15.06.2008
Laisse moi kiffer la vibe avec ma France à moi
Matthieu Grimpret, jeune catho de droite, science potard et prof d'histoire, est tombé un jour en pâmoison devant la "France black-beur", en prenant pour la première fois la ligne de bus 351 (Nation-Roissy). Dans cet essai - au titre racoleur et pas très sérieux "Traîté à l'usage de mes potes de droite qui ont du mal à kiffer la France de Diam's" - , l'auteur nous parle de cette "nouvelle France" qui l'a séduit, en prenant comme fil conducteur les paroles de la chanson de la rappeuse Diam's : "Ma France à moi". D'ailleurs en analysant l'ensemble des chansons de la boulette, Grimpret va découvrir une Diam's religieuse et conservatrice - comme lui. Ce petit essai, bourré de références (de penseurs de droite comme de gauche), de réalisme et riche en analyse, donne un regard jeune et nouveau d'une droite - qui n'est ni bornée, ni raciste, ni aveugle, ni intolérante - sur la France multiculturelle d'aujourd'hui. Je suis laïque et attachée aux valeurs de la République, je n'ai pas la même opinion que l'auteur concernant le rôle et la place de la religion dans la société française, je suis loin de partager toutes les positions de Grimpret mais j'ai trouvé cet essai très intéressant et pertinent sur plusieurs points. Une chose est sûre, c'est que je suis d'accord avec la conclusion de Grimpret: "La diversité est une chance pour la France. La France est une chance pour la diversité."
Je le recommande.
Rachida D.
14:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : matthieu, grimpret, diams, diam's, droite, diversité, religion
12.06.2008
Pour un plat de Lentilles
01:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (52) | Envoyer cette note
08.06.2008
souris puisque c'est grave
Jeanne et Simon sont "les jumeaux", ils se retrouvent dans le bureau du notaire pour le testament de leur mère, c'te mère qui s'est enfermé dans le silence 5 ans avant sa mort et leur a laissé c'te phrase énigmatique.
"Maintenant que nous sommes ensemble, ça va mieux"
Deux lettres leurs seront remises pour accomplir les dernières volontés de leur mère, mais lettres qui ne leur sont pas destinées.
Leur mère est née au Liban, mais les jumeaux ne savent rien de ce pays, ils sont nés au Québec.
Vont-ils accepter de remettre ces lettres destinées à ce père qu'il croyait mort, et à ce frère dont ils apprennnent l'existence lors de la lecture du testament...
Et bien cela vous le saurez si vous venez voir la pièce qui ne peut vous laisser indifférent par la violence et la puissance des thèmes abordés (Non, amour, coquillages et crustacés, Brigitte sort de de ce corps, mais guerre, amour, et filiation)
Une pièce où se télescopent les époques , les lieux, et où cette recherche de la vérité s'apparente à un suspens dramatique.
Comme aux enfants, la vérité vous sera révélé peu à peu, au fil de c'te remontée dans le temps
Bon on rit, tout de même un peu, le notaire est très drôle, un peu d'oxygène dans ce monde de violence faite aux femmes et aux hommes, mais je crois aussi qu'on peut-être fortement émotionné.
Raison pour laquelle ce n'est pas une pièce conseillée aux enfants (âmes sensibles s'abstenir), trop violente.
Les lentilles, je s'rai pas rosse, je vous raconterai la fin quand même ! mais ça se sera beaucoup moins bien écrit que la pièce.
Tout ce que je nous (vous) souhaite, c'est d'être à la hauteur de ce très beau texte.
"le temps est une drôle de bête, alors ?"
si vous viendez,ce sera là et à ces dates.
23:39 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (74) | Envoyer cette note | Tags : théâtre, jumeaux, vérité, origines, trac, j-16
Donne nous ... (5) - William (première partie)
Longtemps j’ai vécu hors de moi.
Car je suis trop de colères à la fois.
Je suis les yeux baissés d’Auweyida et les joues mordues de sa femme, Eigamoiya, debout au salut du drapeau allemand, hissé sur Nauru.
Mon peuple descend du trottoir pour laisser passer le missionnaire blanc des Liebenzeller Mission, qui a écrit la Liste des Choses Interdites : la polygamie, le pagne, les frictions à l’huile de noix de coco et les danses traditionnelles.
La dysenterie s’est abattue sur Pleasant Island, au nord est de l’Australie, 21 km² ravagés par la sérial killeuse.
Début du XXe siècle, et je hais les allemands.
