence se partage avec leur père et lorsqu’une dispute éclate entre les deux enfants adultes celui-ci met son sonotone en sourdine rabat sa capuche et plonge dans le vide.
Peut-être leur dit-ils qu’il n’est déjà plus là, qu’il faut l’accepter, qu’il ait fait comme il a pu avec ces moyens, quelle importance maintenant ?
Il serait bon pour eux qu’ils l’entendent.
Mais il ne dira rien et s’en ira sans faire de bruit, laissant deux orphelins car la mort « c’est donc ça ».
Une autre vie s’ouvre alors à eux, moins pesante, plus entreprenante et surtout plus libre, car la mort c’est aussi la renaissance de ceux qui restent surtout quand elle arrive au terme d’une vie.

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Les acteurs sont tellement crédibles qu’ils finissent par dégager ce sentiment si singulier que peut-être la fratrie confrontée à ce qui l’a construite « les parents », avec cette complicité dans les gestes, ces mots qui blessent, cette sensation d’avoir été écrasé et bien sur cette incroyable solidarité inscrite en chacun au moment le improbable.
Seymour a un jeux fait de lassitude, de soupir, de larmes cachées et de tendresse refoulée.
Laura Linney elle est restée espiègle, idéaliste, avec un amour débordant et un manque de confiance handicapant, sincère et maladroite elle est la petite fille qui attaque pour se protéger.
Pas de pathos avec des explications larmoyantes sur une enfance difficile, ses adultes là ne trompent personne ils en sont encore prisonnier.
C’est bien le présent qui captive le réalisateur, celui qui débouche sur un avenir juste un peu plus positif.
Là ou notre cinéma indépendant est nombriliste celui là est généreux, là ou le notre se complait a ne pas vouloir reconnaître que la nouvelle vague est derrière nous, les Américains réinventent un genre, celui de filmer au plus près ce que la société ne veut pas voir, ce qu’elle cache honteusement, cette vieillesse qui débouche sur une mort certaine.
Un film juste et touchant qui peut-être nous rend meilleur pour quelques heures.

Grazie

07.03.2008

Juno

1249970646.jpgAu commencement était le test de grossesse...

Mais Juno, l’héroïne du film n’en dramatise pas pour autant. Au bout de quelques jerrycans de jus d’orange, de 3 tests positifs, être enceinte l’embête un peu comme une épine dans le pied...enfin un peu plus, tout de même.

Voilà, c’est le tout début qui nous place d’emblée du côté de la comédie...

Juno pense avorter et prend illico rendez vous avec le planning famillail version USA, où la standardiste a plus l’air de sortir d’un concert gothique que d’une école d’infirmières. Ainsi va Juno. Et puis savoir que ce machin de la taille d'une crevette, qu’elle a dans le ventre a déjà des ongles, les lui rongent. C’est sa p’tite copine de lycée d’origine asiatique en ensemble rose Barbie girl, qui manifeste toute seule devant le planning avec sa pancarte qui le lui a dit.

Aussi décide-t-elle de le garder pour le confier à un couple désirant adopter, et sélectionne avec sa meilleure amie le couple idéal sur p’tites annonces. Car Juno a des critères très stricts sur le futur profil des parents adoptifs, style musical.

La scéne où elle avoue à ses parents qu’elle est enceinte, est drôle et surtout leur désarroi. Virée du lycée ou droguée leur aurait mieux convenu.

Son père et son enfant “irresponsable” rendront donc visite au couple de malheureux trentenaires sans enfant mais avec belle maison.

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Le film repose sur une intrigue minimaliste, mais le charme subtil du film opère grace au personnage de l’ado rebelle, jouée toute en finesse par Ellen Page, mais pas trop, un peu garçon manqué, et à l’humour cinglant.
Le rôle du p’tit copain à l’origine de la transformation de Juno est à l’opposé du teen-ager bêta des films pop-corn américains. Ado réservé, passionné par ses exercices de maths et sa guitare, il suit de loin la grossesse de Juno.

