05.06.2008

À mauvaise école

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Voilà comment ça se passe :
L'école primaire et maternelle où vont mes enfants n'est pas loin de de la porte de Montreuil et se situe en ZEP (groupe 5).

Ce n'est pas l'éclate sociale dans le quartier, certes non,
mais grâce au dispositif de ZEP,
et au boulot formidable et motivé des enseignants,
l'échec scolaire y est à peu près contenu,
à grand peine, certes.

Mais.

On apprend la suppression de trois postes à la rentrée 2008.

La suppression de la classe de CLIN,
qui apprend le français, pendant un an,
aux enfants primo-arrivants, comme on dit, et non-francophone,
avant de les introduire dans la classe qui correspond à leur âge.
Il vaut mieux qu'il sache un peu le français avant d'apprendre le reste...

La suppression de la Toute Petite Section de maternelle, pour les 2/3 ans,
qui était une excellente préparation à la Petite Section,
qui était un atout au moment où l'enfant acquiert le langage,
et souvent une bonne solution pour les parents qui n'avaient pu obtenir une place en crèche.

La réduction du nombre d'heures sur l'école de 2 postes d'enseignants spécialisés
qui intervenaient auprès des enfants ayant besoin d'un soutien individuel, psychologique, souvent.

Mais surtout la suppression du poste de soutien lecture,
c'est à dire une prof spécialisée et surnuméraire qui aidait les enfants de CP en difficulté à entrer dans l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

Ce dispositif pédagogique a montré son efficacité dans notre école pendant 5 ans,
il marchait très bien et permettait d'aider efficacement et durablement de nombreux élèves.
Sa disparition est donc un très sale coup pour les profs,
qui n'auront peut-être plus envie de rester des années sans demander leur mutation.
Pour les élèves, ça va sans dire, qu'il soient en difficulté, ou pas, et qui auront alors dans leur classe des enfants ayant perdu tout espoir d'intégrer un jour un parcours scolaire "normal", tant leur retard se creusera avec les années...

Bref, le mot ZEP disparaît,
et aussi lui tout le processus d'aides qui allaient avec
- il n'est même plus rare de voir en ZEP des classes de 30 élèves -.
Mais la misère, elle, reste.

Mais ça n'est pas tout!

À cela s'ajoute l'entrée en vigueur de nouveaux programmes passéistes,
basé sur la seule obéissance et le par coeur,
les leçons de morale calquées sur celles d'avant guerre,
en une sorte de nostalgie rance d'une école troisième république phantasmée,
programmes qui remplacent sans concertation ni évaluation les très bons anciens programmes.
Certes, ces programmes sont très vieux - 2002, rendez-vous compte, la préhistoire! -
et ont été élaborés, entre autres, par... Darcos, qui soudain ne les aime plus top!

Ajoutez aussi la publication des évaluations des élèves de CM2,
qui donnera lieu à un classement officiel des écoles.
Ce qui arrive opportunément au moment de la suppression de la carte scolaire.
Le parent d'élève-client est roi.

Ajoutez encore le fichage des élèves et de leur famille dans la "Base-Elèves",
consultable non seulement par l'éducation nationale, mais aussi par la police et la Justice,
et qui demande aux directeurs d'école d'indiquer la nationalité des enfants, la langue parlée à la maison, etc...
Il est vrai qu'il faut détecter le délinquant dès la maternelle.

Wwoooufff!
ça commence à faire beaucoup,
alors tous les enseignants de l'école seront en grève et l'école sera fermée demain,
et les parents (oh! deux ou trois, pas plus... mais Doudou y sera!)
et les enseignants protesterons contre cette décison devant le rectorat
pour essayer d'empêcher l'inévitable annoncé.


Doudourou
(bidoooo bidooo, waaaaa...)

