27.06.2008

Tu parles Charles !

Faut travailler plus, et plus longtemps, et même que bientôt, on va pouvoir percevoir sa jolie retraite de rien et travailler encore, et encore, et encore, et bientôt on va créer un joli machin, n’en doutez pas, pour arroser de subventions de jolis entreprises qui les aiment les seniors, car ils sont la richesse de notre beau pays !

Tu parles Charles !

On apprend aujourd’hui le renvoi de France Musique de quatre personnalités majeures du jazz en France : Claude Carriere, Jean Delmas, Philippe Carles et Alain Gerber. La raison invoquée ? Le dépassement d'âge...

4 sommités, qui (même si je ne suis pas l’ami personnel de Claude Carrière) sont de véritables puits de connaissance, des mémoires et des témoins vivants de l’histoire du jazz. Dans le cas de Gerber, nous avons carrément là un géant, à la plume merveilleuse.

On suppose que peut-être le jazz sera plus djeun’z et hype avec de petits gars qui bondissent sur leur chaise en parlant et qui pourront nous beugler dans les écouteurs, « ‘tin, Trane, c’est d’la bombe bébé »…c’en est désespérant.

Nous sommes à l'heure de la réorganisation de Radio France et de France Télévisions. Alors que l’on parle de suppression des publicités pour faire la part belle à des programmes plus culturels, plus exigeants, c’est malgré tout le jazz qui trinque...

On croit rêver ! Alors que chaque année, l’été venue, festival et salle de concert sont remplis de fondus qui rêvent encore en écoutant Shorter, McCoy Tyner et plein d’autres.

C’est pourquoi, un peu dépité, je vous fais parvenir cette initiative de pétition. Si vous souhaitez y participer. Envoyez un mail à initiales@martinepalme.com en indiquant dans l'objet "pétition France Musique" ainsi que votre nom et profession dans le corps de l'email.
 

Il en va aussi de l’avenir de cette musique qui perd chaque jour de nouveaux vecteurs de communication.

Et on voudrait empêcher le téléchargement illégal ? On se demande bien pour qui. Ce gros connard braillard de Florent Pagny a encore de beaux jours devant lui !

tivitube

24.06.2008

À mauvaise école (II)

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Donc c'est plié pour l'école de mes enfants.

Malgré la mobilisation des parents d'élèves, des profs, des élus,
malgré la visite de Bébert "libéral" Delanoë,
c'est plié.
Le poste de soutien lecture a été supprimé
- ça représentait cinq poste dans l'Académie... l'argent qu'on a économisé! -
le poste de CLIN aussi (une classe de français première langue pour les primo arrivant)
et probablement aussi le poste de Toute Petite Section (enfants de 2/3 ans ).

Les nouveaux programmex dignes de l'école de mon grand père seront mis en place à la rentrée.
Les "stages de rattrapages" obligatoires vont s'appliquer en dépit du bon sens.
Les directeurs devront dénoncer les parents sans papier via la "base élève".


On détourne l'effet du droit de grève des profs via le "service minimum" dans l'éducation.
Dorénavant, les grèves des profs feront une brève à la radio,
un entrefilet dans les journaux,
deux secondes à la télé.

Si c'était tout!!

Savez vous qui est responsable des incendies au centre de rétention de Vincennes?
La politique honteuse d'Hortefeux?
Nan...
Cherchez encore...
Ben, les militants d'RESF!
Sissi! ça vous en bouche un coin, hein!
C'est Monsieur Frédéric Lefebvre, un des porte-parole de l'UMP qui le dit :
les collectifs comme RESF se livrent à "des provocations (...) au risque de mettre en danger des étrangers retenus".
"Il n'est pas tolérable que des "collectifs", type RESF viennent faire des provocations aux abords de ces centres au risque de mettre en danger des étrangers retenus"... "L'UMP demande que dans l'affaire de Vincennes toutes les conséquences soient tirées, y compris au plan judiciaire, si la responsabilité de membres de collectifs comme RESF était avérée".
C'est-y pas beau?