Car comme dit sa belle-mère, "ce n’est pas lui qui a eu l’idée”881132985.jpg

Bref ce film se joue des clichés. Les plus irreponsables ne sont pas ceux que l’on croit et l’ado confrontée aux tourments des adultes se fait plus grave. Le degré de dérision n’atteint certes pas le niveau de “Little Miss Sunshine”, mais le casting est tout aussi réussi et le temps de 4 saisons, on suit avec plaisir cette grossesse non désirée.

Un p’tite comédie qui vous fera sourire aux anges.

Beabab

06.03.2008

There will be blood

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Je ne vais pas traîner avec le suspens.

Je ne vais pas dire non plus que ce film est un chef-d’œuvre.

Pour dire tel film est un chef d’œuvre ou pas, il faut avoir des références, justifier, tout ça. Ensuite, à part le critique des Inrocks, toute la critique a été unanime – ou presque, mais vous savez bien, mon coté marseillais du coté de l’écriture …

Mettons alors que je ne dis pas que c’est un chef-d’œuvre. Mettons.

C’est juste un uppercut.

 

Au commencement, ces vingt minutes de silence, simplement le bruit du corps qui souffre, ahane, et se confond dans la chair de la terre, au fin fond du trou du Diable.

Puis cet homme qui traverse le désert à la force des dents, et ce contrat, qui signe une appartenance, peut être plus de l’homme à la terre que l’inverse.

 

Au commencement était la fin de l’or blanc et le début de l’or noir.

 

On retrouve cet homme – Daniel Day Lewis – il a pour nom Daniel Plainview. Avec des hommes égarés par Dieu, il fouille les entrailles de la terre et en extrait le sang noir et gluant.

Les hommes meurent dans les trous. Daniel Plainview se retrouve avec un fils bébé baptisé hâtivement d’une croix poisseuse sur le front. Il sera son associé et sera nommé par deux initiales, HW, qui sonnent Etchedabeuliou, et finalement ça n’est pas si moche, pour ce gamin surdoué et sentencieux, qui fixe le monde avec des yeux comme des punaises.

 

Arrive un jour où un curieux jeune homme vient sauver l’Eglise du coin en vendant l’âme des terres à Plainview, pour deux bouchées de pain, car il a négocié.

Il veut faire bénir le puit, le campement, Plainview, le pétrole, et dans des transes stériles prétend guérir de l’arthrite. Il s’appelle Eli, à ce moment là.

Tout prospère : l’église, le pétrole, l’argent, les fermiers du coin.

 

Mais deux folies s’opposent. Celle du prophète et celle du pétrolier – familial, le pétrolier.

 

Plainview est amoral. Rien ne l’arrête. Il plie l’échine en riant sous cape et exécute celui qui l’a fait se courber. Il promet, assure, argumente, séduit. Quand ça ne marche pas, il force, soumet, s’obstine. Frappe.

Plainview va être déçu. Il va même se sentir trahi. Par son fils, qui ne veut plus être son associé et qui surtout s’est réfugié dans un monde étranger à son père. Par son frère avec qui il ne peut partager la totalité des souvenirs, voire au-delà. Personne pour l’accompagner, pour berner les paysans avec lui.

Plainview est illuminé.

Eli est illuminé.

Le vide se fait, la folie règne et la terre saigne.

 

La musique vient accompagner magistralement cette histoire au goût aussi acre qu’une banane trop tôt congelée, elle scande les trépans, les évènements, marque le pas de la folie, grince, stridente et envoûtante.

 

Une histoire de sang, de folie, de progrès et de sauvagerie. Un film noir et poisseux, englué tout au long.

Quel film.

 

 