30.05.2008

Vie est des-illusions


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Sur que ce film là ne sera peut-être pas celui de l'année, les imperfections sont nombreuses, parfois certaines scène sont un tantinet poussive (des corps nus qui dansent dans un pré fleuri finissant par baiser sans tabou c'est un peu ridicule), on peine à croire que la belle Casta à un jour 50 ans, les enfants ont grandi sans repères mais n'en veulent à personne (ou presque), à vouloir balayer les grands moments de l'histiore de ces 40 dernière années on oubli la profondeur...
Tout ça c'est vrai mais il y a ce formidable élan utopique qui transparait à l'écran, des acteurs sincères en qui l'on trouve tous un peu de nous, un scénario sans prétention qui réussi à nous toucher, aucune violence nulle part si ce n'est de vivre tout simplement.
Finalement 68 n'est pas le propos le plus important, mais y survivre sans se trahir ça c'est la vraie question. Donner naissance à l'individualisme quand en on a vécu en communauté c'est pas mortel mais ca s'ajoute à la déception d'avoir vu tout le monde partir vers d'autres horizons.
Avoir lutté pour que la femme soit libre de ses choix et voir sa fille prendre le chemin opposé ça non plus on en meurt pas, mais c'est une usure de plus. Et ce petit bonhomme devenu homo ca gêne personne si ce n'est qu'il peut mourir d'être libre de baiser à tout va.
Les années passent la solitude s'installe, le monde s'emballe mais le décor lui ne change pas pour cette émouvante Catherine, la verdure, les chèvres, un petit joint de temps en temps et c'est bien ça le bonheur.
Puis un jour l'amour alors que l'âge n'est pas en notre faveur, mais la mort rôde et puis on pleure, on sourit, on s'agace, on y croit ou pas, on choisit ou pas et on disparait discrètement comme on a vécu.
C'est là que le film est réussi, sur le côté taiseux de Laëtitia, sur ces personnages qui refusent de capituler, ou ceux qui l'ont déjà fait, sur nos illusions, nos mensonges pour rester debout et parfois un peu de bonheur à qui il ne faut jamais fermer la porte même, et surtout, si ça n'est pas le bon moment.  Renoncer, mais ne pas se trahir c'est un peu ça le vrai combat non ?

Grazie
(la négresse qui oublie toujours de signer!)

28.05.2008

03/06/2008





Incidemment,

comme j'ai entendu certains en parler,

incidemment,

je me demandais si,

incidemment,

ce 3 juin de l'an 2008,

je serai la seule lentille à applaudir la splendide Feist au Grand Rex.


Parce qu'il y a un pub d'enfer à se faire...

incidemment...


Mais si je suis le seul représentant,

je ne ferai guère que penser à tous ceux qui lui auront déclarés un amour lointain ou non.

Incidemment.



Cette foutue lentille est partout.





Tivitioub

Duga est attendu au salon des Lentilles

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26.05.2008

"Entre les murs", mon dentiste, les Pyrénées et moi

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Cet après midi, fidèle à ma légende,
je remontais à vélo la rue des Pyrénées.
Ceux qui la connaissant savent qu'elle porte bien son nom...

Je me rendais chez mon dentiste,
afin d'y être courronné.
Mon dentiste à ceci de particulier qu'il siffle comme un rossignol tout au long de la séance.
C'est un siffleur virtuose,
de ceux qui ne craignent pas les improvisation, les trilles, les looping... ça détend.
Son répertoire étendu va des Rolling Stones aux airs d'opéra célèbres.

Mais là, n'est pas la question.

Je remontais donc à la force de mes mollets d'acier la rue des Pyrénées,
Et je suivais un car puant, un car tout ce qu'il y a de banal.
Tandis que nous approchions d'un collège,
j'entend, venant du trottoir, une clameur immense.

Ma première réaction a été de penser que la foule amassée acclamait ma performance dans la fulgurante montée de la rue des Pyrrénées.
Mais j'ai vite du déchanter, car nul ne faisait attention à moi...
Non, la foule, des ados déchaînés acclamaient le bus,
-ou plutôt les passagers du bus, ai-je finement pensé -
tandis que tout autour d'eux se pressaient caméras, micros...

"Wofff... encore des footballeurs ou autre personnes de cette engeance", ai-je pensé.
J'interpelle un badaud et lui demande ce qu'il se passe.

Et il s'avèra que les passagers du car n'étaient autre que les "acteurs" du film "Entre les murs"- qui vient de recevoir la Palme d'or à Cannes -
et que je me trouvais devant le Collège Dolto, où avait été tourné le film,
que ces acteurs rentraient justement à l'instant de Cannes,
et étaient acclamés comme il se doit par leurs corrélégionnaires.