Pour la sécu, on a trouvé la solution!
Les malades "longues durées" ont qu'a crevés.
Ou payer une mutuelle super chère.

Et Hop! Voilà un truc réglé!


(Doudourou, vénère!)

07.06.2008

COUPABLES !

Toute la politique actuelle de casse sociale repose sur une idée simple : Créer chez les Français un sentiment de culpabilité.

 

 

Nous sommes des salopards attachés à leurs petits privilèges, des égoïstes qui ne pensent qu’à leur pouvoir d’achat, des pollueurs qui ne pensent qu’à faire le plein de gasoil, des hypochondriaques qui creusent le trou de la sécu, des fainéants qui veulent travailler le moins possible, etc, etc…

 

Globalement, ça marche plutôt bien, car l’utilisation abusive de la comparaison (on peut toujours trouver plus mal loti que soit….) permet d’engendrer cette culpabilité.

 

- Ce ne sont pas les Chinois ou les Roumains qui sont exploités, mais nous qui sommes trop payés, qui avons trop d’avantages sociaux, qui ne pensons qu’à partir en retraite.

 

- Ce ne sont pas les fonds de pensions qui s’enrichissent en spéculant sur le dos des travailleurs qui sont responsables des délocalisations, mais ces mêmes travailleurs qui ne sont pas rentables, qui ne travaillent pas assez, qui sont trop payés.

 

- Ce ne sont pas les groupes pharmaceutiques qui s’en mettent plein les poches, mais nous qui ne sommes pas foutu d’être en bonne santé.

 

- Ce ne sont pas les compagnies pétrolières qui se font des marges extravagantes pour leurs actionnaires, mais nous qui ne pensons qu’à rouler dans nos bagnioles pourries et qui consomment trop.

 

Cette façon de jouer sur le sentiment de culpabilité est très efficace, et explique bien pourquoi les Français encaissent avec résignation de perdre peu à peu les avantages sociaux acquis de haute lutte par leurs aînés. 

 

Car la culpabilité, toute personne ayant un tant soit peu le cœur à gauche ne peut s’en départir.

 

Les valeurs de solidarité, d’équité, font que, fondamentalement, un type de gauche qui s’en sort à peu près dans la vie se sentira toujours un peu coupable de laisser les autres sur le bord de la route.

Le type de gauche voudra établir des règles de redistribution des richesses, développer des services rendus au public, voudra ériger la solidarité comme un devoir et un droit.

 

Un type de droite sera fier de sa réussite, la portera en bandouillère (tout le monde peut réussir, la preuve, j’ai réussi !) persuadé qu’il ne la doit qu’à lui-même (non, non, le déterminisme social ça n’existe pas…), oubliera rapidement ceux qu’il a écrasé sur sa route pour en arriver là.

Aucune culpabilité.

Le type de droite rechignera à participer à la solidarité organisée, préférera redistribuer des miettes de sa réussite avec condescendance. Le type de droite, ce qui lui plait c’est de faire l’aumône et de s’acheter une conscience, de mesurer son bonheur à l’aune du malheur des autres.

Ceux qui se sont étonnés de l’impudeur du président bling-bling n’ont pas compris cela.

 

Le malaise à gauche ne peut pas s’expliquer uniquement par la décrépitude du PS et la connerie crasse de ses dirigeants.

 

L’utilisation politique du sentiment de culpabilité est d’une redoutable efficacité, car elle renvoie le peuple de gauche à ses propres démons.

Vous n’avez pas honte de vous battre pour conserver quelques avantages sociaux alors que d’autres souffrent bien plus que vous ?

Et bien si, il y a toujours un peu de honte immédiate face à un discours culpabilisant.

 

Mais ne perdons pas de vue que les salopards sont ceux qui exploitent leurs peuples, ceux qui s’enrichissent en spéculant à court terme pour un maximum de profit, les patrons dont les salaires vertigineux sont injustifiables.

 

La culpabilité est engendrée par la faute.