La Jaluit Gesellschaft possède les sous sols mais une entreprise plus futée, la Pacific Island Company les lui achète pour 2 000 livres sterling comptant et creuse pour en extraire le phosphate.
Je suis la saignée de Nauru, commencée en 1906 pour quelques picaillons.
A l’ombre d’un vraquier je vois l’armée australienne passer sur le ponton de chargement du phosphate et prendre possession de Nauru en envoyant 6 hommes chez l’administrateur.
La Pacific Phosphate Company importe une main d’œuvre de 1 000 chinois et fait travailler de force une partie des 1068 nauruans.
Mais 1068 ça n’est pas assez, la survie de l’ethnie est menacée et les australiens inventent en 1919 un programme d’incitation à la reproduction, l’Angam Day. L’enfant nauruan né le 1500e sera honoré toute sa vie et ce jour béni sera fêté.
Je suis la mortification de l’Angam Day et la religion nauruane totémique abolie.
La Grande Guerre est finie et je hais les australiens.
L’Angam Baby est née le 26 octobre 1932 et s’appelle Eidegenegen Eidagaruwo.
A l’ombre d’un bunker japonais construit sur le sommet de l’île, le Command Ridge, je regarde l’aéroport se construire avec une main d’œuvre importée de 1 500 japonais et coréens et des travailleurs forcés nauruans.
Je suis la famine de Nauru et la déportation dans les îles Truk, à 1 600 km au Nord Ouest.
Je suis chacun des 737 survivants sur 1 200 déportés et je hais les japonais.
Les vainqueurs reprennent possession de Nauru et les australiens continuent à perforer l’île avec la British Phosphate Commissioners. Je suis chacun des muscles qui creusent dans la terre, et grâce à eux, l’exportation du phosphate rapporte 745 000 dollars australiens, dont 2% aux nauruans et 1% à l’administration de l’île. Je suis l’émeute de 48 et chacun de ses morts.
Je suis aux cotés de Hammer DeRoburt, un rescapé de Truk, lorsqu’il va déposer plainte à l’ONU pour spoliation contre les australiens qui paient le phosphate au tiers du prix pratiqué ailleurs.
Je suis à coté du pêcheur de poisson lait ruiné par l’implantation de l’élevage du tilapia du Mozambique.
Je suis Nauru aspirée, vidée, aussi inutile que des trous de gruyère, que les australiens envisagent de déménager sur d’autres îles près des cotes du Queensland.
Je suis aux cotés encore de Hammer DeRoburt lorsqu’il réclame en 1966 l’autodétermination complète. Que l’Australie nous accorde en 1968, le 31 janvier, au 22e anniversaire du retour des déportés de Truk. Que l’Australie nous accorde …
C’est l’âge d’or de Nauru et je crache sur la manne.
La British Phosphate Commissioners devient la Nauru Phosphate Corporation et le cours mondial du phosphate atteint des sommets.
Nauru est le second pays après l’Arabie Saoudite dans le classement du PIB par habitant.
Le soir devant ma fenêtre, j’énumère en mantra, le Civic Center, l’hôtel Menen, la station de télécommunication satellite, la Air Nauru , le gratte ciel Nauru House, le golf et les matchs de foot à Melbourne et pas d’impôt.
Je regarde par la fenêtre et je crache sur l’indépendance de Nauru.
Je suis la plainte déposée en 1989 devant la Cour Internationale de Justice à l’encontre de l’Australie pour destruction quasi-totale de la surface de l’île.
Je suis la dignité foulée aux pieds dans le porte monnaie renfermant les 107 millions de dollars australiens négociés hors tribunal, ainsi que les 2,5 milliards de dollars australiens sur 20 ans pour restaurer le centre de l’île, les 12 millions de dollars du Royaume Uni et de la Nouvelle Zélande pour la perte des terrains agricoles.
Je crache sur Nauru, qui s’engage alors à cesser les procédures judiciaires.
Je hais la belle putain sans fard qui a rampé aux pieds de l’occident blanc. Pleasant Island n’a plus à vendre que ce qui la fera entrer en enfer : ses voix à l’ONU pour Taiwan, ses voix à la Commission Baleinière Internationale pour le Japon, des camps d’internement pour les émigrés de la Solution du Pacifique des australiens, le blanchiment de l’argent sale et des faux passeports.
Je hais la putain malade de l’Occident, qui traîne son diabète type II, son surpoids qui la bâillonne, son cœur spongieux et sa mâle espérance de vie à 58 ans.