Ambiance des grands jours,
et mômes en liesse comme peuvent l'être les p'tits djeunes du XXème arrondissement.
Partout autour, les passants et habitants du quartiers tous fiers,
camescopes au poing, filmant les caméras qui filment l'événement.

Grands sourires sur tous les visages alentour.

C'est chouette parce que c'est rare, moi j'trouve.


Doudourou
(envoyé un peu spéciale)

23.05.2008

Quand l'amour s'exprime mal...

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Bien sur ceux qui n’aiment pas le cinéma de Desplechin trouveront ce film insoutenable et les autres l’encenseront.

C’est un peu ça le cinéma de Arnaud il ne gagne pas beaucoup de nouveau public, il ne laisse pas les gens tièdes, mais il a une qualité indéniable il nous remue, il rend notre folie familiale ordinaire.

Les acteurs sont toujours bien dirigés, on peut parfois penser qu’il fait de sa tribu cinématographique quelques caricatures (Alamaric toujours au bord du gouffre en agité du bocal se répète un peu avouons le, mais il le fait si bien !) il y a de la grâce chez chacun ce qui est rare de nos jours.

L’histoire, c’est la notre, la votre, celle des voisins…. Une famille dans une petite ville du nord, une maison bourgeoise coincée parmi d’autres et tout autour la ville qui s’est enlaidie d’immeubles disparates. L’ont-ils seulement vu ? Pas sur, leur drame à eux c’est la mort d’un enfant cancéreux qui malgré la conception d’un autre n’a pas pu être sauvé.

Alors les rôles changent, la cadette devient l’aînée, le benjamin le cadet et le benjamin l’éternel petit dernier. Il fallait qu’elle soit la fille parfaite pour faire oublier le drame d’un couple qui ne cicatrisé pas, d’une mère peu aimante et d’un père trop indulgent. Et lui cet adulte qui déjà enfant n’a servi à rien le voilà maintenant dans une impasse dont il ne sort pas, banni de la famille par la sœur toute puissante, il n’en finit pas de se complaindre dans la malchance, la douleur, la méchanceté et le cynisme joyeux qui le tient debout. Puis ce petit dernier à qui l’on a cédé une femme car il était le plus fragile, évinçant un cousin orphelin qui depuis vivote dans l’ombre du couple. Sans parler de l’étrange petit Paul qui porte la névrose de sa mère jusqu'à en devenir un tout petit peu fou, comme tous quoi ! 781281606.gif

 781281606.2.gifRien de bien glorieux, ni de si grave finalement mais la mort revient, elle est moins inique elle s’attaque à la mère qui a déjà bien vécue une vie sans remords, la maternité finalement c’est un sentiment qui lui a échappé, elle a même du s’en protéger ou pire parfois la subir.

Elle y a cru parfois mais pas longtemps car au fond les enfants ça déçois, c’est trompeur, ils vous quitte, mais pas trop quand même.

Alors qui du fils mal aboutit ou du petit-fils un peu dingo va-t-il lui donner ce semblant de vie qu’il lui reste ?

Elle va choisir la légitimité du fils non pas par rédemption mais parce que c’est un dû, et il n’hésitera pas à venir voir cette moelle qu’il réinjecte dans celle qui lui appartient enfin, ou peut-être pas qui sais ?!

Jouant sa vie à pile ou face sans donner le résultat comme un amour en suspension.

L’hôpital, les piqûres, et autres cérémonial de la maladie sont montrés dans leur plus intime expression, mais là encore peu d’émotion, pas beaucoup de larmes comme si elles s’étaient taries il y a longtemps.

D’ailleurs tout est verrouillés dans cette maison, la tension se relâche avec les coups, la folie qui rôde, l’auto destruction pratiquée en groupe, mais un peu d’espoir quand même dans le sourire mutin de cette mère face à un fils qui va lui donner encore un peu de vie, même si son corps la rejette.

On sort à la fois triste, confus, abattu, mais surtout avec cette terrible sensation qu’un jour c’est sur tout s’arrête sauf l’histoire de celui qui reste.