De quelle faute sommes nous coupables ?

De vouloir plus de solidarité ? D’équité ? De justice sociale pour tous ?

Faudrait-il renoncer au peu que nous avons sous prétexte que d’autres ont encore moins ?

 

Foutaises !

 

Battons nous.

 

 

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05.06.2008

À mauvaise école

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Voilà comment ça se passe :
L'école primaire et maternelle où vont mes enfants n'est pas loin de de la porte de Montreuil et se situe en ZEP (groupe 5).

Ce n'est pas l'éclate sociale dans le quartier, certes non,
mais grâce au dispositif de ZEP,
et au boulot formidable et motivé des enseignants,
l'échec scolaire y est à peu près contenu,
à grand peine, certes.

Mais.

On apprend la suppression de trois postes à la rentrée 2008.

La suppression de la classe de CLIN,
qui apprend le français, pendant un an,
aux enfants primo-arrivants, comme on dit, et non-francophone,
avant de les introduire dans la classe qui correspond à leur âge.
Il vaut mieux qu'il sache un peu le français avant d'apprendre le reste...

La suppression de la Toute Petite Section de maternelle, pour les 2/3 ans,
qui était une excellente préparation à la Petite Section,
qui était un atout au moment où l'enfant acquiert le langage,
et souvent une bonne solution pour les parents qui n'avaient pu obtenir une place en crèche.

La réduction du nombre d'heures sur l'école de 2 postes d'enseignants spécialisés
qui intervenaient auprès des enfants ayant besoin d'un soutien individuel, psychologique, souvent.

Mais surtout la suppression du poste de soutien lecture,
c'est à dire une prof spécialisée et surnuméraire qui aidait les enfants de CP en difficulté à entrer dans l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

Ce dispositif pédagogique a montré son efficacité dans notre école pendant 5 ans,
il marchait très bien et permettait d'aider efficacement et durablement de nombreux élèves.
Sa disparition est donc un très sale coup pour les profs,
qui n'auront peut-être plus envie de rester des années sans demander leur mutation.
Pour les élèves, ça va sans dire, qu'il soient en difficulté, ou pas, et qui auront alors dans leur classe des enfants ayant perdu tout espoir d'intégrer un jour un parcours scolaire "normal", tant leur retard se creusera avec les années...

Bref, le mot ZEP disparaît,
et aussi lui tout le processus d'aides qui allaient avec
- il n'est même plus rare de voir en ZEP des classes de 30 élèves -.
Mais la misère, elle, reste.

Mais ça n'est pas tout!

À cela s'ajoute l'entrée en vigueur de nouveaux programmes passéistes,
basé sur la seule obéissance et le par coeur,
les leçons de morale calquées sur celles d'avant guerre,
en une sorte de nostalgie rance d'une école troisième république phantasmée,
programmes qui remplacent sans concertation ni évaluation les très bons anciens programmes.
Certes, ces programmes sont très vieux - 2002, rendez-vous compte, la préhistoire! -
et ont été élaborés, entre autres, par... Darcos, qui soudain ne les aime plus top!

Ajoutez aussi la publication des évaluations des élèves de CM2,
qui donnera lieu à un classement officiel des écoles.
Ce qui arrive opportunément au moment de la suppression de la carte scolaire.
Le parent d'élève-client est roi.

Ajoutez encore le fichage des élèves et de leur famille dans la "Base-Elèves",
consultable non seulement par l'éducation nationale, mais aussi par la police et la Justice,
et qui demande aux directeurs d'école d'indiquer la nationalité des enfants, la langue parlée à la maison, etc...
Il est vrai qu'il faut détecter le délinquant dès la maternelle.

Wwoooufff!
ça commence à faire beaucoup,
alors tous les enseignants de l'école seront en grève et l'école sera fermée demain,
et les parents (oh! deux ou trois, pas plus... mais Doudou y sera!)
et les enseignants protesterons contre cette décison devant le rectorat
pour essayer d'empêcher l'inévitable annoncé.