Je m’appelle Eamwidamit et j’ai la peau cuivrée qui luit dans le noir et un sourire carnassier.
Un jour dans un bar, un homme m’a traité de nègre. Mes poings sont devenus mauves et ses dents sont devenues rouges.
J’ai quitté cette ville et maintenant, j’habite ici. Je m’appelle William et c’est plus simple.
Audine
(à suivre)
21:33 Publié dans c'est arrivé près de chez vous | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Les deux soeurs
17:05 Publié dans Ptits dessins | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
07.06.2008
COUPABLES !
Toute la politique actuelle de casse sociale repose sur une idée simple : Créer chez les Français un sentiment de culpabilité.
Nous sommes des salopards attachés à leurs petits privilèges, des égoïstes qui ne pensent qu’à leur pouvoir d’achat, des pollueurs qui ne pensent qu’à faire le plein de gasoil, des hypochondriaques qui creusent le trou de la sécu, des fainéants qui veulent travailler le moins possible, etc, etc…
Globalement, ça marche plutôt bien, car l’utilisation abusive de la comparaison (on peut toujours trouver plus mal loti que soit….) permet d’engendrer cette culpabilité.
- Ce ne sont pas les Chinois ou les Roumains qui sont exploités, mais nous qui sommes trop payés, qui avons trop d’avantages sociaux, qui ne pensons qu’à partir en retraite.
- Ce ne sont pas les fonds de pensions qui s’enrichissent en spéculant sur le dos des travailleurs qui sont responsables des délocalisations, mais ces mêmes travailleurs qui ne sont pas rentables, qui ne travaillent pas assez, qui sont trop payés.
- Ce ne sont pas les groupes pharmaceutiques qui s’en mettent plein les poches, mais nous qui ne sommes pas foutu d’être en bonne santé.
- Ce ne sont pas les compagnies pétrolières qui se font des marges extravagantes pour leurs actionnaires, mais nous qui ne pensons qu’à rouler dans nos bagnioles pourries et qui consomment trop.
Cette façon de jouer sur le sentiment de culpabilité est très efficace, et explique bien pourquoi les Français encaissent avec résignation de perdre peu à peu les avantages sociaux acquis de haute lutte par leurs aînés.
Car la culpabilité, toute personne ayant un tant soit peu le cœur à gauche ne peut s’en départir.
Les valeurs de solidarité, d’équité, font que, fondamentalement, un type de gauche qui s’en sort à peu près dans la vie se sentira toujours un peu coupable de laisser les autres sur le bord de la route.
Le type de gauche voudra établir des règles de redistribution des richesses, développer des services rendus au public, voudra ériger la solidarité comme un devoir et un droit.
Un type de droite sera fier de sa réussite, la portera en bandouillère (tout le monde peut réussir, la preuve, j’ai réussi !) persuadé qu’il ne la doit qu’à lui-même (non, non, le déterminisme social ça n’existe pas…), oubliera rapidement ceux qu’il a écrasé sur sa route pour en arriver là.
Aucune culpabilité.
Le type de droite rechignera à participer à la solidarité organisée, préférera redistribuer des miettes de sa réussite avec condescendance. Le type de droite, ce qui lui plait c’est de faire l’aumône et de s’acheter une conscience, de mesurer son bonheur à l’aune du malheur des autres.
Ceux qui se sont étonnés de l’impudeur du président bling-bling n’ont pas compris cela.
Le malaise à gauche ne peut pas s’expliquer uniquement par la décrépitude du PS et la connerie crasse de ses dirigeants.
L’utilisation politique du sentiment de culpabilité est d’une redoutable efficacité, car elle renvoie le peuple de gauche à ses propres démons.
Vous n’avez pas honte de vous battre pour conserver quelques avantages sociaux alors que d’autres souffrent bien plus que vous ?
Et bien si, il y a toujours un peu de honte immédiate face à un discours culpabilisant.
Mais ne perdons pas de vue que les salopards sont ceux qui exploitent leurs peuples, ceux qui s’enrichissent en spéculant à court terme pour un maximum de profit, les patrons dont les salaires vertigineux sont injustifiables.
La culpabilité est engendrée par la faute.
De quelle faute sommes nous coupables ?
De vouloir plus de solidarité ? D’équité ? De justice sociale pour tous ?
Faudrait-il renoncer au peu que nous avons sous prétexte que d’autres ont encore moins ?
Foutaises !
Battons nous.
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12:45 Publié dans L'espace militant des éxilés | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note