Audine

03.03.2008

Ti'zeutes et Biloute

Poster une note n'est pas un acte aussi innocent que cela.
Poster une note implique automatiquement de faire disparaître de la vue, la dernière note de la pile. Et disparaître de la vue, cela revient pratiquement à disparaître des esprits. Pour une note qui n'a rien fait de mal, c'est cruel.
Poster une nouvelle note revient aussi à s'installer en tête de la liste comme on s'installe en tête de gondole. Sans le vouloir, on attire, on détourne l'attention. Involontairement, on s'arroge la première place. Implicitement, on s'attribue la meilleure note. Vu que le premier, c'est toujours celui qui a les meilleures notes. Sauf qu'ici, il n'y a pas plus de correcteur, que de jury.
Et comment être le meilleur devant les meilleurs ? Si je poste là, tout de suite, je vais me retrouver "au dessus" de deux notes brillantissimes d'Audine, peut-être les meilleures de sa production. Sans compter celles du dessous qui n'ont nullement démérité. Et celle d'Herbie, que j'avais un instant sauvé et que je vais faire disparaître. Excuses moi Herbie.
Faudrait alors que j'ai quelque chose de super important à poster, super bien écrit, super bien argumenté, super bien illustré. Meilleur qu'Audine quoi, est-ce possible d'ailleurs ?
Non, mais je vais poster quand même. Même que c'est un post sur le cinéma où je suis particulièrement incompétent. Même que c'est un film sur une région où je n' habite plus depuis 25 ans, même si j'y ai habité plus que ça. Même que c'est un film où il n'y a pas de mort, pas d'espion, pas la CIA, aucun revolver, aucun hélicoptère, aucun héros sauveur du monde, aucun drapeau américain. Pas de Tom Redford ni de Robert Cruise. Pas plus de gros roberts…que de Julia. Rien quoi.
Ah si, il y a quand même des gens. Simples, sincères, solidaires, joyeux, modestes, spontanés, généreux, sensibles. Des gens du Nord quoi… D'euch Nord quo. Tous des héros du quotidien qui m'ont fait rire pendant 90 minutes. Même quand eux pleuraient. Ils ont été applaudis par une salle comble du Sud Ouest, par un des publics les plus froids de France, alors que leurs noms défilaient au générique.
Si, ça vaut bien la Top list des Lentilles, même deux minutes. Juste le temps qu'Audine nous gratifie d'un nouveau chef d'œuvre.
Et Titiza, eine te vo pu. D'uch k'a lé Titiss ?

Duga
Merci Dany

17.02.2008

les liens du sang

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Gabriel (François Cluzet) sort de 10 ans de prison qu’il a fait pour meurtre, mais c’était d’un méchant qui avait tapé sur sa copine alors ça se fait pas.

François (Guillaume Canet) lui est flic, et il s’occupe très bien de son papa qui est en train de crever d’un cancer du poumon déjà qu’on lui en a enlevé un mais on ne va pas lui interdire de continuer à fumer non mais ho.

Ca se passe à Lyon dans les années 70.

Il y a une sœur aussi et à l’occasion de la sortie de prison de l’aîné, et pour faire plaisir à Papa qui les a élevés, les deux frères essaient un effort pour que la famille se réunisse dans la joie et la bonne humeur et même François il file une chambre de bonne à Gabriel et il l’aide à entrer à Intermarché pour faire le ménage dans les palettes.

Devinez ce qui va se passer ?

Ben oui on ne se refait pas.

Le père va continuer à fumer, Gabriel à avoir envie d’argent vite gagné, François de faire sa vie normalement et de ne pas trahir sa profession, et les liens du sang vont faire que tout le monde va en cracher des ronds de chapeau.

Aucune réelle surprise donc dans ce scénario adapté d’un « roman vrai ».

Les acteurs sont assez bons, mais leur rôle est tout de même lourd à porter.

C’est un chouïa caricatural, autrement dit.

Déjà ça fait un choc de voir Cluzet sortir de tôle avec des cheveux flottants aux épaules et une moustache de patron de cabaret tzigane.

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Gabriel est à la fois facilement rieur, tendre, amoureux, généreux, en pleine forme, père de famille épanoui et aussi multi tueur froid, proxénète, violent.

Un peu difficile à suivre, surtout pour quelqu’un qui est fortement surveillé après ses 10 ans de taule, dont quelques uns de QHS.

Le film se partage en parts égales entre les deux frères, mais autant Gabriel est (trop) « nourri », autant François parait simple et transparent.

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Il a tellement l’air d’un type qui ne cognerait pas un pied de lit sans lui demander pardon qu’on a envie de l’adopter.

Evidemment, le film va expliquer un passé familial qui fait qu’ils n’échapperont pas à leur ADN, tant du coté du bien que du coté du mal.

En conclusion, un film qui se laisse voir quand on veut encourager le cinéma français, par une après midi maussade, et quand on se sent investi d’une immense indulgence.

Audine 

 

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