Doudourou
(bidoooo bidooo, waaaaa...)

20.05.2008

Le code du travail nouveau est arrivé

Le code du travail ré écrit est en application depuis le 1ier mai.

La commission chargée de sa recodification avait pour mission de rester à droit constant.

Ce qui fut contesté par un inspecteur du travail médiatique, qui a inspiré un recours auprès du Conseil Constitutionnel signé par quelques députés PS en mal de grande cause.

Le Conseil Constitutionnel a dit que si, le code du travail nouveau a bien été ré écrit à droit constant.

Maintenant qu’on s’est bien amusé à savoir si par exemple, quand c’était écrit « l’employeur affiche les horaires de travail », c’était nettement moins obligatoire que quand c’était écrit « l’employeur doit afficher les horaires de travail », on peut regarder le beau code tout neuf qu’on a.

Avoir des codes lisibles et accessibles à tout citoyen est tout de même plus démocratique que des codes nécessitant des études supérieures longues pour être compris, à fortiori lorsqu’il s’agit du code du travail.

 

Le Ministère du Travail a souhaité faciliter l’appropriation du code du travail par tous : pour cela, des outils bien pratiques – et gratuits - sont à la disposition des internautes :

 

Le premier est un petit applicatif, qui transpose les articles ancien code vers les articles code actuel et inversement. Il s’appelle CodaCod.

 

Le deuxième est une application dynamique Excel, qui présente une table des matières simple du code du travail, puis en détail, puis les articles correspondant à la partie étudiée. Il s’appelle CodIT. CodIT est très utile lorsqu’on ne connaît pas le code et qu’on souhaite se renseigner sur un sujet précis, sans avoir aucune idée d’où le trouver. Une petite précision cependant : il faut accepter d’activer les macros à chaque fois par message qui apparaît en pop up à chaque ouverture, et de plus, pour pouvoir activer des macros, il faut déjà que le niveau de sécurité de l’ordi soit à moyen (et pas plus) et donc aller configurer dans le menu Excel à : Outil -> macro -> sécurité et là cocher moyen ; refermer le document et le ré ouvrir. Accepter l’activation de macros et tout ira bien.

 

Avec ces deux outils, il est possible de copier coller les textes en cliquant sur la case « copier », et l’on peut ainsi se faire des fiches sur un sujet donné.

Le code du travail est donc accessible gratuitement, présenté de façon très pédagogique, par l’intermédiaire de ces outils.

Il l’est bien sur aussi sur Légifrance, mais c’est moins lisible.

 

Pour accéder à ces outils, et les enregistrer sur son disque dur personnel, il faut déjà aller sur le site du Ministère :

 

http://www.travail.gouv.fr/

 

puis cliquer à droite, sur le petit pavé « Recodification » qui amène là :

 

http://www.travail-solidarite.gouv.fr/spip.php?page=sous-...

 

Ensuite, l’accès aux outils se fait rapidement.

 

Enfin, figure également une note méthodologique très intéressante sur la recodification, pour ceux que cela intéresserait. Bonne lecture. Publié par Audine

07.05.2008

on connaît la chanson

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Diviser pour mieux régner...

«Nous soutenons tous les sans-papiers, nous ne voulons surtout pas prendre parti pour les uns ou pour les autres. Il y a eu une incompréhension avec la CGT. L’ennemi est commun: c’est Brice Hortefeux.», ainsi s'exprimaient hier Marylène Cahouet et Daniel Rallet du collectif Uni(e)s contre une immigration jetable (UCIJ), venus rendre visite aux sans papiers de la Coordination 75 qui occupent depuis la semaine dernière la Bourse du travail, rue Charlot à Paris. Cela semble sage en effet, les discussions avec la CGT n'ayant apparemment pas avancé. Voir Libé d'hier:

Rue Charlot, passants et visiteurs solidaires des sans-papiers

ou encore:

Les sans-papiers «oubliés» occupent la Bourse du travail

Difficile de savoir. Simple « malentendu »? Espérons. Attendons. Bien sûr le comble serait que le pouvoir, après avoir divisé, dressé les uns contre les autres (liste non-exhaustive) les jeunes et les vieux, les hommes et les femmes, les chômeurs et les pas chômeurs, les salariés du public et ceux du privé, les français et les étrangers, les étrangers avec papiers et ceux sans, réussisse à faire de même entre les sans-papiers eux-mêmes. Avec l’aide de la CGT en l’occurrence. Mais n’allons pas trop vite, encore une fois. Soutenons dans tous les cas cette occupation. C'est pas le moment de faiblir.

source image 

Edgar 


15.04.2008

Pour la régularisation des travailleurs sans papiers

Le SNU Travail-Emploi-Formation (Syndicat National Unitaire Ministère du Travail) a adressé à Xavier Bertrand une lettre ouverte signée, pour le moment, par 47 contrôleurs et inspecteurs du travail.

         Paris le 14 Avril 2008

Lettre ouverte  de contrôleurs et inspecteurs du travail à Xavier Bertrand Ministre du Travail des Relations Sociales et de la Solidarité pour la régularisation des travailleurs sans papiers !

Monsieur le Ministre,

Le 23 avril 2007, les salariés travaillant dans un entrepôt du groupe agro-alimentaire PARISTORE à Thiais en région parisienne font l’objet d’un contrôle par la police accompagnée d’un contrôleur du travail spécialisé du service de contrôle de lutte contre le travail illégal.

La police constate que 15 salariés africains ne possèdent pas de titre les autorisant à travailler et travaillent avec de faux papiers.

Après vingt quatre heures de garde à vue, les quinze salariés africains se voient notifier une  OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). Treize d’entre eux font dans les semaines qui suivent l’objet de licenciement pour faute grave de la part du groupe PARISTORE.

Les deux autres, délégués du personnel, font l’objet d’une demande d’autorisation de licenciement auprès de l’Inspectrice du Travail compétente qui refuse les licenciements de ces deux salariés.

Pourtant, les dirigeants du groupe PARISTORE savaient parfaitement que ces salariés ne possédaient pas de titre valable les autorisant à travailler, comme le démontrera le Procureur de la République devant le Tribunal Correctionnel de Créteil le 22 janvier 2008. Le Ministère Public déclare en effet lors de l’audience : « Cela ne fait aucun doute PARISTORE et sa filiale, entreprise de l’agro alimentaire asiatique, et sa filiale chargée de la manutention, la SAPS (Société Asiatique des Prestations et de Services) ont organisé dans leurs locaux de Thiais un système de recrutement visant à attirer une main d’œuvre malléable » et évoque des copies très grossières des  cartes e résidents et le nombre important des travailleurs sans papier soit 35 % de la masse salariale de l’entreprise..

Le Procureur requiert quatre mois de prison avec sursis, 100 000€  d’amendes et 1500€ à raison de chaque salarié employé. 

Le 12 février 2008, le Tribunal Correctionnel condamne le gérant de la SAPS à une peine de trois mois de prison avec sursis assortie d’une amende de 9000 €, dont 500 € par salarié concerné.  Les deux sociétés sont condamnées à une amende de 22 000€ pour PARISTORE et 20 000€ pour sa filiale.

Entre temps, un des deux délégués du personnel est régularisé par la Préfecture du Val de Marne. La SAPS entame un recours hiérarchique devant vous à l’encontre de la décision de refus de licenciement de l’autre délégué par l’Inspectrice du Travail.

S’inspirant d’une jurisprudence ancienne et inadaptée en la circonstance vos services autorisent alors implicitement le licenciement de ce délégué du personnel en indiquant que l’Inspectrice n’était pas compétente et en précisant  dans la décision : « les étrangers employés de manière irrégulière au regard des règles d’emploi de la main d’œuvre étrangère se trouvent hors du champ d’application des dispositions relatives à la protection des représentants du personnel, compte tenu de la nullité de leur contrat de travail.»

Ceci est en parfaite contradiction avec les dispositions de l’article L. 341-6-1 du Code du travail qui dispose que l’étranger employé sans titre de travail est assimilé à compter de la date de son embauchage , à un travailleur régulièrement engagé en ce qui concerne les obligations relatives à la réglementation du travail du livre II du Code du Travail (conditions de travail, repos et congés, hygiène et sécurité, conditions de travail) ainsi qu’à la prise en compte de l’ancienneté dans l’entreprise. Ce délégué embauché le 3 mai 2002 par l’entreprise est donc licencié pour faute grave sans aucun préavis ni indemnité.

Ainsi le groupe PARISTORE qui avait employé en toute connaissance de cause quinze salariés sans papier depuis au moins trois ans pour les plus récents et six ans pour les plus anciens s’en tire particulièrement bien puisqu’il a pu licencier quatorze de ces salariés sans aucun préavis ni indemnité avec la bénédiction de vos services puisque, pour vous, ces salariés ont des contrats nuls.

Monsieur le Ministre,

Nous vous avons longuement relaté cette affaire parce qu’elle nous parait particulièrement emblématique de la situation parfaitement injuste dans laquelle se trouvent des dizaines de milliers de travailleurs  étrangers en France.

Aujourd’hui des centaines de salariés  employés avec de faux papiers depuis de nombreuses années en toute connaissance de cause par leur employeur font l’objet de licenciement ou sont purement et simplement jetés hors de leur entreprise sans aucun droit.

Des dizaines de milliers continuent à travailler avec des faux papiers, ou sans papiers du tout, la peur au ventre, à la merci de leur employeur. Certains ont des bulletins de salaire, payent des cotisations sociales, déclarent des impôts. D’autres sont complètement clandestins, entièrement soumis à leur employeur. Vous connaissez aussi bien que nous les secteurs où ces salariés travaillent. Il s’agit de pans entiers de l’économie française : les HCR, le bâtiment, le nettoyage,  le gardiennage, l’agriculture, les transports, le commerce alimentaire…Ils contribuent à la richesse de notre pays depuis des années et vous faites mine de ne  pas les voir, de ne pas le savoir.

Votre gouvernement a reconnu explicitement qu’il existait 150 métiers en tension en France (circulaire du 20 décembre 2007) mais par une politique démagogique de sélection des nationalités, socialement injuste, juridiquement peu fondée, et économiquement irréaliste ces métiers ne sont ouverts qu’aux ressortissants des dix nouveaux Etats membres de l’Union Européenne.

Nous, contrôleurs et inspecteurs du travail confrontés tous les jours au développement du travail illégal,  ne supportons plus d’être confrontés à une réglementation de l’immigration  totalement hypocrite qui n’a pour conséquence que de maintenir encore plus à la merci de leur patron négrier les travailleurs sans papiers et ne règle aucune des difficultés de recrutement.

Nous ne supportons plus de voir notre déontologie professionnelle méprisée dans les circulaires que vous cosignez avec Mr Hortefeux (cf. la dernière du 26 mars 2008, particulièrement honteuse) pour nous impliquer dans des opérations de police, présentées sous l'angle de la recherche du travail illégal, mais qui ne visent en réalité qu'à remplir les charters en méprisant totalement les droits humains les plus élémentaires.

Nous n’avons pas pour mission de faire la chasse aux travailleurs sans papiers mais de contrôler que tous les travailleurs, quelle que soit leur nationalité, bénéficient des dispositions protectrices du Code du Travail.

Monsieur le Ministre du Travail, il vous appartient de faire cesser ce scandale, cette hypocrisie, ce déni de droits envers des travailleurs qui occupent précisément ces métiers en tension de l’économie française en ouvrant immédiatement des négociations avec les partenaires sociaux pour permettre la régularisation des travailleurs sans papiers, comme l’ont fait la Grèce, l’Espagne, l’Italie, sans que cela ne nuise à l’économie de leur pays, bien au contraire !

Dans cette attente, veuillez agréer, Mr le Ministre, nos salutations distinguées.

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publié par Audine

14.04.2008

le petit manuel du parfait expulseur

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C'est une chose connue à RESF depuis un bon moment.

Les convocations de sans-papiers à la Préfecture,
parfois présentée comme une attirante promesse de régularisation,
ou de rééxamen du dossier,
sont en fait des pièges qui visent à les arrêter en préfecture même.

C'est pourquoi les sans-papiers qui font appel à RESF sont accompagnés à la Préfecture.
Il peuvent ainsi être protégé d'une méthode administrative... douteuse.

À présent un document officiel vient prouver les méthodes de l'administration.
c'est ce qu'on lit sur le site de Libé :

http://www.liberation.fr/actualite/societe/321166.FR.php

On y lit comment faire attendre le sans-papier dans la salle d'attente
pendant que l'on appelle les flics au téléphone.

Y a-t-il une telle urgence d'agir ainsi?

Les sans-papiers représentent-ils un tel danger que l'on se passe de tout honneur?

Les rafles dans la rue au faciès ne suffisent-elles pas?

Comment s'appelle un état qui pratique de telles méthodes?

La France est-elle très bien placée pour faire une leçon de droits de l'homme à la Chine?

Doudourou

17.03.2008

Même pas mal

1552936843.gifDoudourou

10.03.2008

Municipales entre joie et larmes !

Après deux mois de tractages, de réunions publiques, de poignées de mains chaleureuses et de permanence dans un local transformé en bureau des plaintes en tout genre nous n'irons pas au deuxième tour !

D'ailleurs il n'y aura pas de deuxième tour, à qui la faute ?

A une gauche qui s'est encore divisée ? C'est en partie le problème, mais pas seulement.

J'ai été assesseur pour la première fois de ma vie et ce que j'ai pu voir dans mon bureau de vote relève de la "pantalonnade provencale"

Un électorat très âgé qui vote selon les voeux de ceux qui les accompagnent (parfois un élu, voire le maire par 4 fois !)

Des familles entières bien ancrées depuis plusieurs générations dans le cimetière de la commune, qui se font la bise et connaissent tellement bien leurs élus qu'ils ne passent pas dans l'isoloir.

Seule opposition véritable (le PC est bien plus complaisant avec ces procédés qu'il cautionne depuis 19 ans !) dans ce  bureau j'ai du faire face à des gens qui votent sans carte d'identité, qui ne vont pas dans l'isoloir, qui veulent voter pour un abscent sans procuration....

A chaque erreur je faisais un petit rappel de la loi qui m'a valu l'hostilité générale, j'ai du faire valoir mes droits d'assesseur titulaire pour faire autre chose qu'observatrice et me battre pour signaler sur le PV les irrégularités relevées.

 Conclusion je n'aurai jamais d'amis dans mon quartier, après les résultats en salle des fêtes le maire m'a directement interpellée après que je l'ai huée quand il nous a nargué en disant que "19 ans ne suffisait pas aux S...." (petit bandeau que nous avions collé sur sa trombine)

Alors en public j'ai répondu haut et fort (tient ca me dit quelque chose ça !) que j'étais aussi S... que lui, mais que je n'avais pas eu de cabinet de medecine pour faire du clientelisme !

Applaudit par le PC (pour une fois) il m'a dit que nous ne comprenions rien à la démocratie et nous a ignorer avant de se lancer dans un laïus d'auto congratulation.

 

Alors aujourd'hui nous avons appris qu'il allait falloir une vraie réflexion sur la gauche que nous voulons voir en place, sur notre visibilité dans la commune....

Globalement nous avons fait du bon boulot pour une première fois, et nous avons tout à gagner en continuant dans cette direction.

La gauche ne doit pas être le parti du dépit, elle doit gagner ses lettres de noblesse pour faire une politique de partage et de collectivité, Mr le Maire vous ne saviez pas que j'étais là mais vous n'avez pas fini de m'entendre !

 

Grazie très en forme 

Toutes les notes